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Joe Chip Joe Chip 17 mai 13:31

Ce témoignage interne corrobore ce que j’avais écrit il y a quelques semaines au sujet de Mélenchon et de l’évolution politique de la FI :  

Aussitôt ce succès acquis, Mélenchon, en bon idéologue, a réouvert la porte aux militants indigénistes, décoloniaux, islamo-gauchistes & cie tenus à l’écart ou mis en veilleuse durant la campagne (présidentielle). Il a mis au rancart les thèmes industrialistes, maritimes et écologiques portés avec coeur et intelligence durant la campagne pour revenir aux discours bornés de l’extrême-gauche en réaffirmant à chaque occasion possible son anticléricalisme. Il n’a rien fait pour s’opposer à la montée en puissance dans son parti des discours différencialistes et parfois ethnicistes, désormais relayés dans les facs de sciences humaines par des militants de la FI. 

La vague provincialisation du mouvement amorcée durant la campagne a pris fin et la logique partisane et parisianiste a repris tous ses droits dans l’organisation du parti. Les souverainistes et les "laïcards" ont été l’objet d’une véritable purge interne à laquelle Mélenchon n’a pas pris part mais sans pour autant avoir le courage ou la volonté de s’y opposer, ce qui revient de fait à la cautionner, rappelant ainsi l’ADN trotskyste de son parti.

Résultat, une perte de 10 points dans les sondages. La FI tente aujourd’hui de raccrocher le "peuple" en accaparant le mouvement des GJ, et on nous balance pour les Européennes une gentille petite Manon sortie de sa province qui s’efforce de montrer un visage aimable et d’évacuer les thèmes embarrassants (migrations) sous l’angle de la critique exclusive du capitalisme et des inégalités qu’il génère.  

(...)

Il est pratiquement acquis que la minorité indigéniste/différencialiste/gauchiste a pris le pouvoir au sein des structures militantes et dirigeantes du parti mais que cette mue idéologique en cours ne peut pas encore être assumée sur le plan politique ni portée auprès de l’électorat de gauche — plutôt "blanc", grisonnant et attaché à la laïcité —, donc on envoie en attendant des figures médiatiques lissées mais peu représentatives de l’évolution interne du parti, comme la petite Manon venue de l’associatif humanitaire ou un Corbière, que l’on voit partout mais qui est en fait le dernier représentant un peu déprimé de la ligne républicaine et souverainiste au sein du parti, le seul dont les gauchistes n’ont pas pu obtenir la démission en raison de sa proximité avec Mélenchon.

Mélenchon me paraît usé politiquement, il semble moins s’intéresser à l’avenir du pays ou de son parti qu’à se venger de la gauche et des socialistes qui, à ses yeux au moins, l’auront sans doute empêché de réaliser ses ambitions et privé d’un destin politique national de premier plan. 


J’ajoute à la lecture de ce témoignage édifiant que la FI a aujourd’hui clairement un double agenda politique. Le premier (républicain et souverainiste) est celui qu’on voit ou qu’on entend sur les plateaux télé ou en marge des manifestations. Le second (gauchiste et indigéniste) est celui qui prévaut en interne mais qui (pour l’instant) ne sort pas des réunions militantes et des facs de sciences humaines, attendant que l’opinion soit mûre et suffisamment réceptive aux théories du genre, "cultural studies" et autres "identity politics" importée des Etats-Unis. 


Mélenchon, par égocentrisme et goût de la revanche, peut-être aussi par aveuglement et par haine d’une certaine majorité ethno-culturelle, a visiblement décidé de laisser cette évolution suivre son cours ("après moi le déluge") ; pire, il lui sert maintenant d’homme de paille, de caution intellectuelle et politique, de visage bonhomme réagissant avec émotion à l’incendie de Notre-Dame ou se réclamant de l’héritage politique de Jaurès.




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