Analyse intéressante, que je partage en partie. La condition sociale représente un facteur déterminant, accentué ces quarante dernières années par la société de consommation, la bonne vie, bref, le modèle capitaliste néolibéral où celui qui ne possède pas sa Ferrari a raté sa vie. Je rappelle cette citation de Mark Twain « Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges, et les statistiques » pour faire le distinguo entre la petite et la grande criminalité et m’interroger lorsque vous vous dites « Donc même si on virait tout les noirs et les arabes de France , on ne verrai pas une chute vertigineuse de la criminalité ».
Comme vous le rappelez, l’immigration maghrébine et sub-saharienne était résiduelle au début et XXe siècle pour atteindre des niveaux remarquables et jamais atteints sur une si courte période de temps, depuis le regroupement familial du 1975. Une politique d’immigration méticuleusement orchestrée par le grand patronat, les recommandations de l’ONU et les directives de l’UE, qui s’inscrit dans la droite ligne des mesures néolibérales appliquées en Occident. Un phénomène nouveau est apparu en France depuis cette époque : l’augmentation constante du trafic et du deal de haschich en provenance du Maroc (premier pays producteur au monde). Cela représente aujourd’hui une véritable économie parallèle avec un maillage paramilitaire dans les quartiers.
Je n’ai pas cité le tribunal de grande instance de Nanterre par hasard. Je m’y suis rendu de temps à autre pendant une période (pas pour moi !) et regardais par curiosité les listes de comparution affichées devant les salles d’audience : 60 % à 80 % avec des noms d’origine étrangère, au moins la moitié liée au deal de shit, les audiences sont publiques. Un secret de polichinelle. En se plaçant dans votre hypothèse, aujourd’hui irréaliste, « si on virait tout les noirs et les arabes de France », nous assisterions à une chute remarquable de la petite criminalité. Le principe de l’offre et la demande ne ferait pas le bonheur des consommateurs ni ne réglerait le trafic, mais le réduirait de façon drastique. Cela permettrait également à une jeunesse un peu perdue et sacrifiée de se prendre en main plus efficacement. Vous voyez, le système capitaliste y trouve son compte à tous les niveaux.