"Il n’y a strictement aucun rapport entre la notion de Contrat social (qui n’a jamais été remis en cause par personne sauf erreur de ma part) et notre discussion sur l’identité française. Mais vraiment aucun."
De plus, l’expression "contrat social " est une métaphore. Ce n’est pas à prendre au premier degré. On ne demande pas au nouveau-né français de signer — ou pas — pour être un citoyen français avec ses droits et ses devoirs.Le contrat social n’est pas une somme de millions de petit contrats passés entre des individus et l’Etat, ni même entre les individus eux-mêmes Alors que le contrat de mariage, par exemple, est vraiment un contrat : deux individus adultes et capables qui s’engagent formellement en présence de témoins. Un véritable "contrat" est un accord de volontés créateur d’obligations, tandis que le "contrat social" est un pacte philosophique et implicite fondant la société et l’autorité de l’État. Comme l’écrit Georges Vedel dans son Manuel de droit constitutionnel, l’hypothèse du Contrat social est la seule justification possible de l’autorité qu’exerce la société sur ses membres." Or, il ne peut y avoir de relation analogique entre l’usage littéral et l’usage métaphorique d’un concept.
Ce dont il est question, dans le fond, ce n’est pas seulement du christianisme mais de l’âme de la France. Or, l’âme n’est pas juste un attribut intellectuel, c’est une certaine relation entre la matière et l’esprit. Et dans le cas des nations (au sens large), l’âme collective suppose un territoire commun et une continuité historique commune. Le christianisme constitue un des ingrédients de cet espace-temps. C’est au moins l’une des racines de ce pays. Cependant, l’âme ne peut pas être l’objet d’une démonstration, elle ne peut être ni prouvée ni pesée (même si certains ont déjà essayé). Donc on pourra toujours affirmer que la France n’a jamais eu — ou n’a plus — d’âme ; ou bien au contraire que l’âme de la France est endormie mais sur le point de s’éveiller.
"Evidemment que non et les prosélytes de l’islam continueront de vouloir s’imposer mais c’est une première étape indispensable à tout le reste. Tant qu’on ne sera pas capable de réaffirmer notre identité chrétienne, (même si ça vous déplaît mais c’est pas grave ;), on restera incapable de s’en sortir."
Là où vous avez raison, c’est que la "laïcité", la "république" ou même le "wokisme" ne feront pas le poids face à l’islam. Il y a un besoin de transcendance chez l’être humain qui ne peut se satisfaire ni de principes moraux abstraits, ni de réponses purement scientifiques. Même le sentiment amoureux (adoration d’un être humain) manifeste cette pulsion idéaliste. Cependant, dans la domaine culturel, ce sont les lois non-écrites qui sont les plus importantes. Et à ce sujet le comportement des Corses pourrait servir de modèle au reste de la France : essayez un peu de retirer un calvaire ou une statue de Marie dans un village corse ; ou de construire une mosquée avec un minaret. Les musulmans peuvent se réunir mais dans des salles discrètes, point barre.