@micnet
L’impuissance, c’est "l’incapacité à" tandis que la "non puissance" au
sens ellulien signifie le "renoncement volontaire de la puissance".
Cette différence est fondamentale à comprendre.
bien vu.
S’agissant de la non puissance, Ellul parle bien des "personnes" et tout
particulièrement du Christ en tant qu’exemple à suivre.
oui menfin, ce serait quoi l’idée ? les gens sont non puissant, mais ça n’empêche pas l’état de l’être ? tu fais ça comment ? tu as une armée avec des chars sans personne dedans ?
tu peux pas dissocier les 2.
Ellul y entrevoit une puissance maléfique qui englobe toute la société et qui enchaîne l’homme comme un esclave.
il est loin d’être le seul à faire cette analyse. Je pense à "La France contre les robots" de Bernanos (que je n’ai pas lu), à Heidegger aussi et l’arraisonnement (que je n’ai pas lu), et plein d’autres.
La seule solution pour en sortir passe par une "transcendance extérieure" (en l’occurrence le Christ)
S’il est chrétien, c’est logique.
Mais ok, tout ça c’est bien, mais ça ne me dit pas comment tu fais ta sauce pour récupérer un état et la technique si tu adhère à Ellul. Et si tu n’adhères pas à Ellul, étant donné que sa pensée me semble cohérente non seulement de façon intrinsèque (en elle même) mais aussi avec le nouveau testament, je ne vois pas comment tu peux récupérer un bout d’Ellul et pas le reste.
le concept lui existe dans le sens qu’il y a bien un texte ou une
référence qui définit les institutions propres aux différents états. (le
terme "état", me semble-t-il, lui existe partout dans le monde)
il existe parce qu’on l’a imposé. Mais non, il n’existait pas avant partout, loin s’en faut. On parle de société pré-étatique (mais même ça, ça suppose qu’ils n’ont pas encore atteint ce stade). Les africains et les amérindiens étaient des sociétés sans état. Ca ne veut pas dire qu’ils n’avaient pas d’équivalent de notion de souveraineté et de liberté, mais par contre, non, ils n’avaient pas d’état. Ca, c’est très clair.
(c’est plus une organisation de type tribal à la base, me semble-t-il)
oui. Je suis loin d’être un spécialiste, mais oui.
Alors oui en théorie tu peux définir une constitution à partir d’une
entité autre que nationale (le tout étant qu’il y ait un cadre,
là-dessus nous sommes d’accord).
non, moi je parle de liberté. Tu peux penser la liberté au niveau individuel, sans constitution ni rien. La philo n’interdit pas ça.
Par exemple l’UE n’en a a pas, bien qu’il y ait des institutions européennes.
bonne remarque. Je n’y avais jamais songé. Et tu m’apprends un truc. En effet, je comprends mieux ton positionnement "constitutionnaliste" (si tu acceptes ce terme) du coup, mais ça ne change rien à ce que j’ai dit précédement. La liberté, le bien commun, PEUVENT se penser philosophiquement dans le cadre constitutionnel, mais ce n’est en rien une obligation, et je t’ai déjà expliqué que même si on acceptes ce cadre, ça laisse de grosses marges d’intérprétations qui font que "défendre le bien commun", n’est pas synonyme de défendre la constitution. Même si considère que la constitution est la mise sur papier de ce bien commun.