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BigBug - Le Vaudeville SF de Jean-Pierre Jeunet

Critique de BigBug de Jean-Pierre Jeunet, par Frédéric Chambon.

Tags : France Livres - Littérature Internet Société Cinéma Art Humour Culture Science et techno Science-Fiction Sociologie Séries YouTube Covid-19




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1 réactions à cet article    


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    tobor tobor 14 février 00:00

    Je lui ai écrit une critique ici :
    https://www.senscritique.com/film/bigbug/critique/264827390

    Hormis ses géniales collaborations avec Marc Caro, je n’ai apprécié aucun des films qu’a réalisé Jean-Pierre Jeunet, tout spécialement son "Amélie Poulain", la mièvrerie intimiste bien-pensante alliée à la lourdeur et au kitch a forcé mon désintérêt sur ses sorties depuis quoique j’ai du en entrevoir l’une ou l’autre sans que ça n’imprègne en profondeur.

    BigBug est à mes yeux son film solo le plus intéressant, où au moins, le kitch est parfaitement justifié. Cette société du futur, à mi-chemin entre "Idiocracy", "Robocop" et la triste réalité, est dépeinte avec cynisme en dressant la caricature d’un aboutissement des promesses technologiques et des habitudes qui en découlent dans une e-city française en 2045 et je dois dire que ça m’a plutôt amusé.

    Bien-sûr, l’aspect vaudevillesque et les coups-de-gueule nous ramènent de temps en temps au Collaro-show, puis la subtilité inexistante des histoires internes dans un cadre asimovien mâché et remâché, la domotique qui joue de l’accumulation des clichés, on ne risque pas d’être nourri de neuf de ce coté. Pas de grande originalité non-plus au huis-clos depuis "L’ange exterminateur" de Bunuel jusqu’au récent "El bar" de Alex de la Iglesia, j’en passe et des meilleurs, on nage dans le déjà-vu et on entrevoit déjà la fin alors que ça vient de commencer.

    Par-contre, on a une jolie mise en abîme d’une ère super-autoritaire et connectée autant que contrôlable avec un confinement automatisé et cette histoire de "zoo humain" assez porteuse symboliquement (les spectateurs pensent voir un divertissement qui est en réalité la torture et de l’humiliation qui les menace comme punition en cas de désobéissance). C’est bien-sur aujourd’hui avec les projets de "grand-reset", de transhumanisme et de e-city avec 5G qui sont sur les starting-blocks, dans un climat débilitant d’accrochage aux smart-phones, dans l’acceptation majoritaire d’une propagande étatique grotesque que ce film apparaît à la majorité comme étant d’un extrême mauvais goût, peut-être en partie parce qu’il se rit de la naïveté des masses consuméristes et des promesses technologiques (?)

    Bref, "BigBug" nous dresse en toile de fond un "1984" bien froid et cruel qui table sur les secteurs actuellement montant des commandes vocales, objets connectés et des I.A’s, secteurs que Jeunet se permet de railler par la satyre sans réel compromis. La fin est évidemment sans surprise, vite expédiée et retire son épingle du jeu quant à révolutionner le système. Il me semble que suffisamment est dit entre les lignes pour laisser à "BigBug" sa place de léger divertissement un peu lourdingue coté intrigue mais bon, on a vu tellement pire !

    Puisque ce film est massivement descendu comme étant le pire film du réalisateur, je vais lui mettre une bonne note !



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