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Quand est-ce qu’on ferme la démocratie ? (d’après une démonstration de Barbara Stiegler)

C’est une explication très courte, mais qui vaut bien toute une conférence. Elle est éclairante et facile à reprendre.

Barbara Stiegler enseigne la philosophie à l’université de Bordeaux. Elle s’est intéressée à l’évolution du libéralisme et à ses transformations, à partir de la thèse darwinienne de la sélection des espèces pour s’adapter à l’environnement. Le grand public a commencé à la découvrir avec son ouvrage Il faut s’adapter. Sur un nouvel impératif politique, publié en 2019. Elle explique que l’économie est modélisée selon un cap, celui du progrès, d'une histoire prévue et non selon un état présent d’une situation. Raison pour laquelle le dogme épuise les capacités d’adaptations biologiques et anthropologiques.

A France Culture, le 4 janvier, où elle a fait cette explication, elle a présenté son dernier ouvrage « De la démocratie en pandémie » paru le 14 janvier 2020. Elle témoigne des cours qu’elle réorganisés en dépit des injonctions incohérentes du ministère et de son implication dans les mouvements sociaux réactualisés par les Gilets Jaunes.

 

Après visionnage, une visite de deux anciens de la cité grecque, éclairera les propos de Barbara Stiegler sur le passage de la démocratie à la dictature.

Cette transition entre la démocratie et la tyrannie est connue depuis la description de Platon avec les livres VIII et IX de la République.

Il décrit ce déterminisme politique à travers les générations : « L’homme démocratique »,(…) « il avait été élevé par un père parcimonieux, n’estimant que les désirs qui ont le gain pour objet, et se mettant peu en peine des désirs superflus », (…) « jeté dans la compagnie de gens frivoles et livrés à ces désirs superflus »,(…) « tiraillé de deux côtés opposés, avait pris un milieu, et s’était décidé à user de l’un et de l’autre système avec modération », (…) « Donne à présent à cet homme devenu vieux un fils élevé dans des habitudes semblables », (…) « qu'il lui arrive la même chose qu'à son père »,(…) « que son père et ses proches prêtent main-forte aux désirs modérés, tandis que les autres secondent de tout leur pouvoir la faction contraire », (…) « quand ces enchanteurs habiles qui possèdent le secret de faire des tyrans », (…) « feront naître en son cœur, par leurs artifices, l’amour de se mettre à la tête des désirs oisifs et prodigues ».

La démocratie est le règne de la liberté des hommes, mais ils finissent par être pris par « l’insatiable avidité » de leurs désirs Le gouverné, l’enfant, l’élève, l’esclave n’obéissent plus au gouverneur, au parent, au pédagogue, au maître. Incapables de se gouverner eux-mêmes, la liberté engendre son contraire : la servitude.

Cette servitude à ses désirs insatiables secrète une nouvelle organisation de la société où les hommes sains ne se reconnaissent plus parmi ceux avides. Une cité est composée du peuple « tous ceux qui travaillent de leurs mains, sont étrangers aux affaires », « cette classe est la plus nombreuse et la plus puissante lorsqu'elle est assemblée. » et des riches « Comme tout le monde travaille à s'enrichir, ceux qui sont naturellement les plus ordonnés deviennent, en général, les plus riches. »

 L’indigent, « le bourdon », le malfaisant « le frelon », « le fléau de la ruche » forment une nouvelle catégorie qui se développe en démocratie. Cette catégorie accède aux fonctions de la magistrature, et sous couvert de redistribuer l’argent des riches aux pauvres, se réserve sa part du butin et se livre à des jouissances auxquelles sa fonction dans la société lui ouvre accès.

*

Aristote, a prolongé avec « La Politique », les réflexions de Platon, dont il a été disciple. Cette crise épidémique de la covid, comme toute crise, est l’occasion d’une poussée de mouvements politiques latents. Je me contente ici de saisir un extrait du chapitre IX, livre 5 de son ouvrage, à la lumière de la réalité d’aujourd’hui (en mettant de côté, évidemment, les anachronismes) :

« § 2. Quant aux tyrannies, elles se maintiennent de deux manières absolument opposées. La première est bien connue, et elle est mise en usage par presque tous les tyrans. C’est à Périandre de Corinthe qu’on fait honneur de toutes ces maximes politiques dont la monarchie des Perses peut offrir aussi bon nombre d’exemples. Déjà nous avons indiqué quelques-uns des moyens que la tyrannie emploie pour conserver sa puissance, autant que cela est possible. Réprimer toute supériorité qui s’élève ; se défaire des gens de cœur ; défendre les repas communs et les associations ; interdire l’instruction et tout ce qui tient aux lumières, c’est-à-dire, prévenir tout ce qui donne ordinairement courage et confiance en soi ; empêcher les loisirs et toutes les réunions où l’on pourrait trouver des amusements communs ; tout faire pour que les sujets restent inconnus les uns aux autres, parce que les relations amènent une mutuelle confiance ;

§ 3. de plus, bien connaître les moindres déplacements des citoyens, et les forcer en quelque façon à ne jamais franchir les portes de la cité, pour toujours être au courant de ce qu’ils font, et les accoutumer par ce continuel esclavage à la bassesse et à la timidité d’âme : tels sont les moyens mis en usage chez les Perses et chez les barbares, moyens tyranniques qui tendent tous au même but. En voici d’autres : savoir tout ce qui se dit, tout ce qui se fait parmi les sujets ; avoir des espions pareils à ces femmes appelées à Syracuse les délatrices ; envoyer, comme Hiéron, des gens pour tout écouter dans les sociétés, dans les réunions, parce qu’on est moins franc quand on redoute l’espionnage, et que si l’on parle, tout se sait ;

§ 4. semer la discorde et la calomnie parmi les citoyens ; mettre aux prises les amis entre eux ; irriter le peuple contre les hautes classes, qu’on désunit entre elles. Un autre principe de la tyrannie est d’appauvrir les sujets, pour que, d’une part, sa garde ne lui coûte rien à entretenir, et que, de l’autre, occupés à gagner leur vie de chaque jour, les sujets ne trouvent pas le temps de conspirer. C’est dans cette vue qu’ont été élevés les pyramides d’Égypte, les monuments sacrés des Cypsélides, le temple de Jupiter Olympien par les Pisistratides, et les grands ouvrages de Polycrate à Samos, travaux qui n’ont qu’un seul et même objet, l’occupation constante et l’appauvrissement du peuple.

§ 6. Les vices que présente la démocratie extrême se retrouvent dans la tyrannie : licence accordée aux femmes dans l’intérieur des familles pour qu’elles trahissent leur maris ; licence aux esclaves, pour qu’ils dénoncent aussi leurs maîtres ; car le tyran n’a rien à redouter des esclaves et des femmes ; et les esclaves, pourvu qu’on les laisse vivre à leur gré, sont très partisans de la tyrannie et de la démagogie. Le peuple aussi parfois fait le monarque ; et voilà pourquoi le flatteur est en haute estime auprès de la foule comme auprès du tyran. Près du peuple, on trouve le démagogue, qui est pour lui un véritable flatteur ; près du despote, on trouve ses vils courtisans, qui ne font qu’oeuvre de flatterie perpétuelle. Aussi la tyrannie n’aime-t-elle que les méchants, précisément parce qu’elle aime la flatterie, et qu’il n’est point de cœur libre qui s’y abaisse. L’homme de bien sait aimer, mais il ne flatte pas. De plus, les méchants sont d’un utile emploi dans des projets pervers : « Un clou chasse l’autre », dit le proverbe.

§ 7. Le propre du tyran est de repousser tout ce qui porte une âme fière et libre ; car il se croit seul capable de posséder ces hautes qualités ; et l’éclat dont brilleraient auprès de lui la magnanimité et l’indépendance d’un autre, anéantirait cette supériorité de maître que la tyrannie revendique pour elle seule. Le tyran hait donc ces nobles natures, comme attentatoires à sa puissance. C’est encore l’usage du tyran d’inviter à sa table et d’admettre dans son intimité des étrangers plutôt que des nationaux ; ceux-ci sont pour lui des ennemis ; ceux-là n’ont aucun motif d’agir contre son autorité. Toutes ces manœuvres et tant d’autres du même genre, que la tyrannie emploie pour se maintenir, sont d’une profonde perversité.

§ 8. En les résumant, on peut les classer sous trois chefs principaux, qui sont le but permanent de la tyrannie : d’abord, l’abaissement moral des sujets ; car des âmes avilies ne pensent jamais à conspirer ; en second lieu, la défiance des citoyens les uns à l’égard des autres ; car la tyrannie ne lieut être renversée qu’autant que des citoyens ont assez d’union pour se concerter. Aussi, le tyran poursuit-il les hommes de bien comme les ennemis directs de sa puissance, non pas seulement parce que ces hommes-là repoussent tout despotisme comme dégradant, mais encore parce qu’ils ont foi en eux-mêmes et obtiennent la confiance des autres, et qu’ils sont incapables de se trahir entre eux ou de trahir qui que ce soit. Enfin, le troisième objet que poursuit la tyrannie, c’est l’affaiblissement et l’appauvrissement des sujets ; car on n’entreprend guères une chose impossible, ni par conséquent de détruire la tyrannie quand on n’a pas les moyens de la renverser. »

 

L’ingénierie sociale, finalement, c’est vieux comme le monde…

 

--- oO&Oo ---

Sources

* La République. Platon.

https://fr.m.wikisource.org/wiki/La_R%C3%A9publique_(trad._Cousin)/Livre_neuvi%C3%A8me

 

* La Politique. Aristote.

https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Aristote_-_La_Politique.djvu/458 (fin de page et suivantes).

 

* L’émission complète de Barbara Stiegler à France Culture le 4 janvier.

 

Tags : Politique Démocratie




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22 réactions à cet article    


  • 10 votes
    JL 15 janvier 10:40

    Excellent

     

    « J’apprends que le gouvernement estime que le peuple a ’trahi la confiance du régime’ et ’devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités’. Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? » Bertold Brecht


    • vote
      Doctorix Doctorix 18 janvier 14:33

      Platon est sublime :
      Déjà nous avons indiqué quelques-uns des moyens que la tyrannie emploie pour conserver sa puissance, autant que cela est possible. Réprimer toute supériorité qui s’élève ; se défaire des gens de cœur ; défendre les repas communs et les associations ; interdire l’instruction et tout ce qui tient aux lumières, c’est-à-dire, prévenir tout ce qui donne ordinairement courage et confiance en soi ; empêcher les loisirs et toutes les réunions où l’on pourrait trouver des amusements communs ; tout faire pour que les sujets restent inconnus les uns aux autres, parce que les relations amènent une mutuelle confiance.
      Mais n’est-ce pas ce que le couvre feu et le confinement réalisent ?
      Est-ce qu’on se rend compte que ceci a été écrit il y a 2400 ans ?
      Alors, pourquoi ne pas croire aussi en l’apocalypse de St Jean, dont tout indique qu’elle se réalise sous nos yeux, et qui a 400 ans de moins ?


    • vote
      yoananda2 18 janvier 14:48

      @Doctorix
      alors ?
      plus que 2 jours ... tu y crois encore à la victoire finale de la Trumpette ?


    • vote
      Tchakpoum 18 janvier 16:25

      @Doctorix

      L’extrait que vous avez relevé est d’Aristote. Sinon, oui, Platon et Aristote se sont bien connus et ont vécu un intense échange intellectuel.


    • 2 votes
      yoananda2 20 janvier 18:07

      @Doctorix
      bon bé voila, zombiden vient de prêter serment, il est officiellement le chef des armées, toussa toussa.
      Alors ?
      Toujours convaincu que Trump va renverser la table au dernier moment et que Q c’est du réel vrai de vrai, combat du bien contre le mal, toussa toussa ?


    • vote
      Gollum Gollum 20 janvier 18:45

      @yoananda2

      J’arrête pas de me foutre de sa gueule sur Avox rouge. Ici : 


      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-etats-unis-se-preparent-a-l-230320

      Ça faisait trois mois que je patientais afin de lui lâcher le Kraken aux fesses.. smiley

      Aaahhhh.... ça fait du bien.. smiley Je jouis. smiley


    • 1 vote
      yoananda2 20 janvier 20:45

      @Gollum
      l’investiture de zombiden (catholique hein, faut-l-savoir) ne me réjouis absolument pas, mais au moins, maintenant, on est fixé sur Q, c’était un honney-pot, visant à débusquer les Trumpistes et les anti-progressistes extrémistes.
      En fait la narrative QAnon n’est pas totalement fausse dans le sens ou le camp du bien, l’autre camp du bien (celui de Joe le Bidet), à fini par gagner et faire venir au grand jour leurs opposants, ceux du camp du mal donc, donc Doctorix fait partie pour les progressistes.
      C’est ça le pire, c’est que leurs narratives sont interchangeables. Pour les patriotes le mal c’est le mondialisme, et vice versa.
      Les 2 étant figés dans une mentalité eschatologique chrétienne en plus ... ironie du sort.


    • vote
      Gollum Gollum 21 janvier 09:43

      @yoananda2

      l’investiture de zombiden (catholique hein, faut-l-savoir) ne me réjouis absolument pas

      Ben moi non plus.. Mais l’avantage de l’éviction de Trump c’est que la clique doctor maboul et sa clique feront moins les malins avec leur mentalité apocalyptique chrétienne...

      Sinon le plus important c’est que les US sont en déclin, Trump n’était qu’un symptôme et ce déclin va continuer... On peut même dire que Trump y aura mis un coup d’accélérateur..


    • vote
      Tchakpoum 21 janvier 10:11

      @Gollum

      Oui, ok. Mais ce ne sont pas les petites agitations d’un pseudonyme sur un site web d’audience confidentielle qui va interférer sur la politique zunienne et la géopolitique générale.

      Si le déclin va continuer, peut-être... Mais pour l’instant, les démocrates n’ont plus d’ennemis, hormis faire un consciencieux nettoyage des patriotes sortis du bois grâce à Trump. Et maintenant, l’Otanie n’a plus d’ennemis non plus pour enfin verrouiller cette politique globale pour laquelle les gouvernements nationaux ont intérêt et vigilance à ce qu’aucune tête ne dépasse.


    • 1 vote
      Étirév 15 janvier 11:07

      De l’ordre naturel dans l’antiquité au désordre moderne.
      Dans la jeunesse de l’humanité, et notamment dans l’Inde du temps du Véda, régne une organisation l’ordre social.
      La pierre fondamentale de l’ordre social dans l’Inde, c’est la division en castes.
      La première origine des castes se trouve dans la primitive religion naturelle. Religion signifie relier, pour se relier, il faut observer les rapports mutuels des êtres différents : masculin et féminin ; violer cette loi en nivelant les sexes que la nature a faits dissemblables, c’est créer le désordre.
      Primitivement, au-dessus des divisions masculines se trouvait le sexe féminin, sexe spirituel, sexe à part. C’est pour cela que l’on disait : les dêvas et les hommes, ce qui plus tard est devenu les dieux et les hommes.
      Rappelons que l’Egypte fut longtemps gouvernée par des Prêtresses que l’histoire appelle des Pharaons. Les Pharaons sont des magistrats sacerdotaux, toujours représentés en costumes de femmes.
      Dans le règne primitif, toutes les grandes dignités de l’Etat, les fonctions de juge, de médecin, étaient exclusivement réservées à la caste sacerdotale. Les hommes ne pouvaient pas y prétendre, ils étaient soumis au pouvoir des femmes appelées « des sages » (Soffet), qui leur faisaient faire un service régulier, un travail dont l’organisation avait été savamment établie.
      Cette division si naturelle de l’humanité suivant les facultés de chacun avait donné tant de force à la primitive organisation sociale, qu’elle fut la base réelle du bonheur de tous, résumé dans ce beau titre : « l’âge d’or », et de la grande civilisation qui dura si longtemps et qui fut le fonds dans lequel toutes les nations ont puisé.
      C’est la prétention à l’égalité qui germe dans le Cœur des envieux, des niveleurs, qui causa tous les désordres dont l’humanité eut à souffrir dans les temps d’erreurs et de despotisme jusqu’à aujourd’hui.
      « Le système des castes dura sans s’altérer pendant l’immense période de 50 siècles », dit Marius Fontane.
      La première caste était celle des Dêvas. Toute femme y participait, parce qu’elle représentait le privilège de la nature féminine, et non des facultés spéciales. Cependant, au sommet de la caste divine étaient les grandes Déesses, puis les Prêtresses qui dirigeaient la vie morale, qui instruisaient les enfants, qui étaient les éducatrices, celles qui dirigent et éclairent la vie humaine.
      C’est après cette séparation des sexes que les hommes sont divisés en trois catégories, qui représentent les degrés de l’initiation dans les anciens Mystères.
      Première caste : les Kshatriyas (ou Kshatras). C’est la première caste masculine : les chevaliers qui protègent les Dêvas. C’est la force qui soutient l’esprit en le faisant respecter.
      Deuxième caste : les Vaiçyas (marchands, cultivateurs). Cette caste comprend les hommes dont les facultés mentales ne sont pas très développées, ceux qui ne lisent pas le Véda, mais donnent leur vie au trafic, laissant à d’autres les préoccupations de la vie intellectuelle.
      Troisième caste : celle des Coudras, qui sont des travailleurs qui font un travail manuel sans y employer d’intelligence ; ce sont des inférieurs qui ne peuvent qu’obéir et servir les autres, parce que les facultés supérieures de l’esprit leur manquent.
      Cette division sociale représente une loi réellement divine, c’est-à-dire érigée suivant la connaissance de la nature humaine.
      C’est la science absolue, qui engendre la justice intégrale.
      En dehors de toutes les castes se trouvent les Parias, les rejetés, ceux qui, doués d’une mauvaise nature, se sont révoltés contre la Vérité, contre la justice, contre la Loi morale. Ce sont les avilis, ceux qui ont perdu le sens moral, ce sont les décastés de toute catégorie.
      Ce sont eux qui règnent aujourd’hui.
      BLOG


      • 2 votes
        Hijack ... Hijack ... 15 janvier 17:59

        Barbara Stiegler, dans le court extrait (1ère vidéo) dit tout. En quelques synthétise la situation dans laquelle nous nageons tous.

        Surpris que la journaliste qui s’entretient avec elle, dès qu’elle a terminé la présentation, porte "le masque".

        Donc oui, la démocratie (qui n’a jamais été réelle), ou même son semblant, n’ont plus lieu d’être.

        D’ailleurs, aussi bien démocratie, que "liberté d’expression", à force d’abus de leur contraire, se sont mutuellement ratatinés. 


        • 2 votes
          Hijack ... Hijack ... 15 janvier 18:01

          ... En quelques mots, synthétise la situation dans laquelle nous nageons tous.

           


        • 2 votes
          Tchakpoum 15 janvier 22:25

          @Hijack ...

          Pour précision, j’avais mis juste l’adresse en annexe pour la deuxième vidéo et désactivé le lien Web. Mais ce n’est pas moi qui édite les articles. Elle intéresse plutôt des personnes qui connaissent déjà un peu Barbara Stiegler.

          comme vous l’avez remarqué, l’article portait sur l’extrait mis en lien sur Twitter.

          Sa pensée, ou sa problématique actuelle, avait été rassemblée durant l’émission de février 2019, toujours sur France Culture. En plus, ce n’est pas trop long.

          https://www.youtube.com/watch?v=NeBWN9rMKMs&feature=emb_title

          Elle est aussi passée à Thinkerview, où elle disposé de plus de temps pour détailler et articuler son analyse, notamment nous faire découvrir comment se chevauchent les différentes approches du libéralisme.


        • 3 votes
          Hijack ... Hijack ... 16 janvier 12:00

          @Tchakpoum

          Merci.Toujours intéressant d’entendre une vraie philosophe ... ça nous change.


        • 1 vote
          berber 15 janvier 18:01

          « Il faut s’adapter. Sur un nouvel impératif politique, publié en 2019. Elle explique que l’économie est modélisée selon un cap, celui du progrès, d’une histoire prévue et non selon un état présent d’une situation »……du progres… je rêve ????

           

          …… « Je crois qu’il faudrait essayer de provoquer un langage de vérité. Je crois que la démocratie, c’est la vérité »(M. F. Garaud) or ,comment nos politicards pourraient ils avoir un langage de vérité alors qu’ils sont corrompus (financièrement ou intellectuellement peu importe !)par des ploutocrates et autres banksters qui ont réussi à imposer leurs propres normes qui leur permettent de prendre toujours plus l’ascendant sur les peuples et les Etats (Un peuple trop fort constituerait une menace pour la gouvernance mondiale) . Ils imposent un système où les peuples se voient retirer le pouvoir de changer de politique

          …dans « La matière noire de la démocratie, Luc Rouban » apporte une réponse  circonstanciée « renvoyer cette révolte, de nature insurrectionnelle, au populisme, c’est céder à la facilité intellectuelle, ou faire œuvre de tactique électoraliste, sans chercher à comprendre ce qui se joue et qui peut se résumer à la question suivante : comment réintégrer les catégories populaires dans le débat démocratique ? »… « Quant à la critique des élites, elle est naturelle et saine dans une démocratie qui s’interroge sur ses dirigeants et sur les moyens de les sélectionner. Le «  populisme » est devenu l’argument attrape-tout pour désigner toute contestation de l’ordre capitalistique. Ce qui revient à dire que l’affrontement du «  progressisme » et du « populisme » se résume dans l’opposition entre ceux qui profitent de ce système et ceux qui le subissent »

          Pour Luc Rouban : macronisme et les gilets jaunes….. « ce sont les deux faces de la même médaille, celle d’une instrumentalisation de la démocratie représentative. La doctrine macroniste, qui reste une forme atténuée dans le temps du néolibéralisme, conduit à faire œuvre de pédagogie pour expliquer pourquoi et comment la France doit s’adapter enfin à l’ordre du capitalisme mondialisé. »

           

          « Put.. » de mondialisation…. en vérité c’est un hold-up « légal » programmé depuis plus de 40 ans pour asservir et trucider les peuples

           


          • 3 votes
            Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 16 janvier 12:21

            Une cure d’intelligence avec Barbara Stiegler est toujours bienvenue. 


            • vote
              sylvain66 16 janvier 17:30

              Le propre du tyran est de repousser tout ce qui porte une âme fière et libre

              licence aux esclaves, pour qu’ils dénoncent aussi leurs maîtres

               ; car le tyran n’a rien à redouter des esclaves et des femmes 

              selon ce premier extrait, celui qui possède des esclaves est un tyran. Selon l’autre, celui qui donne licence aux femmes et aux esclaves est un tyran . Moralité, pour devenir le tyran des tyrans, appuies toi sur leurs victimes

              .
              C’est d’une logique désespérante


              • vote
                howwakhan howwakhan 16 janvier 17:31

                Salut,

                soyons clair nous sommes prisonniers des mots, hypnotisés par eux même , auto hypnotisés.

                La seule vérité dans ce monde où quasiment tout est mensonge, histoire, science, archéologie enfin etc est que précisément nous avons la démocratie et les masses, les peuples ont exactement ce que ils veulent en priorité, leurs choix majeurs qui sont : tout pour ma gueule, chacun sa merde, plus pour moi, et qui jouent à la compétition entre tous qui élimine, à la société verticale financière qui écrase, ceci étant guerres, crimes, vols, destructions, tortures là aussi etc..refusant absolument de coopérer, de partager, l’équité volontaire quand à la survie physique collective bien sur sous divers prétextes tous bidons qui n’ont d’autres preuves valable que le fait de le dire après avoir commis ces crimes bien sur..une sorte d’ auto pardon,le truand est à la fois le truand bien sur et aussi le juge..et le vrai drame profond est que c’est la masse, ce sont les peuples eux mêmes qui ont créé ce désastre par les choix de quasiment tous cités plus haut

                On arrive à la fin du monopoly qui produit exactement ce qu’il doit...prévisible il y a des millénaires...et les joueurs qui étaient 99% au départ , sont aujourd’hui genre 95% de perdants, et les perdants qui pensaient gagner ont perdu alors ils pleurent sur leur sort, moi qui croyais que d’autres étaient les spécialistes de la pleurniche .

                Nous sommes aux antipode de la compréhension de ce qui se passe et je ne comprends même pas la timidité des truands, enfin si eux sont comme nous et ils ont peur des mêmes choses, mort, de demain etc

                Tout ceci est en surface des choses....et n’est généralement pas perçu même par un tas de lanceurs d’alertes de bonne foi ..


                • 4 votes
                  Octave Lebel 16 janvier 18:48

                  Barbara Stiegler est une professeure d’université exigeante. En interview, elle ne fait pas de compromis avec la rigueur du raisonnement et de l’analyse pour exposer la complexité de sa pensée qui s’applique à des réalités complexes. Pas de démagogie.

                  https://www.thinkerview.com/barbara-stiegler-sadapter-a-une-societe-malade

                  Elle ne se réfugie pas non plus dans des explications surplombantes et générales en évoquant ce qui est difficile et problématique tout en se protégeant de désigner les responsables et les responsabilités en amputant ou adoucissant une partie de la réalité au nom d’une neutralité qui serait scientifique comme on le voit assez souvent de la part des universitaires s’exprimant dans les médias.

                  Je pense qu’elle tient pleinement son rôle d’universitaire par cette attitude vis-à-vis de la formation des étudiants et de la société. Elle n’oublie pas de rappeler que l’université est en danger. Ce danger est vital pour le pays. Certains redoutent des esprits bien formés en nombre, poussés jusqu’au bout de leurs capacités, autonomes et curieux au-delà des champs d’utilités qu’ils désignent et valident.

                   


                  • 2 votes
                    Mollydoll$ 18 janvier 03:27

                    Je vous invite aussi à lire Yves Cohen prof d’histoire à EHESS ... nous sommes entré dans la mutation à l’échelon planétaire. Le système s’écroule (finalement très ressemblant d’un bout à l’autre de la terre, seule la forme change)... Il livre une analyse concrète de l’opposition à l’autorité et des processus d’émancipation... je pense que Mme Stiegler est clairvoyante, mais rien ne dit que dans dix ou quinze ans, nous n’aurons pas changé de modèle. Il y a des pistes avec Trump qui s’est fait jeter par Tweeter par exemple. Comment passe t on du personnage charismatique (en théorie) au statut de petit internaute ? Le must, bcp de politiciens sont contre, un d’entre eux évoquait même "une loi régalienne" pour le sanctionner. Or, Tweeter est une "grande entreprise privée" et paradoxalement, la politique ne régule jamais les entreprises, au contraire la politique leur cède toujours plus de pouvoir depuis près de 40 ans contre des petits cadeaux (cf Chirac de mémoire : les Etats sont dépassés par le marché qui se régule tout seul). Les GAFAM pourraient parfaitement grossir leur pouvoir et se passer des politiciens et des médias... Il y a 5 ans, Google prévoyait d’ouvrir une banque en ligne, c’est déjà la plus grande bibliothèque numérique. La question à poser c’est quel est l’avenir de la politique et de sa représentation. 


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                      Tchakpoum 18 janvier 08:26

                      @Mollydoll$

                      Dans votre lien très intéressant, Yves Cohen appuie notamment sa réflexion sur « Les lois de l’imitation « de Gabriel Tarde.

                      J’ai lu une déclaration de Roselyne Bachelot en conférence de presse : « « Cette fermeture des lieux culturels n’est pas propre à la France, a souligné Roselyne Bachelot. Quasiment tous les pays autour de nous, soumis à la même pression épidémique, ont pris la même décision. En Allemagne, les théâtres, les cinémas sont fermés depuis le 2 novembre dernier, les musées depuis le 15 décembre. Tous les établissements culturels sont fermés en Autriche, en Grèce, en Hongrie, au Pays-Bas, en Pologne, en Lituanie, en Suisse, et la liste n’est pas exhaustive. ».

                      Cette épidémie indique assez l’enfermement des exécutifs de l’Otanie dans la loi de l’imitation sur les actions entreprises contre le virus et la contamination.

                      Depuis la révolution industrielle, la réplication des objets est devenue notre mode d’activité économique qui a envahi notre système de pensée et d’action.

                      D’après Wikipedia, Gabriel Tarde compare l’imitation, qui est du domaine de la croyance, ou de l’adhésion aux représentations d’une société pour y participer et l’invention qui est l’expression du désir réinvestissant les croyances pour élaborer un nouveau modèle de pensée et comportement. La croyance et le désir se nourrissent et se renouvèlent.

                      Je n’ai jamais adhéré à la fabrication sémantique du complotisme, qui se justifie par rapport à une V.O., une autorité qui a eu raison de telle explication d’un évènement ou de telle action, car elle a eu les informations avant vous qui devez encore les comprendre. Le complotisme est le rejet d’une croyance au nom de la légitimité de l’autorité. C’est la loi de l’imitation qui s’impose sur celle de la confrontation des affirmations. Tarde a ajouté une troisième composante : l’opposition, qui permet de passer de l’imitation au désir et nourrit le cycle. L’opposition est la composante qui est en train de s’éteindre dans l’otanie.

                      En France comme ailleurs, l’ennemi de la V.O. (de Macron et de la macronie), c’est le réfractaire (en tout cas devenu ainsi à cause de la loi de l’imitation). La France fait partie des pays les plus rétifs au monde au vaccin (sondage Ipsos octobre 2020). Les mauvaises nouvelles s’accumulent avec celui ARNm, tant en résultats (GB et Israël pour l’instant, mortalité due au vaccin dénoncée en Norvège) qu’en conditions d’élaboration et de distribution (fuites sur les échanges entre Pfizer et l’Agence Européenne des Médicaments), nous verrons sans doute durant l’année si la loi de l’imitation au saint vaccin écrase tout ou si l’appui de faits à l’opposition ouvre vers l’invention (en partie) d’une prophylaxie contre l’épidémie.


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                      tonimarus45 18 janvier 10:33

                      bonjour—Tout a fait on glisse petit a petit vers une democratie de plus en plus repressive, dictatoriale "light", oserais je dire.En effet de plus a plus de mesures sont prises par ordonnances ,decrets qui sont le degre zero de la democratie et cela sous pretexte """d’urgence sanitaire"" prevue parait t’il pour etre prolongee jusqu’a veille de la presidentielle(fin 2021) ce qui empechera aux eventuels opposants de faire vraiement campagne ???et ce pendant que les elus de la macronie ont semble t’il "requisitionnes" tous les plateaux des chaines en continue( et pas qu’eux) ou ils s’expriment jusqu’a "ad noseum") (si vous en manquez un un jour on vous le ressert les trois ou quatre jours qui suivent).Quand au droit d’expression les dernieres ordonnances l’ont rabote serieusement et par exemple l’on a musele les proffesseurs et medecins recalcitrans en modifiant le code de deontologie dont l’ordre des medecins ce sert pour sanctionner les "raoults",les "perrone" les "joyeux", ect bref tous ceux qui refusent de dire la bonne parole "macronienne".Et voici dans un avenir plus ou moins proche ce qui nous pend au nez"""""""""

                      Sans rejeter la possibilité de l’instauration des passeports vaccinaux dans les États membres de l’Union européenne, Charles Michel a déclaré sur la chaîne publique néerlandaise NPO qu’il était encore « trop tôt » pour mettre en place cette mesure.

                      Suite à l’idée d’instaurer un passeport vaccinal pour les voyages en Europe exprimée en début de semaine dernière par le Premier ministre grec, cette possibilité n’a pas été exclue par Charles Michel, chef du Conseil européen, lors d’une interview sur NPO Buitenhof le 17 janvier."""""""" Un sesame qui vous permettra si vous etes vaccine ou non d’acceder a tel ou tel lieux.Ou comment rendre la vaccination obligatoire.Comme dit le tartuffe hypocrite "trop tot" oui simplement parce que l’on a pas assez de vaccins disponibles."""""Les konnnns ça ose tout ;c’est d’aileurs a cela qu’on les reconnait"""""



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