Tepa
fait le même diagnostic que celui que certaines personnes font ici depuis
quelques temps déjà : la « dissidence » s’est construite en
tant qu’antisystème, avec une anti – doctrine et a reproduit le même
sectarisme que le système, en se montrant tout aussi binaire et manichéen.
Mais
cela fait partie des grands classiques : les conduites systématiquement
contestataires finissent forcément par secréter un nouveau système de la non-contestation,
et ainsi , l’anticonformisme reproduit un nouveau conformisme.
Le fait
que beaucoup dans les médias dit alternatifs sur le plan international s’alignent
quasiment sur la propagande Russe en est révélateur : combien en
contestant la propagande Russe ou Syrienne se sont fait accuser de faire partie
ou le jeu du système, par des gens qui étaient incapable de voir qu’ils sont
eux même dans un système ?
C’est
toute la limite des médias alternatifs, entrer dans une lutte contestataire
systématique contre les médias dominant,
ce qui donne une configuration de propagande contre propagande.
Par de
là le conformisme et l’anticonformisme (qui est donc un autre type de conformisme),
il y’a en ce qui me concerne le non conformisme, çàd faire abstraction des
opinions communes, puis juger en son âme et conscience, ce qui peut très bien
nous amener à rejoindre en définitive les choix les plus répandus, mais par
choix raisonné uniquement, non par lâcheté, par ignorance ou par paresse.
D’ où la notion la distinction entre ré- information et propagande :
-La propagande concerne les masses qui se comportent en consommatrice passive d’information,
en gobant tout ce que le camp auxquelles elles adhèrent raconte, que ce
soit les médias institutionnels ou les médias dit alternatifs, la cible principale
est l’émotion. Ainsi on se retrouve avec des supporters qui défendent leurs gourous,
pensent détenir La Vérité et anathématisent tout ce qui ne correspond pas à la
ligne du « parti ».
-La ré- information : qui est le
fait du citoyen qui fait son devoir pour ne pas être manipulé par les démagogues,
et qui dans sa démarche croise les éléments et les faits, se méfie comme de la
peste des sources d’informations, pour se construire une vision cohérente
des événements et de toujours remettre en question cette construction. La
ré-information est donc un terrain glissant dans lequel il n’y a aucune certitude, ce qui rend également le terrain très inconfortable.
Ces
deux perceptions étaient au cœur d’ un combat politique intense en aux USA dans
les années 30 avec d’ un coté Roosevelt et Gallup et de l’ autre Bernays et le monde des affaires.
A mon sens, quatre questions sont fondamentales
: La ré- information est elle possible ?Sommes nous
destinés être des moutons ?Sommes nous tous égaux face au conformisme ?Quelles sont
conséquences politiques à tirer des réponses qu’elles qu’ elles soient ? 