Gollum :
Il n’y a, en définitive, aucune preuve incontestable d’un passé irrémédiablement révolu. Donc, à vrai dire, la mythologie, je m’en fous un peu, sauf pour rêver.
Maintenant, des rêveries peuvent amener à considérer le réel tel qu’il est ou bien à s’en abstraire totalement.
Actuellement, l’univers contient une pluralité manifeste.
Imaginer qu’une existence primordiale a créé tout ce détail et tout cette multiplicité d’êtres et de choses amène à considérer le réel tel qu’il est, dans sa pluralité actuelle.
En revanche, imaginer qu’une essence primordiale se serait scindée, plus ou moins complètement, on ne sait trop comment, revient à récuser le réel tel qu’il se manifeste dans sa pluralité, pour y préférer des semblants d’unités, en général trop tirés par les cheveux à mon goût.
L’Alchimie s’y prend mal : elle est si pressée de trouver une unité dans le Tout qu’elle ne parvient pas à produire les critères qui permettent de distinguer les choses.
Je préfère mettre mon ardeur dans la vertu de l’existence plutôt que dans l’intellection de l’essence.