@micnet
"Alors oui, je sais bien qu’une version officielle n’est jamais gage de vérité absolue, c’est entendu, mais elle fait tout de même autorité jusqu’à ce qu’une nouvelle version officielle s’impose à l’actuelle. Que ce soit en Histoire, en science ou dans n’importe quel domaine, il y a ce qu’on appelle un "consensus historique, scientifique,..." qui s’impose et c’est bien normal."
C’est une "norme" sociale, mais cela ne s’impose évidemment pas dans l’expérience de connaissance d’un adulte. L’enfant n’a pas d’autre choix que de subir ce "consensus", mais devenu adulte l’être humain intellectuellement exigeant se doit de pouvoir tout remettre en question, surtout quand il entreprend d’étudier un domaine particulier avec attention. C’est toujours de cette manière que la connaissance et les techniques progressent : un individu s’interroge sur un sujet qui l’intrigue, défiant la norme et ses prétendus vérités établies. Le fait que des insensés pensent par erreur avoir raison contre le monde entier n’y change rien. Vue de loin, le génie et le fou semblent avoir la même démarche. Il faut s’approcher pour voir la différence.
Ce qu’on appelle consensus aujourd’hui n’est pas du tout ce qu’on croit naïvement. Ce n’est pas mille savants qui ont fait chacun de leur côté une expérience dont les résultats ont concordé avec les résultats des neuf-cent-quatre-vingt-dix-neuf
autres. C’est souvent un petit groupe détenant une position dominante grâce à laquelle il a réussi à imposer une certaine interprétation du réel. Le consensus n’est pas un évènement culturel autogéré, il a son économie et sa politique. C’est particulièrement évident quand une thèse se prétend à la fois académiquement consensuelle et juridiquement incontestable. Le bon sens doit rester perplexe face à l’idée même d’un consensus auquel il serait obligatoire de consentir.
Par ailleurs, celui qui se fait l’avocat d’un véritable consensus fondée sur l’intelligence commune ne devrait avoir aucune peine à dessiner la carte des chemins de pensée qui ont conduit un grand nombre de chercheurs qualifiés et indépendants aux mêmes conclusions. Tandis que celui qui conteste un consensus doit ramer à contre-courant de la mer des idées reçues et n’a aucune amirauté derrière lui. Je ne vois donc pas pourquoi il faudrait déséquilibrer davantage le débat en augmentant son devoir de produire des preuves. Ou plutôt je vois que c’est surtout parce que l’être humain est intellectuellement paresseux et craint d’être dérangé dans son confort intellectuel, d’être obligé de réfléchir par lui-même.