@Gaspard Delanuit
Je suis d’accord avec vous sur l’essentiel sauf sur le fait qu’un nouveau mot doive être créé aujourd’hui. J’ai consulté la définition officielle de l’intelligence dans le lien, ça va vous faire bondir, mais elle correspond exactement à l’IA, pour ce qu’on en sait. Et l’homme ne peut pas, à l’heure d’aujourd’hui, prétendre qu’il fait différemment ("oui mais Gemini dit que" : sujet trop sensible pour être sûr qu’il n’est pas bidouillé, de toutes façons Gemini se contente de dire qu’elle ne comprend pas au sens humain, ... et oui, c’est une machine, la belle affaire, mais c’est surtout un essai de différenciation par fonctionnement interne plus ou moins estimé, alors même qu’on ne comprend pas grand chose au fonctionnement interne de notre cerveau, et justement, les avancées en IA nous permettent réellement d’en savoir plus).
Demain, si l’intelligence artificielle arrive à un plateau, si on doit faire quelque chose de très spécial (nouvelle découverte, méthode complètement différente) pour les faire avancer de manière à ce qu’elles nous égalent, alors là, et seulement là, on pourra penser à créer un nouveau mot. Pour l’instant, la définition est suffisamment vague pour les inclure. C’est mon point de vue. Je comprends que vous n’ayez pas le même. Mais quand on inspecte un peu les exemples (surtout ceux qui posent problèmes) avec un esprit un peu ouvert, la machine répond bien à cette définition. Par exemple, il est parfaitement établi que la machine crée un monde interne pour ranger correctement les données qu’on lui injecte dans la phase d’apprentissage : elle les synthétise, établit des liens mais dans la profondeur du réseau, émergent des abstractions qui ne font pas partie des données d’entraînement.
Cette création interne et émergente d’un monde (très différent de notre vision puisqu’on ne subit pas du tout le même apprentissage) est absolument indispensable pour qu’elle fasse ses prévisions, ses raisonnements, car on ne démontre rien avec des statistiques, on donne une réponse moyenne qui ne peut pas être la solution d’un problème non résolu. De manière parfaitement rigoureuse, ça pourrait être le cas (Maxime Fournes parle de cette possibilité dans un débat avec Luc Jullia, complètement largué sur ce que Maxime tente de lui expliquer) mais ça va être, à mon avis, de plus en difficile d’affirmer qu’elles feront encore du moyennage avec le temps. Donc encore une fois, il faut attendre pour créer un nouveau mot.
Je suis d’accord qu’il leur manque encore des choses, mais il faut pouvoir établir si c’est fondamental, et on ne peut pas aujourd’hui : les experts comme Demis Hassabis (pas un dieu mais il connaît son sujet et ne fait pas du sensationnel pour avoir des capitaux comme d’autres) donne 50 / 50 pour qu’une découverte soit absolument nécessaire.
On aura peut-être la réponse bientôt ! Demis Hassabis imagine une expérience avec les IA : les former avec toutes les connaissances qu’on avait au début du 20ème siècle (apprentissage tronqué) et voir si la machine est capable de réinventer les théories d’Einstein. Oui, ils sont ambitieux donc ils vont se confronter vraiment au problème jusqu’au bout (de sa résolution ou de leur vie, on est d’accord). Parce que si elle invente des nouvelles théories, la mauvaise foi fera encore dire à certains : "ça ne vaut pas la théorie d’Einstein".