Le problème, avec Nietzsche, c’est que les gens commencent par le lire en premier alors qu’ils devraient le lire en dernier après avoir acquis un gros bagage intellectuel et philosophique, vu la complexité de cette philosophie et le caractère relativement hermétique de la prose nietzschéenne.
Ce-faisant, ces jeunes esprits tombent dans le piège de la fascination esthétique et de la réduction, transformant la pensée de Nietszche en recueil de citations, ce qui permet de lui faire dire tout et son contraire - pas vrai Jeannot ? - en particulier sur le thème de la religion, Nietszche ayant en outre pas mal varié au cours de sa vie...
Je le sais, moi aussi j’ai lu Nietzsche à 16 ans... parce que j’étais
attiré par le côté obscur et "sulfureux"... et parce que d’autres lisaient
Nietzsche. J’avoue n’y avoir pas compris grand-chose. Lire Nietzsche avant d’avoir lu les stoïciens et les grands auteurs rationalistes, je trouve ça contre-productif, voire nuisible. Il ne fait aucun doute que les lectures fascisantes de l’oeuvre de Nietzsche résultent en partie d’une mauvaise digestion de la complexité nietzschéenne, elle-même liée à un déficit de connaissance ou à une absence de formation philosophique digne de ce nom.
Donc je ne sais pas si Rochedy a lu Nietzsche, mais se vanter ainsi d’avoir été "formé" par Nietzsche à 14 ans, c’est une attitude romantique car à cet âge on ne peut qu’être sensible aux fulgurance de la prose nietzschéenne sans en saisir pour autant la profondeur et les nombreux paradoxes.