LA LUTTE POUR L’ENFANT
Les hommes voulaient enlever l’enfant à sa Mère, par un sentiment de jalousie, qui est bien humain, puisqu’il a toujours existé.
Cependant, chez les Juifs, nous voyons la jalousie céder à l’intérêt. L’homme laisse l’enfant à la Femme, mais le lui fait payer.
Dans l’Exode (ch. VIII), Dieu dit à Moïse :
2. « Sacrifie-moi ton premier-né, tout ce qui naît le premier parmi les enfants d’Israël, tant hommes que bêtes, car il est à moi. »
12. « Alors tu présenteras à l’Éternel tout ce qui naîtra le premier, même tous les premiers-nés des bêtes, ce que tu auras de mâle sera à l’Éternel. »
Donc on obligeait la mère à sacrifier son premier-né ; mais, à côté de cette loi barbare, il y avait la dispense hypocrite, la vraie cause de la loi, le rachat facultatif de l’enfant. « La religion accorde que l’enfant peut être racheté par le sacrifice d’un mouton, et non seulement l’enfant, mais l’âne, la bête utile chez les Hébreux comme chez nous le cheval. »
Cette loi prétendue religieuse n’est qu’une contribution indirecte prélevée sur les sentiments maternels. Comment la femme eut-elle la faiblesse de se soumettre à de pareilles énormités ?
Les Juifs pratiquaient les sacrifices d’enfants. Cela entrait dans leur système de réaction méchante contre la femme, c’est elle qu’ils voulaient atteindre en torturant ses petits, c’est une des formes de la vengeance masculine contre la femme qu’il jalousait, c’est pour faire souffrir la mère qu’il tuait l’enfant, horrible sentiment qui est resté comme un héritage atavique dans la psychologie masculine, et que nous retrouvons encore chez certains criminels modernes.
La religion masculine était une parodie dans laquelle tout ce qui avait fait le fond de la religion antique était tourné en dérision et en cruauté.
C’est ainsi que le sacrifice change de signification quand l’homme, devenu sanguinaire, met le meurtre où le culte féminin avait mis la vie. C’est pour narguer la femme que l’homme qui tue prétend « offrir un sacrifice à Iehaveh, pour le calmer », alors que c’est ce qui irrite la femme contre lui. Du reste c’est au Dieu mâle, Moloch ou Molek, que l’on offre du sang.
Et les Hébreux pervertis pratiquaient ce culte barbare sans hésitations et sans scrupules. Les rois même brûlaient leurs enfants dans la fournaise de Baal-Molok en les jetant dans la gueule embrasée d’un bœuf d’airain chauffé à rouge qui figurait la divinité masculine.
Les historiens grecs et latins parlent des sacrifices d’enfants qui se faisaient à Carthage pour plaire à Cronos ou Saturne.
Les Spartiates précipitaient dans le gouffre de l’Apothétès les enfants qui naissaient avec un vice de conformation.
Les massacres d’enfants avaient différents prétextes. Ainsi, chez les Arabes, on faisait mourir les filles qui naissaient, afin, disait-on, d’éviter d’être déshonoré par elles, si une d’elles tombait entre les mains des ennemis. On les vouait à la mort. Chez les Rajpouts de l’Inde, le meurtre des filles fut longtemps pratiqué.
Ce qu’on a appelé « le massacre des innocents » se pratiqua sur une grande échelle ; les filles surtout étaient sacrifiées, par haine du sexe évidemment, et pour affaiblir le parti féministe en en diminuant le nombre, c’est à ce point qu’en certains endroits les femmes finirent par manquer.
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