Philosophie pour philosophie, voici la mienne, en quelques mots :
Contrairement à vous, je n’ai aucun souci pour reconnaître qu’une personne est meilleure ou plus méritante que moi-même. Je fais le distinguo entre affectif et objectif. Il se peu très bien que cette personne soit par ailleurs un con fini ou un type malhonnête (ce qui fait déjà intervenir un jugement de valeur, entre nous soit dit), ce qui ressortit à mon point de vue affectif. Mais au plan du talent, objectivement, je vois d’un très bon œil toute compétence, toute excellence chez quelqu’un. Pourquoi ? Parce que je fais tout dépendre du sort du tout, de la nation, et qu’un talent, quel qu’il soit, participe à l’essor de celle-ci, comme si nous agissions tous sur une œuvre commune. J’irais même plus loin : sans les talents, les mérites, le vertical en général, l’œuvre commune dépérit.
En admettant la hiérarchie, cela va vous paraître paradoxal, mais je prends en compte l’advenue de l’égalité, comme configuration spéciale et éventuelle de la hiérarchie.
Vous, en niant catégoriquement toute verticalité, vous vous interdisez beaucoup de choses, et de bonnes choses, il me semble. Vous gagnerez en tout cas l’amour de vos prochains, et pas moi, c’est certain. En cela, en effet, vous êtes plus chrétien que moi.
La vérité a pour moi plus de poids que l’amour, et je ne m’interdis aucune voie d’accès.