Bonjour.
À travers ce passage d’Aristote "Donc, dans le vide, tous les
mobiles auraient une vitesse égale ; mais c’est impossible… ",
on pourrait comprendre que tous les corps tomberaient à la même vitesse s’ils
traversent le vide. Or, comme Aristote nie l’existence du vide qu’il considère
comme un non-être, cette affirmation devient impossible. Mais E. Klein semble
soutenir que les astronautes
américains ayant marché sur le sol lunaire (lieu dépourvu d’air), ont validé
par l’expérience, au sens littéral du terme, l’expérience de pensée galiléenne, à savoir que tous les
corps tombent à la même vitesse.
N’eût-il pas été plus judicieux de
montrer à E. Klein ce passage d’Aristote (Physique, Livre IV, chap. XI) :
"Donc, le mouvement du corps, toutes choses égales d’ailleurs, sera d’autant plus rapide que le milieu
qu’il aura à traverser sera plus incorporel, moins résistant et plus aisé à
diviser" pour lui signifier clairement l’erreur qu’il fait en
attribuant à Aristote ce qu’il n’a jamais dit" ?
Il appert, en effet, que le péripatéticien
établit bel et bien une corrélation intime entre le mouvement des corps et leur
interaction avec le milieu qu’ils traversent, et ne fait nullement dépendre la
vitesse de la chute des corps de leur seule masse. En clair, pour Aristote, si
des corps lourds tombent plus vite que des corps légers c’est surtout à cause de
la nature du milieu qu’ils traversent. Et l’idée de la corde et la balle de
tennis faisant parachute, censée réfuter la théorie d’Aristote, ne fait, in
fine, que la confirmer, comme l’atteste le passage susmentionné.
Cordialement.