Du très bon MaQ. Je n’ai pas grand chose à ajouter, comme je m’interroge encore je n’ai pas de jugement ferme, mais quelques remarques :
Déjà, il faut bien que nous utilisions
des codes communicationnels conformes pour pouvoir communiquer (j’ai appris
récemment que dans certaines cultures ésotériques, l’apparition du langage est
perçue comme une dégénérescence, point de vue intéressant).
==> Je n’allais pas aussi loin. Mais bon, nous serons d’accord : il faut un certain niveau de conformisme pour souder un groupe : références culturelles communes, passé commun, opinions communes...
1. Briser le monopole médiatique des démagogues, ce qui est fait avec internet, mais mesure qui seule ne sert à rien car d’autres démagogues apparaissent et entrent en concurrence avec les premiers qui avaient précédemment le monopole de la communication (c’est notre configuration actuelle avec la propagande contre la propagande).
Merci de rappeler ce point fondamental. Internet est intrinsèquement une sphère d’expression qui se duplique : pas de plateau unique de télévision avec des invités sélectionnés, mais autant de plateau de télévision qu’il y a d’individu possédant une connexion. On pourrait alors penser que cela libérera la parole, que le monopôle du politiquement correct sera brisé et qu’ainsi les gens pourront, en conscience, se ré-informer et exercer leur opinion critique. C’est oublier que c’est aussi une masse immense d’informations, trop peut-être, et une vitesse de circulation jamais vue dans l’histoire (le volume des connaissances double aujourd’hui tous les 9 mois quand cela prenait peut-être 1 siècle au moyen-âge). Cela couplé à un processus social d’atomisation des individus qui se refont une vie virtuelle. Individus isolés et fragiles qui rechercheront une chapelle à laquelle s’accrocher fermement. Et l’anti-système est né. Je me demande même si à long terme le système ne privilégiera pas internet pour dominer les esprits, média qui paradoxalement est vu comme libérateur. Je vais y réfléchir et même publier un article quand ce sera on ne peut plus clair dans mon esprit.
2. Retirer le pouvoir politique aux moutons. Cela doit passer par l’abolition du suffrage universel pour que ne décident politiquement que ceux qui sont capable de ré- information et donc moins sensible à la propagande des démagogues.
Cela contredit en effet le principe égalitariste de l’actuelle république. Je suis d’accord. Ce que j’entends sur les plateaux de télévision et ce que peuvent dire à la fois mes proches et les petites gens me font dire depuis au moins deux ans que donner le droit de vote à tout le monde, surtout aux présidentielles, est une folie. Pas parce que je suis anti-démocrate fondamentalement, mais parce que je suis trop soucieux du bien commun de la société. En cela, je suis viscéralement républicain. La république dans un temps historique large est d’abord un principe politique avant d’être un régime. Ce n’est qu’après la révolution française où l’équation république=démocratie représentative s’imposa. Il faut donc tirer des conséquences pragmatiques et politiques et tu y viens logiquement.
Ma proposition est la suivante : ne donner le droit de voter qu’à ceux qui ont suffisamment de volonté pour consacrer leur temps libre en dehors de leur temps professionnel à la gestion de la cité d’abord (chacun doit se soumettre à son service ou se démettre) et ensuite à faire l’effort de se ré- informer (donc de se réformer). Donc mon suffrage censitaire, ce n’est pas la richesse, pou le statut social qui constitue le cens mais uniquement la volonté ardente de faire son devoir citoyen en participant à la gestion de la cité.
Cela serait déjà un premier contre pouvoir populaire
==> C’est le moyen de former une aristocratie populaire. Cela suppose deux choses :
-un redressement à la fois moral et éducatif de la nation, car on ne peut s’intéresser à la chose publique sans vertu et sans compétence.
-une mobilité sociale et des conditions matérielles qui permettent de s’instruire. Et donc, par exemple , l’instauration du revenu de base, piste parmi d’autres...
En vérité, c’est une vision foncièrement républicaine que tu as, qui n’est pas sans rappeler Rome et l’éloge qu’un certain Nicolas en a faite
Je crois qu’en plus cette proposition politique présente une ressource qu’on ne doit pas négliger. C’est une vision républicaine donc, et pas au sens de notre république, mais qu’importe, c’est ce qui fait sa force : elle n’est pas anxiogène. En cas de transition, ce serait à même de rassurer le plus grand nombre.
Et un remerciement pour tes interventions toujours claires et utiles et surtout pour l’intérêt que tu as suscité en moi pour cette théorie du gouvernement mixte qui bat des ailes, car à ma grande surprise, elle est enseignée, de manière assez conséquente, en faculté !
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