Il ne s’agit pas de dire que la lecture est LA condition d’une parfaire compréhension du monde. Il s’agit de dire qu’elle y participe. On peut tout à fait, en effet, apprendre une multitude de choses par l’expérience, et c’est heureux. Mais aucun être humain ne peut tout comprendre par lui-même. Or, comment se frotter à la pensée d’autrui, hors du cercle de ses connaissances, et a fortiori quand cet autrui ne parle pas notre langue et a vécu bien avant nous ? Par une lecture de première main. C’est éprouvant, mais il faut savoir ce que l’on veut.