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Étirév (---.---..) 19 septembre 17:29

« Saint Louis » dit « le Prudhomme » !
C’est à Toulouse que fut établi le premier tribunal inquisitorial ; c’est l’évêque de cette ville qui le présida ; et c’est grâce à Louis IX, « Saint Louis » dit « le Prudhomme », que cette institution se créa.
Cependant, le caractère français était si hostile à l’Inquisition qu’au XVIème siècle les Guises firent de vains efforts pour la remettre en vigueur. L’édit de Romorantin, œuvre de l’illustre chancelier Michel de l’Hôpital (1560), empêcha le rétablissement de l’Inquisition, en attribuant exclusivement aux évêques le soin de constater l’hérésie et aux Parlements celui de la punir. Néanmoins, il y eut toujours à Toulouse, jusqu’à la Révolution de 1789, un frère de l’Ordre de Saint-Dominique qualifié du titre d’inquisiteur ; mais ce titre n’impliquait en réalité aucune fonction.
C’est la France, c’est Louis IX, qui sauva l’Église chancelante au XIIIème siècle.
Le magnifique élan des Cathares avait ouvert un horizon nouveau à l’humanité, un retour à la raison ; grâce à eux, la société remontait la pente que le Catholicisme lui avait fait descendre, toute la bourgeoisie dans le Midi était entraînée et se détachait de l’Église, la féodalité française était en lutte avec le clergé, la pensée renaissait partout, et tout le monde, à peu près, était révolté contre l’avarice de la cour de Rome. A l’étranger, c’était pire encore : l’Allemagne avait un empereur hostile à l’Église, elle était profondément divisée ; l’Angleterre était dégoûtée des exactions des papes, leur pouvoir chancelait ; ce fut Louis IX qui sauva l’Église en favorisant l’institution de l’Inquisition et le développement de nouveaux Ordres religieux. Il fut aidé dans cette œuvre impie par sa pieuse mère, la reine Blanche.
A eux deux, ils enrayèrent le progrès social pour plusieurs siècles, et furent cause des torrents de sang versé.
Rappel : Avec l’Inquisition nous allons voir apparaître des monstruosités juridiques mettre les honnêtes gens à la merci des coquins, et qui, après avoir supprimé l’accusation « légitime », « inscriptio et in crimen subscriptio », proscrivait la défense et excommuniait la réponse, comme attentatoire à l’infaillibilité de l’Église, donc hérétique. Se défendre, c’était discuter l’autorité qui vous attaque. L’Église se faisait juge sans appel. Un soupçon, une dénonciation anonyme, suffisaient pour vous jeter dans la torture. C’était la délation occulte érigée en principe, le huis-clos des séances, la sécurité assurée aux témoignages à charge, le refus d’entendre les témoins à décharge ; c’était l’infamie érigée en justice, faisant au Chrétien un devoir de la trahison, un mérite de la délation. Enfin, la torture allait jusqu’à introduire dans cette étrange procédure le faux témoignage de l’accusé contre lui-même. Du reste, tout accusé était d’avance perdu. Quelle lugubre époque ! Que de supplices, d’angoisses, de désolations ! Que de mal jeté dans le monde par l’aveugle fanatisme, par l’instinct de domination, par l’affolement des criminels qui rejettent la responsabilité de leurs actes et torturent ceux qui en furent témoins !
L’Église a horreur du sang. Elle professe l’hématophobie, mais elle fait tuer par les autres.
Et l’Église se justifie en disant que l’Inquisition n’a été que le fruit des passions de quelques hommes et qu’elle ne peut en porter le poids. Étrange justification ! Car ces hommes n’étaient que la résultante de son système, le fruit de ses doctrines.
Le premier germe de l’institution du Saint-Office se trouve dans un décret du Concile de Vérone, en 1184, qui enjoint aux évêques de Lombardie de rechercher les hérétiques et de livrer au bras séculier, pour être punis, ceux qui persisteraient dans leurs erreurs. « Il n’est pas douteux, dit Lacordaire, que les premiers linéaments de l’Inquisition ne se trouvent là tout entiers, quoique informes : recherche des hérétiques par commissaires, application de peines spirituelles graduées, abandon au bras séculier en cas d’impénitence manifeste, concours des laïques et des évêques. Il n’y manque qu’une forme définitive, c’est-à-dire l’élection d’un tribunal particulier qui exerce ce nouveau mode de justice ; mais on n’en vint là que beaucoup plus tard. »
En effet, les premiers inquisiteurs dont on ait conservé le nom ne parurent qu’en 1198. C’étaient deux moines de l’Ordre de Citeaux, frère Guy et frère Rainier, que le pape Innocent III avait envoyés dans nos provinces méridionales pour y rechercher et poursuivre les Albigeois, avec ordre aux évêques et aux seigneurs temporels de leur prêter toute assistance possible.
L’idée de l’Inquisition fut donc conçue par le pape Innocent III. Elle n’est devenue réelle que sous l’un de ses successeurs, Grégoire IX (qui fut pape de 1227 à 1241).
Proposée d’abord comme institution temporaire, l’Inquisition fut transformée en établissement régulier et permanent par le Concile de Latran en 1215 et par celui de Toulouse en 1229.
En 1233, Grégoire IX confia là direction exclusive de l’Inquisition aux Dominicains pour la soustraire à la juridiction des évêques. En même temps, il donna aux inquisiteurs une autorité sans limite et sans contrôle réel de la part du pouvoir temporel. La même année, l’institution reçut une sanction solennelle du roi Louis IX dans les conférences de Melun. A la fin du XIIIème siècle, l’Inquisition était établie non seulement en Provence, en Languedoc et dans les pays voisins, mais encore dans la plupart des provinces du Nord de la France, ainsi qu’en Lombardie (en 1224), en Catalogne (en 1232), en Aragon (en 1233), dans la Romagne (en 1252), en Toscane (en 1258), à Venise (en 1289), etc. Partout elle fut placée entre les mains des Dominicains, sauf toutefois en Italie, où ces religieux partagèrent les fonctions d’inquisiteurs avec les moines de saint François.
NB : La doctrine professée par les Cathares, dans les anciennes provinces de Macédoine et de Thrace, avait été importée par les Pauliciens, Manichéens venus de l’Asie Mineure.
Ces sectaires firent leur apparition en France au commencement du deuxième millénaire et bientôt se répandirent dans toutes les directions. On les trouve en Aquitaine dès l’an 1010 ; en 1023, on en brûlait 11 à Orléans ; vers 1035, on en trouva une petite communauté à Montfort ; on les brûla. Cent ans plus tard, on en trouvait partout.
On leur donnait différents noms. Un de leurs principaux centre était Albi ; on les appela Albigeois. Ils furent impitoyablement poursuivis de 1210 à 1228.
Le Catharisme était une révolte de la conscience et de la raison contre le désordre catholique. S’il ressemble au Manichéisme, c’est qu’il a la même origine : un soulèvement des bons instincts contre l’excès du mal, une réaction contre le désordre social généré par le pouvoir du prêtre.
L’oppression continue de la meilleure partie de la société sous la tyrannie des grands soulevait (déjà et toujours) l’exaspération des gens intelligents et bons. L’iniquité des lois appuyées par la force aveugle entretenait la pire des souffrances, celle des plus nobles instincts. Les femmes révoltées et outragées refusaient d’être mères pour ne pas donner de nouvelles victimes à la tyrannie.
Les Cathares furent condamnés par les Conciles de Toulouse en 1119, de Latran en 1139, de Tours en 1163.
Au XIIIème siècle, les Albigeois, par la haine et le mépris qu’ils ressentaient et qu’ils savaient inspirer pour le despotisme catholique, portèrent un coup fatal à l’autorité du pape.
Une circonstance inattendue donna plus de force encore à l’hérésie des Cathares. Les écrits d’Aristote, récemment retrouvés, commençaient à jeter un jour nouveau dans les esprits et un grand trouble dans les consciences. Cela donna naissance à des idées nouvelles, fort peu conformes à l’esprit de l’Église, et très favorables à la belle doctrine des hérétiques qui envahissaient le Midi de la France.
Les Cathares auraient certainement triomphé si les armées du Nord n’étaient venues soutenir l’Église et l’aider à noyer dans le sang les doctrines qui avaient si énergiquement résisté jusque-là aux plus affreuses tortures.
Si les Cathares avaient triomphé, l’humanité serait entrée alors dans une ère nouvelle, et les huit siècles de souffrances et d’ignorance qui se sont écoulés depuis auraient été un temps de paix et de rénovation.
Au lieu de cela, l’Église entra dans la période la plus sombre et fonda l’Inquisition.
Il fallait, dans le sang et la cendre des bûchers, détruire à jamais les bienfaits d’une civilisation douce et affinée qui assurait aux hommes, avec la liberté et la prospérité, la tranquillité d’esprit et le bonheur de vivre.
Les Cathares (Les Purs)




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