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Commentaire de Étirév

sur Socrate - La théorie de la réminiscence


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Étirév 5 août 08:44

Nourrissez-vous de vous-même !
Aucun enseignement « conventionnel » n’est capable de donner la connaissance réelle. Sans cette compréhension, dit René Guénon, aucun enseignement ne peut aboutir à un résultat efficace. Et l’enseignement qui n’éveille pas chez celui qui le reçoit une résonance personnelle ne peut procurer aucune sorte de connaissance ; toute vraie connaissance est un ressouvenir (« Être ce que l’on connaît »). C’est pourquoi Platon dit que « tout ce que l’homme apprend est déjà en lui » et qu’Ibn Sina (Avicenne) exprime ainsi : « Tu te crois un néant et c’est en toi que réside le monde. ».
Jean Parvulesco parle aussi d’une « voie de communication avec la centrale polaire inconnue de notre mémoire la plus abyssalement immémoriale, la voie de la “rencontre providentielle” avec certains livres. ».
Toute lecture comprise suppose une opération d’analyse et de synthèse qui choisit le sens particulier de chaque mot et en opère la liaison synthétique d’où émane le sens de la phrase. Toute lecture est aussi une liaison entre la pensée de l’auteur et celle du lecteur, « liaison-union » qui engendre une pensée nouvelle. La possibilité de cette union créatrice de deux esprits au moyen du son, de son signe et de son sens est due à l’action hermétique : lire, lire et relire.
« Pro captu lectoris habent sua fata libelli » : « Selon les capacités du lecteur, les livres ont leur destin », dit Terentianus.
Le Livre de soi-même est le seul qui n’est fermé pour personne.
Toutes les expériences, toutes les choses extérieures qui l’entourent ne sont pour l’homme qu’une occasion pour l’aider à prendre conscience de ce qu’il a en lui-même. Cet éveil est ce que Platon appelle anamnésis, ce qui signifie « réminiscence ». Si cela est vrai pour toute connaissance, ce l’est d’autant plus pour une connaissance plus élevée et plus profonde, et quand l’homme avance vers cette connaissance, tous les moyens extérieurs et sensibles deviennent de plus en plus insuffisants jusqu’à perdre finalement toute utilité. S’ils peuvent aider à approcher la sagesse à quelque degré, ils sont impuissants à l’acquérir réellement, quoiqu’une aide extérieure puisse être utile au début, pour préparer l’homme à trouver en lui et par lui-même ce qu’il ne peut trouver ailleurs et particulièrement ce qui est au-dessus du niveau de la connaissance rationnelle. Il faut, pour y atteindre, réaliser certains états qui vont toujours plus profondément dans l’être, vers le Centre qui est symbolisé par le Cœur et où la conscience de l’homme doit être transférée pour le rendre capable d’arriver à la connaissance réelle. « Ainsi, dit Ibn Arabî, il n’y a de Connaissance de la Vérité Suprême provenant de la Vérité même que par le Cœur ; ensuite cette connaissance est reçue par l’Intellect, de la part du Cœur. »
Ces états qui étaient réalisés dans les Mystères antiques étaient des degrés dans la voie de cette transposition du mental au Cœur.
Ceux qui se font initier, assure Aristote, apprennent moins quelque chose, qu’ils ne font l’expérience de certaines émotions et ne sont plongés dans un état d’esprit particulier ; « Ne pas apprendre mais éprouver », dit-il à propos des Mystères d’Eleusis ; « Non pas apprendre mais subir la vérité », disent également les moines orthodoxes à propos de l’acquisition des états conduisant à la Réalisation spirituelle.
C’est ainsi que le Pèlerinage est une figure de l’Initiation, de sorte que le « Pèlerinage en Terre Sainte » est, au sens ésotérique, la même chose que la « Recherche de la Parole perdue » ou la « Queste du Saint Graal » ; expressions qui se rattachent à un symbolisme que l’on retrouve dans presque toutes les traditions, et qui font allusion à quelque chose qui, à partir d’une certaine époque, aurait été perdu ou tout au moins caché, et que l’Initiation doit faire retrouver.
NB : L’Histoire réelle de la Terre et de ses habitants n’a jamais été faite, les hommes ne l’ont pas voulu, ils ont jeté un voile sur la moitié des temps et les ont retranchés des fastes du monde. Et cette partie supprimée est cependant la plus importante, puisqu’elle contient l’explication des principes, c’est-à-dire des premières actions des hommes, de leurs premières idées, de leurs premiers travaux et des impressions reçues dans la jeunesse ancestrale, qui se sont gravées dans le cerveau humain d’une façon si profonde que l’atavisme les fait renaître dans chaque enfant qui recommence la vie. Et ceci nous explique pourquoi nous avons deux espèces de connaissances : celles qui furent acquises dans le monde primitif qu’éclairait la lumière de la Vérité, et celles qui furent acquises par la suite dans un monde déjà livré à l’erreur et au mensonge.
Honoré de Balzac disait : « Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des évènements. ».
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