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O Scugnizzo (---.---.29.246) 6 juillet 2013 10:00
O Scugnizzo

Je ne vais pas répondre sur le contenu du libéralisme parce que 1. Machiavel l’a très bien fait et 2. je suis un fainéant anti-libéral qui déteste le salariat, donc le travail répétitif, aliénant et bien souvent inutile.


Simplement, pour Locke et ses copains, le discours du libéralisme-libertaire n’entre pas en jeu, car il est pratiquement/empiriquement tangible uniquement dans l’après mai-68, cette pseudo révolution culturelle, qui n’a en réalité servi qu’à conquérir le marché de la culture et de l’intimité, colonisant ainsi les sphères les plus intimes de l’âme humaine. Le libéralisme, dans sa pratique, ne peut être penser que dans un système capitaliste comme celui d’aujourd’hui, il en trouve son expression la plus large, a tel point que libéralisme et capitalisme - en pratique - sont synonymes (mais pas en théorie), d’où la confusion chronique de JR.

Le discours du libéralisme-libertaire est cependant inhérent au libéralisme dans un système capitaliste, comme l’ont montré des auteurs comme Marx ou Malatesta dès le 19ème siècle. Je n’aime pas réfléchir en termes d’évolutionnisme social, mais ceci s’applique pourtant au capitalisme, en tant que système d’accumulation infini et son idéologie de la croissance. Il est ainsi impossible de regarder en arrière, se dessine une fuite en avant perpétuelle. D’où la réaction et l’utopie du conservateur libéral.

Tout ceci était bien accepté tant que le système libéral permettait d’échanger de l’électroménager, permettait de vendre sur le marché automobile. Mais l’idéologie absurde de la croissance, par définition, incite à la conquête perpétuelle de nouveaux marchés. Lorsqu’on arrive à la culture, on a à faire à la culture de masse (Kulturindustrie) - Hollywood comme vecteur de normes américaines. L’art = l’art contemporain (c’est-à-dire cet art subventionné où une oeuvre s’enrichit par la spéculation, et permet pour la première fois de l’histoire de soumettre le monde de l’art aux lois de l’offre et de la demande, art boursier, et ses admirateurs libéralisés). L’intimité corporelle = fitness, produit nutrition etc. L’intimité morale = psychologue, big pharma, divorce pour atomiser les gens etc. Jusqu’à arriver à l’adoption des enfants par gestation par autrui, ouvrant un marché juteux de mères porteuses salariées.

D’une manière générale, le libéralisme dans un mouvement capitaliste (à part les considérations de Machiavel sur l’antilibéralisme de ce capitalisme, qui serait à approfondir ailleurs, car cela fait partie des contradictions inhérentes au système), parce que la population doit répondre aux impératifs impersonnels de l’offre et de la demande, elle doit dépersonnaliser toute son identité (et donc écraser les traditions, comme vu plus haut). Car, si le Marché le demande, je dois être prêt - moi salarié d’une entreprise, au nom de la productivité - à être délocalisé si je veux continuer à avoir du travail. Ceci n’est pas seulement valable pour un déplacement de la France à la Roumanie, mais d’une région agricole à une région industrielle par exemple. Ce qui fait que tout d’abord on détruit toute tradition locale, mais ça passe encore parce que finalement la France entière parle une sorte de français (alors qu’avant il y avait plusieurs langues), mais quand on parle tous un mauvais français et un anglais mondialisé, on se rend compte de toute la perte culturelle subie. Sauf que celui qui se retranche dans le conservatisme, ne voit pas que c’était un mouvement inéluctable du système économique (voir philosophique, pour les plus pointus) qu’il prône.




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