@yoananda2
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Oui, Shiva le destructeur… Je comprends mieux. Moi, c’est
Vishnou le préservateur. Si je me suis dit constructeur, c’est pour chercher et
maintenir ce qui marche, pas détruire.
Lucien Malson : c’est le sujet classique de philo
nature/culture. Parti du constat que les enfants sauvages trouvés, jadis,
étaient mal récupérables pour reprendre les comportements humains que nous
avons dans nos sociétés. Mais aussi qu’ils n’ont pas développé la vivacité
animale : pas la même habilité, attitude hésitante dans le quotidien que
n’ont pas les animaux. Ni humains ni animaux. Aussi aux premiers âges, le bébé
et petit enfant humain est impuissant, empoté, incapable. L’animal (hors celui
humain…) après naissance sait aller au téton, se met vite sur pattes, explore, expérimente le
terrain et la sociabilisation.
Il y a la différence innée et acquis. L’animal dispose de
l’hérédité pour son développement. L’humain doit attendre la transmission de
l’héritage de ses parents et autres humains. L’animal acquiert par mimétisme,
l’humain est un sujet d’histoire, de transmission d’expériences accumulées
préalables.
Il n’y a pas de
définition naturelle de l’Homme (grand H), de l’humanité (concept d’ailleurs
abrahamo-centré). Naturellement, c’est un mammifère à station debout, avec des
mains. Il vit non plus du terrain de jeu naturel, mais de ses constructions,
manuelles comme intellectuelles. L’animal déploie et organise sa vie dans le
milieu naturel, qui est son livre d’informations, l’humain dans celui culturel, il vit
de ce qu’il a créé lui-même.
Il me semble qu’on peut télécharger la partie du bouquin avec "nature et culture Malson", mais je suis en voyage et mon internet est limité.
L’artificiel, c’est
moi qui l’ajoute : ce sont les constructions manuelles (+ des machines).
Après, la différence est poreuse : les animaux
produisent aussi de la culture (fourmis, abeilles…) des comportements culturels
créés et acquis (oiseaux, dauphins…). Mais les habitus, terrains, matériaux
d’existences, restent quand même fondamentalement différents entre ceux humains
et non humains. Même si, là aussi, les animaux s’adaptent à l’habitus
transformé des humains mais qu’ils n’ont pas crées (sanglochons, singes qui commencent
à voler les téléphones portables et monnayent un paquet de chips ou des
friandises pour les rendre, et en quantité suffisante …).
Pour les coraux, oui, on étudie leur holobionte (Lynn
Margulis, encore elle, la compagne intellectuelle de Lovelock). C’est
l’organisme hôte + le microbiote et le principe que le tout forme plus que
l’ensemble des parties. On a cru que la barrière de corail allait disparaître
de l’Australie, elle repousse même ça et là (bien qu’on reste prudent sur
l’avenir). L’océan mondial est un flux d’infos biologiques sans obstacles
géologiques au milieu plus rapide que la terre pour évoluer selon les
introductions humaines. Le corail se modifie, remonte et recompose les iles
(pas partout) en dépit de la montée des eaux (qui n’est pas uniforme). Reste
que le stock biologique marin continue à diminuer du fait de la présence humaine.