"Je ne sais pas de quel milieu tu parles exactement, mais
tout ce que je sais c’ est que je n’ ai confiance en aucune force politique ,
et cela sera le cas probablement toute ma vie , je connais trop bien les
enfumages politiques dans l’ histoire…"
==>Je parle des milieux alternatifs ou dissidents au sens large du terme. C’est assez éclectique, mais nous nous retrouvons sur beaucoup de points. Il y aura-t-il coalition ? Le dire aujourd’hui n’est que pure spéculation.
"Un régime mixte ne peut
pas advenir par la prise de pouvoir d’une avant-garde, cela reviendrait à un Romain
du V ème siècle av Jc qui s’imaginerait que le tribunat de la plèbe aurait pu être
institué par les patriciens du sénat.
Non , c’ est par les
rapports de force qu’ on en arrive à un
régime mixte , la classe dirigeante doit être contrainte à ‘l accepter car elle
n’ acceptera jamais d’ abandonner une partie de son pouvoir , c’ est une question
de bon sens.
Pour ce qui est de la
manipulation des masses par une élite politique , j’ y suis évidemment opposé ,
elle assurera ainsi la pérennité de son pouvoir.
Par contre, par une
élite populiste, qui ne souhaite pas le pouvoir mais qui se bat pour que celui
du peuple dans son entier soit institué, cela m’intéresse, raison pour laquelle
j’adhère au travail de Chouard."
==> C’est ta vision machiavélo-anarchiste qui te fait écrire ceci. Tu as une phobie du pouvoir pour des raisons que je conçois. Qu’on se le dise franchement, en cas de changement radical de régime sans la voie des urnes, il faudra passer par une phase autoritaire car la situation l’exigera. Une fois cette phase passée, un programme politique sera mis en place. Poutine en est un exemple récent. Lui-même déclarait mot pour mot ce que je dis là. Ce n’est pas du bon sens, mais une stratégie politique qui découle d’une vision du monde. Tu crains surtout que les hommes en place ne tiennent pas leur promesse et qu’un glissage totalitaire n’ait lieu. En l’occurrence, c’est une question de circonstance et d’aléa. Toute révolution comporte son paramètre d’incertitude... Et cela concerne aussi cette élite populiste qui dans une telle situation peut aussi dévier. En cas de déstabilisation majeure, la constitution ne reste qu’un bout de papier. L’histoire le montre bien... Le serpent se mord la queue.
"Mais on peut prendre des
positions opposés pour nous rapprocher en réalité, un peu comme deux personnes
sur une piste circulaire qui s’éloignent et se rejoignent en même temps.
Ta posture est élitiste,
la mienne est populiste. C’est la confrontation de ces points de vue opposé qui
donne naissance aux régimes mixtes, les plus équilibré qu’ils soient et
qui ont des outils institutionnels pour échapper à l’oligarchie d’ un coté et à
l’ochlocratie de l’autre.
On en revient à Médine
et son titre, les choses ne sont pas binaires , même dans les confrontations politiques qui
peuvent être holistes et monistes … "
Je ne disais pas le contraire. La divergence se situe prioritairement au niveau du moyen, pas de la fin. Mais, le moyen a son importance....