"Point intéressant, du coup ça nous amène à la question suivante : faut-il qu’il y ait un consensus en science, en histoire, etc... ? Ma réponse est oui car il faut bien qu’on définisse à un moment ou à un autre l’enseignement à prodiguer dans les écoles. Donc si on se met d’accord sur l’importance d’avoir des consensus, la question suivante est de savoir comment le définir ?"
La question n’est pas tellement "Faut-il qu’il y ait un consensus en sciences" mais plus profondément "Peut-il y avoir un consensus en sciences". Et la réponse est négative. La dynamique scientifique repose entièrement sur le dissensus. Toutes les découvertes naissent de controverses entre des chercheurs qui ne pensent pas de la même manière.
Le consensus, ou au minimum le compromis, intervient ensuite utilement au plan technologique quand il s’agit de mettre en accord momentanément plusieurs personnes pour construire un pont sur un large fleuve, un engin spatial ou un nouveau type de moteur. Et, plus généralement, quand il est temps de décider ce qu’on doit faire collectivement des découvertes scientifiques. C’est ce qui reste quand la science vivante des génies qui s’affrontent n’est plus présente. C’est la cendre de la science et non sa flamme.
JAMAIS le consensus ne devrait donc être invoqué comme critère de validation scientifique.Une société où règne en maître le consensus scientifique est une société scientifiquement morte.
@micnet Je vais vous expliquer quelque chose qui vous aidera peut-être à mieux comprendre mes interventions. Mon rapport à la connaissance implique que l’avis d’une autre personne que moi sur une théorie quelle qu’elle soit n’a aucun effet sur ma pensée. Je me contrefous qu’un prix Nobel d’économie ou que le Pape ou que Céline Dion ou que mon buraliste aient tel ou tel avis sur Thomas Piketty. Je suis capable de lire et d’écouter Thomas Piketty moi-même, je n’ai pas besoin de passer par une médiation. Sur les sujets difficiles qui dépassent ma capacité de comprendre par moi-même (ils sont très nombreux), je préfère avoir conscience de mon ignorance que de la remplacer par une croyance fondée sur une prétendue autorité intellectuelle garantie par une réputation, un diplôme, un prix, etc. Piketty est plutôt un économiste de tradition social-démocrate, avec une forte inspiration historique et certaines intuitions marxiennes, mais son cadre théorique n’est pas marxiste. Il met l’accent sur les inconvénients d’une concentration du capital mais il n’entend pas exactement la même chose par ce terme que Marx et Engels. En outre, ce ne sont pas seulement des détails techniques d’une théorie qu’il faut percevoir mais les attendus idéologiques et donc psychologiques qui la structurent en profondeur. Par exemple, la question de ce que doit être ou ne pas être un héritage ne relève pas seulement de la théorie économique, c’est aussi et avant tout une question morale et civilisationnelle. Les détails sur lesquels on se dispute s’inscrivent souvent dans des schémas de pensée et de ressentis bien plus larges. Or sans une capacité d’embrasser la totalité du sens profond d’une théorie, ce qui implique par exemple de percevoir si la motivation profonde qui s’exprime est la bonne volonté ou le ressentiment, on ne joue qu’à des concours de découpages de crottes de nez parfaitement inutiles. La compréhension réelle d’une théorie n’est jamais analytique (même si les explications peuvent l’être) mais toujours intuitive.
Quelques théories de Marx face au consensus universitaire international en 2026 (Source ChatGPT) :
Valeur déterminée par le travail : Pas acceptée comme théorie générale consensuelle
Plus-value comme source du profit : Pas acceptée comme théorie générale consensuelle
Lutte des classes comme moteur fondamental de l’histoire économique : Pas acceptée comme théorie générale consensuelle
Effondrement nécessaire du capitalisme : Pas acceptée comme théorie générale consensuelle
Passage nécessaire au socialisme/communisme : Pas acceptée comme théorie générale consensuelle
Exploitation et rapports de pouvoir entre classes : Idée toujours étudiée, mais largement reformulée
Tendance à la baisse du taux de profit : Résultats empiriques intéressants mais très controversés
Crises endogènes du capitalisme : Certains mécanismes sont reconnus... mais l’explication marxiste complète ne l’est pas
Accumulation et mécanisation : là, c’est plus positif car plusieurs mécanismes de cet ordre sont largement reconnus... mais ils ne sont pas spécifiquement marxistes !!