@yoananda2 : " celui qui ne voit que ça comme moteur de l’histoire "
Il n’y a pas de moteur de l’histoire, il n’y a pas de déterminisme historique, ni de progrès indéfini, Marx avait tort sur ce point, il avait sécularisé le messianisme juif avec son grand soir débouchant sur le paradis socialiste d’une société sans classes. Une civilisation peut très bien cesser de progrresser et entrer en décadence pendant plusieurs siècles, un régime respectueux des droits et des propriétés peut très biens évoluer vers une tyrannie implacable, le dépeuplement, perdre ses techniques et ses savoirs. Il n’y a pas de sens de l’histoire.
Par contre il avait raison de souligner le rôle des conflits et des rivalités de classes, qui a été mal inteprêté en croyant qu’il s’agissait de deux classes, une dominante et une classe dominée, alors qu’il souligne que les révolutions passées étaient issues d’un conflit entre deux classes dominantes rivales, notamment les révolutions anglaises et françaises qui sont uniquement bourgeoises : en 1789, c’est la bourgeoisie financière et commerçante qui prend le pouvoir et qui instaure le régime capitaliste manufacturier, impossible sous l’Ancien Régime, celui qui envoie les petites filles en haillons pousser des waggonet au fonds des mines.
Il y a eu une révolution en 1945, avec accélération dans le tournant libéral des années 1990, la classe dominante bourgeoise anglo-américaine a évincé la bourgeoisie industrielle française du XIXe, celle qui avait des usines de tissage, de sidérurgie, de porcelaine, de chaussures, de médicaments, de pianos, d’automobiles, de meubles, etc.