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Vladimir Poutine ridiculise un journaliste de Fox News : « Cessez de mentir et de faire peur aux gens ! »

Transcription complète de l'interview du Président russe Vladimir Poutine par la chaine Fox News, le 17 juillet 2018.

Source : http://kremlin.ru/events/president/news/58019

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

 

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Vladimir Poutine a répondu aux questions de Chris Wallace, animateur de Fox News Sunday, dans une interview enregistrée à Helsinki, en Finlande, le 16 juillet.

 

 

Transcription :

Chris Wallace : Président Poutine, merci de nous recevoir.

Je vais aborder quelques détails relatifs au sommet d'Helsinki dans un instant, mais commençons par une vue d'ensemble. Le Président Trump a déclaré lors de sa conférence de presse que notre relation n'a jamais été pire, mais que cela a changé il y a quelques heures. Comment la relation d'ensemble entre les États-Unis et la Russie a-t-elle changé aujourd'hui ?

Vladimir Poutine : Vous savez, en premier lieu, nous devrions être reconnaissants envers nos assistants, envers nos équipes qui ont été en interaction non seulement pour préparer cette réunion, mais pendant des mois avant cela.

Je parle du travail de nos agences dans les domaines d'intérêt particulier pour les États-Unis et la Russie, principalement le contre-terrorisme.

Le Président Trump et moi-même avons souligné aujourd'hui que le terrorisme est une menace plus importante qu'elle ne semble l'être à première vue. Si le pire devait advenir, Dieu nous en préserve, et que des terroristes mettaient la main sur des armes de destruction massive, les conséquences seraient terribles.

Nos forces armées et nos services spéciaux établissent des relations dans ce domaine d'une importance cruciale pour nos pays. Un bon exemple est notre coopération en Syrie, même si nous ne sommes pas entièrement d'accord sur l'objectif global et les moyens de l'atteindre.

Cependant, nous maintenons la coopération entre nos forces armées et nos services spéciaux. Leur travail concerne la lutte contre le terrorisme au sens large du terme.

Ensuite, le nouveau traité START expirera en 2021. Que devrions-nous faire à ce sujet ? J'ai assuré le Président Trump que la Russie est prête à étendre ce traité, mais nous devons absolument discuter des détails.

Nous avons des questions à poser à nos partenaires américains. Nous estimons que les États-Unis ne respectent pas pleinement ce traité, mais cela devrait être discuté au niveau des experts. Nous avons également parlé du programme nucléaire iranien.

Nous avons parlé de ce que nous pouvons faire pour améliorer la situation en Corée du Nord. Je l'ai déjà dit, mais je le répète, je crois que le Président Trump a beaucoup œuvré pour favoriser le règlement de ce conflit.

Cependant, nous aurons besoin de garanties internationales pour parvenir à la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne. La Russie est prête à y contribuer dans la mesure où cela sera nécessaire.

Par conséquent, on peut dire que nous pouvons nous entendre sur ces questions et sur plusieurs autres qui nous préoccupent. Cela nous permet de dire que beaucoup de choses ont changé pour le mieux pendant notre réunion d'aujourd'hui.

Chris Wallace : Mais considérez-vous le sommet comme un tournant, comme la fin des efforts déployés par l'Occident ces dernières années pour isoler la Russie ?

Vladimir Poutine : Et vous pouvez voir que ces efforts n'ont pas abouti, et ils n'auraient pas pu aboutir, compte tenu de la taille et de l'importance de la Russie dans le monde, y compris dans le domaine de la sécurité mondiale et de l'économie, du moins la composante énergétique de l'économie mondiale.

Je pense que notre compréhension des choses qui nous unissent et des choses sur lesquelles nous devons travailler ensemble nous incite à admettre que nous devons cesser de nous battre les uns contre les autres, et, à la place, unir nos forces pour traiter des problèmes communs et lutter contre nos préoccupations mutuelles, afin de surmonter ces préoccupations. Par conséquent, je considère que c'est un début. C'est un début. Je crois que nous avons donné une bonne impulsion à cela aujourd'hui.

Chris Wallace : Monsieur le Président, comme vous le savez, l'un des problèmes qui entravent la possibilité de davantage de progrès est l'ingérence de la Russie dans les élections américaines. Vous avez dit à maintes reprises, et vous l'avez répété aujourd'hui, que ce n'était pas l'action de l'État russe, et que s'il s'était produit quoi que ce soit de tel, c'était le fait de patriotes russes agissant à titre individuel. J'ai ici l'acte d'accusation qui a été présenté vendredi par le conseiller spécial Robert Mueller qui affirme que 12 membres du renseignement militaire russe, le GRU, et ils parlent spécifiquement des unités 26165 et 74455, ils disent – vous souriez, mais laissez-moi finir –, ils disent que ces unités étaient spécifiquement impliquées dans le piratage des ordinateurs du Parti démocrate, et qu'elles ont volé des informations et les ont propagées dans le monde entier pour tenter de perturber les élections américaines. Puis-je vous donner ce document pour que vous le lisiez, monsieur ?

Vladimir Poutine : Laissez-moi commencer ma réponse à votre question sous un angle différent. Ecoutez, tout le monde parle de l'interférence présumée de la Russie dans votre campagne électorale. Je l'ai dit en 2016, mais je voudrais le répéter aujourd'hui, et j'aimerais que le public américain entende ma réponse.

Premièrement, la Russie en tant qu'État n'a jamais interféré dans les affaires intérieures des États-Unis, et à plus forte raison dans les élections.

Chris Wallace : Mais monsieur, voici l'acte d'accusation, j'ai ici douze noms. Il parle d'unités spécifiques du GRU, le renseignement militaire russe. Le GRU ne fait-il pas partie de l'État russe ?

Vladimir Poutine : Je vais répondre à votre question, soyez patient et vous aurez une réponse complète. En ce qui concerne l'ingérence dans les affaires intérieures des États-Unis. Pensez-vous vraiment qu'il était possible d'influencer les élections américaines depuis la Russie, d'influencer le choix de millions d'Américains ? C'est ridicule.

Chris Wallace : Je ne vous demande pas s'ils ont influencé ces élections, je vous demande s'ils ont essayé de le faire.

Vladimir Poutine  : Je vais vous répondre maintenant. Si vous daignez m'écouter, vous entendrez ma réponse. C'était le premier point.

Deuxièmement, j'ai dit cela en 2016, et je veux le répéter à nouveau maintenant. Quel était le problème ? Il s'agissait du piratage du courrier électronique d'un candidat démocrate. Cette attaque a-t-elle impliqué une manipulation des faits ? C'est très important. Je veux que les Américains l'entendent. Quelqu'un a-t-il manipulé les faits ou planté de fausses informations ? Non.

Les hackers impliqués – ne vous inquiétez pas, je vais revenir à votre question – ont eu accès aux courriels de ce candidat et ont été informés des manipulations au sein du Parti démocrate en faveur de l'un des candidats. C'est tout.

Autant que je me souvienne, les dirigeants des organes exécutifs du parti ont démissionné. Cela signifie qu'ils ont admis ce fait. Je crois que c'est le point crucial. Vous devez cesser de manipuler l'opinion publique et présenter des excuses aux électeurs pour ce qui a été fait, plutôt que de continuer à chercher ceux qui auraient prétendument révélé cela.

Maintenant, revenons à ces problèmes. J'ai dit lors de la conférence de presse, et je peux le répéter maintenant. Monsieur Mueller...

Chris Wallace : Vous indiquez en quelque sorte qu'ils ont volé de l'argent réel, et pas de la fausse monnaie. Donc, dites-vous que c'est une action légitime ? Le fait qu'ils se soient introduits dans les serveurs du Comité National Démocrate (DNC), dans l'e-mail de John Podesta, vous dites que puisque c'était son véritable e-mail, ils avaient parfaitement le droit de le pirater, de diffuser ces informations et d'interférer avec l'élection ?

Vladimir Poutine : Écoutez-moi. Il n'y a rien de faux dans les informations à ma disposition. Tout ce qu'ils disent est vrai, et la direction du Parti démocrate l'a admis. C'est la première chose.

Deuxièmement, si vous n'aimez pas ma réponse, dites-le, et je n'en dirai pas plus. Mais si vous voulez que le public américain connaisse mon opinion, alors veuillez patientez.

En ce qui concerne les accusations spécifiques, M. Mueller a émis des accusations contre une société russe, une petite entreprise travaillant principalement dans le secteur de la restauration. J'en ai déjà parlé.

Cette société a engagé des avocats américains pour protéger son nom devant un tribunal américain. Ce tribunal n'a jusqu'à ce jour trouvé aucune trace d'ingérence de cette société.

Le saviez-vous, oui ou non ? Laissez donc les millions d'Américains le savoir aussi. Maintenant, en ce qui concerne les citoyens [russes] mentionnés ici. Nous avons un traité d'entraide judiciaire en matière pénale, un traité valide qui a été signé en 1999. Il a été appliqué assez efficacement. J'ai cité un exemple de son application efficace. Pourquoi M. Mueller et ses collègues ne pourraient-ils pas...

Chris Wallace : Je ne veux pas vous interrompre ou être irrespectueux...

Vladimir Poutine : Mais c'est exactement ce que vous faites.

Pourquoi M. Mueller n'adresserait-il pas une demande officielle à la Russie dans le cadre de ce traité ? En vertu de ce traité, des enquêteurs russes pourraient interroger tous les individus que nos collègues américains soupçonnent de quelque chose. Je l'ai déjà dit. Pourquoi rien de cela n'a-t-il été fait jusqu'à ce jour ? C'est surprenant. Personne ne nous a envoyé de demande officielle...

Chris Wallace : Mais l'acte d'accusation vient juste d'être émis. Laissez-moi seulement dire un mot. Je ne veux pas vous interrompre mais je veux vous poser une question et passer à d'autres sujets. Pourquoi pensez-vous que Robert Mueller a publié cet acte d'accusation trois jours avant que vous rencontriez le Président Trump à ce sommet ?

Vladimir Poutine : Cela ne me regarde pas. Ce sont vos jeux politiques internes. Ne maintenez pas les relations russo-américaines otages de vos luttes politiques.

À ce propos, il est évident pour moi que cette affaire a été utilisée pour des luttes politiques internes, et il n'y a pas là de quoi se vanter pour la démocratie américaine. Recourir à des organismes d'application de la loi pour des conflits politiques est inadmissible.

J'ai dit ce que je pense de ce point. S'il vous plaît, envoyez-nous une demande officielle...

Chris Wallace  : Pensez-vous que M. Mueller essaie de saboter la relation (entre les Etats-Unis et la Russie) ?

Vladimir Poutine : Je ne veux pas évaluer son travail. Ce n'est pas à moi de le faire. Laissez le Congrès qui l'a nommé faire cela. Soit dit en passant, le tribunal n'est pas sûr que M. Mueller ait été nommé Conseiller spécial en pleine conformité avec la législation américaine.

Selon le tribunal, il a été nommé à son poste actuel en violation de la loi. Mais ce n'est pas mon problème. Réglez-le vous-même. En ce qui concerne les soupçons et les accusations, une procédure est stipulée...

Chris Wallace : En fait, ...

Vladimir Poutine : ... dans le traité que je viens d'évoquer, et vous pouvez nous envoyer des requêtes officielles dans ce cadre.

Chris Wallace : Puis-je poursuivre, monsieur ?

Vladimir Poutine : Bien sûr.

Chris Wallace  : J'ai suivi la conférence de presse aujourd'hui. Elle m'a semblé curieuse parce que le Président Trump a passé plus de temps à critiquer les Démocrates et à poser des questions sur le serveur démocrate (piraté) qu'à critiquer la Russie et à poser des questions sur le GRU. Il existe de nombreuses théories aux États-Unis sur les raisons pour lesquelles le Président Trump est si réticent à vous critiquer, et j'aimerais vous poser quelques questions à ce sujet. L'une est que vous avez des éléments (compromettants) sur lui, du Kompromat. L'autre est qu'en tant que politicien habile et ancien officier du KGB, vous savez comment le manipuler, vous utilisez des expressions comme « fausses informations » et « Etat profond ». Et ma question est : trouvez-vous qu'il est facile de traiter avec le Président Trump ?

Vladimir Poutine : D'abord, sur la raison pour laquelle nous avons parlé comme des gens civilisés devraient le faire. Pourquoi cela serait-il surprenant ? Devions-nous nous rencontrer, nous déplacer jusqu'à Helsinki, M. Trump à travers l'océan et moi depuis Moscou, pour s'insulter et se jeter de la boue ? Ce n'est pas ainsi que les choses se passent dans la pratique diplomatique mondiale.

Nul besoin de se rencontrer si on veut seulement se quereller et empirer les relations. Nous nous sommes rencontrés pour trouver des moyens d'améliorer nos relations, pas pour les détruire complètement. C'est la première partie de ma réponse.

La deuxième partie concerne les éléments compromettants au sujet desquels vous m'avez questionné. Non, nous n'avons aucun matériel compromettant et ne pouvons pas en avoir. Je ne veux pas que le Président Trump en soit offensé, et je ne veux pas paraître impoli, mais nous n'avions aucun intérêt pour lui avant qu'il annonce sa décision de se présenter à la présidence.

C'est un homme riche, mais il y a beaucoup de gens riches aux États-Unis. Il était dans le secteur de la construction et organisait des concours de beauté. Personne n'a jamais pensé qu'il serait élu Président. Il n'avait jamais indiqué qu'il avait des ambitions politiques. Donc l'idée des éléments compromettants est absurde.

Comme vous le savez, j'ai déclaré lors de la conférence de presse que 550 dirigeants d'entreprises américains ont visité Saint-Pétersbourg [pour le Forum économique international], et que chacun d'entre eux est plus important que M. Trump l'était (avant d'être Président). Pensez-vous que nous faisons pression sur chacun d'eux, que nos services secrets les observent, les espionnent et enregistrent leurs conversations ?

Premièrement, nous ne faisons pas de telles choses, contrairement aux Etats-Unis. Ne jugez pas les autres d'après vous. Deuxièmement, nous n'avons pas les fonds, les ressources ou le personnel pour espionner tout le monde. Ce n'est tout simplement pas dans nos plans. C'est tout simplement impossible, et nous n'avons certainement rien fait de tel à l'égard de M. Trump.

Chris Wallace : J'aimerais vous poser quelques questions précises sur l'OTAN. Si l'OTAN décidait d'intégrer l'Ukraine ou la Géorgie, comment réagiriez-vous ?

Vladimir Poutine : La situation à l'OTAN est la suivante. Je connais le mécanisme de prise de décision en vigueur dans le bloc. Bien sûr, ses décisions sont prises par consensus, mais avant qu'elles soient prises, des membres individuels de l'OTAN peuvent être contactés sur une base bilatérale, comme cela a été le cas pour la Pologne et la Roumanie, qui hébergent maintenant des éléments du système stratégique de défense antimissile américain.

Cela constitue une menace directe pour notre sécurité nationale. Par conséquent, le fait que l'infrastructure de l'OTAN se rapproche de nos frontières constitue une menace, et notre réaction sera extrêmement négative.

Chris Wallace : Deuxièmement, il y aura deux exercices majeurs de l'OTAN plus tard cette année : Anaconda et Trident Juncture. Est-ce que vous et le Président Trump avez discuté de cela, et a-t-il donné une indication similaire à celle qu'il a donnée au Président Kim de Corée du Nord, quand il a accepté d'arrêter de participer aux jeux de guerre ? A-t-il indiqué que les États-Unis ne participeraient peut-être pas à ces deux exercices de l'OTAN ?

Vladimir Poutine : Non, nous n'en avons pas discuté, même si c'est un sujet de préoccupation pour nous. L'infrastructure de l'OTAN est en expansion et le nombre de militaires de l'OTAN dans les régions où elle ne devrait pas être présente a augmenté de 10 000 personnes.

En vertu de l'Acte fondateur sur les relations entre la Russie et l'OTAN, il ne doit y avoir aucun militaire là-bas. C'est certainement un facteur déstabilisant. Nous devons en tenir compte dans nos relations. Mais le Président Trump et moi n'en avons pas parlé aujourd'hui.

Chris Wallace : Je voudrais vous questionner sur l'implication de la Russie en Syrie. Selon des observateurs indépendants, depuis le début de la guerre civile en 2011, plus d'un demi-million de personnes ont été tuées et la Russie a bombardé des civils à Alep et dans la Ghouta. Vous n'avez pas de scrupules à tuer des innocents ?

Vladimir Poutine : Une guerre est en cours et c'est la chose la plus horrible qui puisse arriver à l'humanité. Bien sûr, les victimes sont inévitables. Et les gens demandent toujours, qui est responsable ? J'estime pour ma part que ce sont les groupes terroristes qui ont déstabilisé le pays qui sont responsables. Je veux dire Daech, le Front al-Nosra, et autres. Ce sont les vrais coupables.

C'est exactement ce que répondent les militaires américains lorsqu'ils attaquent des installations civiles en Afghanistan, en Irak ou dans un autre pays. Dans l'ensemble, bien que cela puisse sembler discutable à certains, c'est vrai.

En ce qui concerne la Syrie, les avions américains ont mené des frappes très importantes dans la ville de Raqqa. Plus tôt aujourd'hui, le Président [Trump] et moi avons parlé de la nécessité de déployer des efforts pour les opérations humanitaires. Je pense que nous avons réussi à avancer dans cette direction. J'attends avec impatience la mise en œuvre des plans dont nous avons discuté aujourd'hui.
Chris Wallace : Mais la commission de l'ONU qui enquête sur la Syrie dit, et je cite leur mots, qu'il y a eu un ciblage délibéré de civils par des pilotes russes aux commandes d'avions militaires Su-24 et Su-34.

Vladimir Poutine : Tout doit être vérifié et évalué.

Mais j'aimerais que vous reveniez à ce que je viens de dire à propos de Raqqa. Les avions qui attaquaient cette ville étaient pilotés par des américains...

Chris Wallace : On ne peut pas parler d'Alep et de la Ghouta ?

Vladimir Poutine : Eh bien, on peut parler d'Alep et de la Ghouta, mais parlons aussi de Raqqa. N'ôtez pas certaines choses de leur contexte et n'en oubliez pas d'autres. Ok ?

Chris Wallace  : Je ne pense pas qu'il y ait eu un bain de sang à Raqqa. Mais il est avéré qu'il y a eu des centaines de milliers de personnes tuées à Alep et dans la Ghouta, et dans toute la guerre civile – un demi-million de personnes. Selon certaines estimations, 20 000 enfants ont été tués par le régime d'Assad et ses partisans à Moscou. Sont-ils des terroristes ?

Vladimir Poutine : Vous vous trompez lourdement. J'aimerais que vous connaissiez la situation réelle en Syrie. Beaucoup de civils sont morts à Raqqa. Raqqa a été effacée de la surface de la terre. A présent, c'est une masse solide de ruines ressemblant à Stalingrad pendant la Seconde Guerre mondiale, et, bien sûr, il n'y a rien de bon à tout cela.

Pour me répéter : ce sont les gens qui sont guidés par leurs croyances terroristes, et qui utilisent des civils comme des otages qui sont responsables.

Chris Wallace : Au sommet du G7, le Président Trump aurait dit aux autres dirigeants que la Crimée pourrait tout aussi bien être russe parce que tout le monde y parle russe. Vous a-t-il donné une indication qu'à un moment donné, pas aujourd'hui, mais à un moment donné, il pourrait reconnaître l'annexion de la Crimée par la Russie, ou lever les sanctions, ou ramener la Russie dans le G7, maintenant le G8, tout cela ayant résulté de l'annexion de la Crimée ?

Vladimir Poutine : Permettez-moi de vous corriger : lorsque la Crimée a rejoint la Russie, ce n'était pas une annexion, puisque la seule forme d'expression démocratique est l'expression de la volonté du peuple vivant sur un territoire spécifique.

Le peuple de Crimée a (massivement) participé à un référendum et a voté pour l'indépendance et pour rejoindre la Fédération de Russie. Si c'est là une annexion, qu'est-ce que la démocratie ? C'est mon premier point.

Mon deuxième point est que nous sommes conscients de la position du Président Trump selon laquelle la Crimée fait partie de l'État ukrainien, comme il l'a répété aujourd'hui, alors que j'ai articulé notre position qui est proche de ce que je viens de vous dire. Cela dit, je pense que nous devrions laisser de côté notre discussion sur la Crimée.

Chris Wallace : Très bien, nous manquons de temps de toute façon. Poursuivons.

L'année dernière, le secrétaire à la Défense, Mattis, a déclaré que la Russie était la plus grande menace pour les États-Unis. Et il a depuis clairement fait comprendre que c'était une menace encore plus grande que le terrorisme. En mars, vous avez présenté une nouvelle génération de missiles russes, y compris ce que vous appelez un missile invincible. Vous avez dit qu'il pourrait éluder et surmonter toutes nos défenses antimissiles, et vous avez même publié une vidéo qui montrait ce super missile survoler les États-Unis et frapper la Floride, tout près de la propriété du Président Trump à Mar-a-Lago. N'êtes-vous pas en train d'escalader la course aux armements et n'êtes-vous pas délibérément provocateur ?

Vladimir Poutine : En ce qui concerne la vidéo, elle n'indiquait pas que le missile ciblait le territoire américain. Vous devriez la regarder plus attentivement. C'est la première chose que je voulais dire.

Deuxièmement, tous nos systèmes de frappe visent...

Chris Wallace : Elle montre la Floride.

Vladimir Poutine : Non, elle ne montre pas la Floride. Ce n'est pas vrai. Regardez-la une fois de plus, et soyez plus attentif. Elle n'indiquait pas la Floride. Tout ce qui était clair, c'est que le missile se dirigeait vers l'autre côté du globe.

Chris Wallace : Non, mais vous pouviez voir la Floride sur la carte.

Vladimir Poutine : Non, vous ne pouviez pas voir la Floride sur la carte. Contentez-vous d'être plus attentif lorsque vous regardez des vidéos au lieu d'effrayer votre peuple avec des menaces qui n'existent pas. Oui, regardez-la attentivement. Voulez-vous que je vous fasse cadeau de cette vidéo ?

En ce qui concerne les systèmes de missiles, permettez-moi de vous rappeler qu'ils n'ont pas émergé de nulle part. Ils sont apparus comme une réponse au retrait unilatéral des États-Unis du Traité ABM. Dès le départ, nous avions averti nos collègues américains que nous n'étions pas prêts à construire un système de défense antimissile, car nous ne croyions pas en son efficacité et qu'il était trop coûteux. Au lieu de cela, nous avons dit que nous ferions tout pour pénétrer ce bouclier.

Comme je l'ai dit à maintes reprises, mais permettez-moi de le répéter pour le public américain, la réponse que nous avons reçu de nos homologues américains fut la suivante : « Le système de défense antimissile que nous, les Etats-Unis, construisons, n'est pas dirigé contre vous, et vous pouvez faire ce que vous voulez. Nous partirons du principe que ce que vous construirez n'est pas dirigé contre nous. » En 2003 ou 2004, j'ai fait une déclaration publique au sujet de l'un de ces systèmes. Nos partenaires américains n'ont pas répondu de quelque manière que ce soit.

Mais maintenant, nous l'avons construit et nous avons fait la démonstration des armements en notre possession. Cela étant dit, c'est une question qui doit faire l'objet de négociations, et nous espérons, et j'espère moi-même vivement que nous pourrons trouver des solutions en termes de stabilité stratégique qui seraient acceptables pour les deux parties, y compris en ce qui concerne les missiles de courte et moyenne portée.

Chris Wallace : Il me reste peu de temps, et je voudrais vous poser une question sur la prétendue violation du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), mais je voudrais passer à autre chose et vous poser trois dernières questions sur Vladimir Poutine. Quand vous avez été élu pour la première fois en l'an 2000, vous étiez décrit comme un réformateur démocrate, vous parliez de la valeur de la culture européenne et vous n'excluiez même pas d'intégrer l'OTAN. Que s'est-il passé ?

Vladimir Poutine : Premièrement, je n'ai changé en rien. Je suis le même que j'étais alors. Je suis devenu Président de la Russie quand j'étais adulte, et la prédisposition et les croyances fondamentales d'une personne ne changent pas à cet âge.

Mais nous devons réagir à ce qui se passe autour de nous. Premièrement, il y a eu les deux vagues d'expansion de l'OTAN vers l'est. Lorsque les troupes soviétiques se sont retirées d'Allemagne, on nous a dit qu'il y avait une chose dont les Russes pouvaient être absolument certains, c'est que l'OTAN ne s'étendrait jamais au-delà des frontières de l'Allemagne.

Il y a eu deux vagues d'expansion, contrairement à nos objections de principe. Ils se moquaient complètement de nos objections. Nous vous avons demandé de ne pas vous retirer du Traité ABM, mais les États-Unis s'en sont retirés unilatéralement. Vous avez ignoré nos appels à ne pas le faire et nos propositions de travailler ensemble. Il y a d'autres exemples de ce genre.

Prenez les développements en Yougoslavie. Vous savez que le Président Eltsine était catégoriquement opposé au lancement d'opérations militaires sans l'approbation du Conseil de sécurité de l'ONU, qui est la seule voie légale de recours à la force armée. Mais personne ne nous a écouté.

D'autres facteurs ont compliqué notre relation. Par exemple, l'application extraterritoriale du droit pénal américain, des sanctions, etc. Est-ce nous qui avons introduit les sanctions ? Non, c'était vous.

Vous m'avez posé des questions sur la Crimée et l'Ukraine. Ce n'est pas nous qui y avons organisé un coup d'État militaire et qui avons utilisé la force militaire pour renverser le gouvernement en violation de la Constitution ukrainienne, et ce n'est pas nous qui avons distribué des pâtisseries aux rebelles. Nous sommes conscients des processus compliqués en cours en Ukraine, mais ce n'est pas la façon de les résoudre. Et où cela se passe-t-il ? Juste à notre porte.

En somme, rien ne m'est arrivé. J'aimerais savoir ce qui vous est arrivé à vous.

Chris Wallace : Vous dites que rien ne vous est arrivé, mais je dois vous poser des questions sur le plan interne, et non international, sur le plan interne à la Russie. Pourquoi tant de gens qui s'opposent à Vladimir Poutine finissent-ils morts ou presque morts ? L'ancien espion russe et agent double Sergei Skripal, victime d'une attaque d'agent neurotoxique en Angleterre, Boris Nemtsov, un opposant politique abattu près du Kremlin, la journaliste d'investigation Anna Politkovskaïa, assassinée dans un immeuble. Pourquoi est-ce que tant de gens qui étaient des ennemis politiques de Vladimir Poutine sont attaqués ?

Vladimir Poutine : Tout d'abord, nous avons tous beaucoup d'opposants politiques. Le Président Trump a aussi beaucoup d'opposants politiques. Prenez n'importe quelle personne impliquée dans les affaires d'Etat...

Chris Wallace  : Mais ils ne finissent pas morts.

Vladimir Poutine  : Parfois, c'est le cas. Des Présidents n'ont-ils pas été tués aux États-Unis ? Avez-vous oublié cela ? Où Kennedy a-t-il été tué, aux États-Unis ou en Russie ? Et qu'est-ce qui est arrivé à Martin Luther King ? En réalité, que se passe-t-il lors d'affrontements entre la police et des militants de la société civile, par exemple, les organisations afro-américaines ? Est-ce que cela se produit en Russie ou aux États-Unis ? Tout cela se passe aux États-Unis. Vous avez de nombreux défis dans votre propre pays.

C'est une triste vérité, la Russie n'a pas été épargnée par les activités criminelles. En fait, l'Etat russe est encore en train de se constituer, et malheureusement il y a beaucoup de manifestations de ce genre. Nous luttons contre cela, et punissons les auteurs de ces crimes.

Vous avez mentionné les Skripals. Nous voulons voir les documents sur cette affaire, pour avoir un aperçu de toutes les données. Personne n'a dit quoi que ce soit de spécifique, tout comme les accusations d'ingérence dans les processus politiques aux États-Unis portées contre la Russie. Nous n'avons pas vu un seul document.

Nous apprenons maintenant que deux autres personnes ont souffert de l'agent toxique appelé Novitchok, mais je n'avais jamais entendu leurs noms. Qui sont ces gens, comment ont-ils été touchés et pourquoi ?

Chris Wallace : Apparemment, ils ont pris la bouteille qui a été utilisée pour attaquer les Skripal. Puis-je vous poser une dernière question, monsieur ?

Vladimir Poutine : Non, restons sur ce sujet. Quelle bouteille ? Qui l'a ramassée ? Où ? Quelle était sa composition chimique ? Ou se peut-il être que ces personnes aient été touchées par autre chose ? Se peut-il que ce soit du côté de l'intérieur de la Grande-Bretagne (et non de Moscou) qu'on doive se pencher pour trouver la cause de tout cela ?

Personne ne veut aller au fond de cette question. Ce sont des accusations absolument sans fondement. Pourquoi tout cela ? Pourquoi aggraver nos relations ? Nous voulons également établir une relation convenable avec la Grande-Bretagne.

Chris Wallace : Dernier point, je sais que l'une des raisons pour lesquelles vous vouliez faire cette interview est que le peuple aux États-Unis et en Occident puisse mieux comprendre l'homme réel. Vous êtes souvent décrit comme un homme fort, un autocrate, une personne qui est un symbole de la force de la Russie. Est-ce que ces caractérisations de vous sont justes, monsieur ?

Vladimir Poutine : Je ne prétends pas être un symbole de la Russie. Mais du point de vue de la loi en vigueur, le drapeau national, l'hymne et la présidence elle-même sont dans une certaine mesure les symboles du pays – et pas seulement ceux de la Russie, mais aussi de tout autre pays.

J'espère que mon travail reflète aussi ce dans quoi la Russie est engagée, ce qui la préoccupe et ce qu'elle est prête à faire pour normaliser nos relations avec tous les pays, y compris, bien entendu, avec un pays aussi puissant que les États-Unis d'Amérique.

J'ai mentionné l'économie. Regardez, j'ai cité ces exemples à M. Trump. Actuellement, les Européens vendent pour 100 milliards de dollars de marchandises sur notre marché, et 50 milliards de dollars de services supplémentaires. La Chine vend environ 57 milliards de dollars de marchandises sur notre marché. Mais connaissez-vous le chiffre pour les marchandises américaines ? Douze milliards de dollars. Et encore 5 milliards de dollars en services.

C'est le résultat de vos politiques, y compris la politique de sanctions. Mais qui a besoin de ça ? Vous venez de chasser vos propres grandes entreprises de notre marché. Elles sont parties et ont cédé leur place à des sociétés rivales, y compris dans des projets majeurs qui les intéressaient et dans lesquels elles avaient investi. Certaines d'entre elles ont même perdu de l'argent. A quoi bon ?

Nous sommes intéressés au développement de nos relations dans le domaine de la sécurité, de la stabilité stratégique, de la gestion de crise, de la lutte contre le terrorisme et de l'économie. J'espère qu'aujourd'hui, le Président Trump et moi-même avons fait au moins le premier pas dans cette direction.

Chris Wallace : Monsieur le Président, merci. Merci de nous avoir reçus. Spasibo [merci en russe].

Tags : Information et Médias Vladimir Poutine




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13 réactions à cet article    


  • 7 votes
    Maetha 25 juillet 14:46

    Complètement dépassé ce pisse-froid nommé Chris Walace !


    • 8 votes
      La mouche du coche La mouche du coche 25 juillet 19:52

      Avec M. Poutine, c’est presque une quenelle par phrase ! je n’aimerais pas être à la place de cette journalope américaine qui doit se dire qu’il mérite bien son énorme salaire pour s’en prendre tant dans la gueule. Il doit rentrer chez lui et se dire qu’il a vraiment une vie de merde. smiley


    • 6 votes
      hase hase 25 juillet 18:14

      C’est toujours aussi incroyable, la mauvaise foi de l’ouest, et le fair play de l’est ! C’est à se demander si l’ouest est bien normal d’oser se mettre en pareille posture !


      • 7 votes
        ubikand 25 juillet 18:31

        Je suis en train de l’écouter et ce qu’il dit à minute 8 est essentiel. 


        La conclusion logique s’ensuivant est : ces hackers ont permis aux américains d’avoir des éléments d’information importants sur les agissements du candidat démocrate (Clinton) avant de juger par leurs votes, et cela est d’essence démocratique. 
        Même si il est vrai qu’un hacking parallèle des agissements des républicains (Trump) aurait été souhaitable. 

        Puisqu’ "ils" chient sur les peuples et font tout en cachette, qu’ils soient mis à poil et en pleine lumière. Le plus souvent possible. Et tous. 

        • 10 votes
          Hijack ... Hijack ... 25 juillet 18:32

          Au début, Poutine regardait le journaliste presque avec pitié, sans condescendance toutefois ... lui accordant toutes les chances de lui prouver qu’il fait bien son job ... eh bien non, l’américain confirme que face à Vlad, tous les journalistes occidentaux (et souvent quelques politiques aussi) paraissent vraiment débiles, plus ils avancent et plus ils aggravent leur cas. Autant, (pour l’image) envoyer Mr Bean interviewer Raspoutine, ça donnerait le même résultat. La bêtise seule est néfaste ... mais si on y ajoute, la mauvaise foi, les mensonges, le ridicule ... c’est du lourd !


          • 8 votes
            ubikand 25 juillet 18:55

            Un peu après 15minutes25 il envoie une quenelle pas piquée des vers. 
            ("Pensez-vous que nous faisons pression sur chacun d’eux, que nos services secrets les observent, les espionnent et enregistrent leurs conversations ?Premièrement, nous ne faisons pas de telles choses, contrairement aux Etats-Unis").
            Le castré collabo en face fait dans ses couches. 

             smiley 

            • 7 votes
              ubikand 25 juillet 19:56

              Beaucoup de choses importantes et intéressantes sont dites sans langue de bois dans cet entretien entre un chef d’Etat (à l’ancienne, certes, trop à l’ancienne) et un commis bêlant. Sur l’Otan, la Crimée, ... 

              A 28’30’’ environ Poutine évoque de manière très claire un coup d’Etat orchestré par les Usa (entre autre) pour renverser le gouvernement ukrainien en place, avec distribution de pâtisseries. Les images existent. Ca n’a pas fait la Une en "démocraties occidentales", ou en "république". 


              • 8 votes
                ubikand 25 juillet 20:13

                Et une conclusion en forme de salve sur des considérations pragmatiques et économiques centrées sur les intérêts réciproques des américains et de russes... 


                Il n’y a pas à dire, il mérite un certain respect. 

                Nous on a Macron, Hollande, Sarkozy, Juppé, Fabius, Mélenchon, Lepen, Jacob, Rugy, Larcher, etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc... 

                On est les champions, on est les champiiiiiions, tralalalala hi ouh.  smiley 

                • 7 votes
                  Hijack ... Hijack ... 25 juillet 23:44

                  @ubikand

                  La vérité c’est que c’est notre projet !!!


                • 1 vote
                  Belenos Belenos 28 juillet 01:49

                  J’ai écouté l’intégralité de cet entretien avec attention. 

                  A moins d’être complètement stupide, il est impossible de ne pas remarquer la facilité avec laquelle le président Poutine, une fois de plus, pulvérise le minable et trouble agent manipulateur auquel il est confronté. Ses explications sont claires et bien articulées, il dévoile parfaitement les inversions accusatoires et l’inconsistance des procès médiatiques vaseux. Sans être agressif, il ne manque pas d’envoyer publiquement quelques gifles sonores bien placées aux menteurs : pif, prend ça dans le groin et paf, encore une pour la route ! Contrairement à la plupart, sinon à la totalité, de nos dirigeants, Poutine donne l’impression d’une personnalité équilibrée et solide. Et surtout on a le sentiment d’être pour une fois devant un adulte responsable et non d’assister aux gesticulations d’un acteur sans réel pouvoir ou aux cris d’un enfant capricieux et colérique. 

                  • vote
                    flesh 30 juillet 15:34
                    Chris Wallace : Elle montre la Floride.

                    Vladimir Poutine : Non, elle ne montre pas la Floride. Ce n’est pas vrai. Regardez-la une fois de plus, et soyez plus attentif. Elle n’indiquait pas la Floride. Tout ce qui était clair, c’est que le missile se dirigeait vers l’autre côté du globe.

                    Chris Wallace : Non, mais vous pouviez voir la Floride sur la carte.

                    Vladimir Poutine : Non, vous ne pouviez pas voir la Floride sur la carte. Contentez-vous d’être plus attentif lorsque vous regardez des vidéos au lieu d’effrayer votre peuple avec des menaces qui n’existent pas. Oui, regardez-la attentivement. Voulez-vous que je vous fasse cadeau de cette vidéo ?


                    hum hum.... Que les choses soient claires entre nous chers agoravoxiens, je suis dans le camp russe, mais Poutine ment (ou se trompe, ce qui extrêmement improbable) car la vidéo montre parfaitement la Floride et les ogives lui tombant dessus :


                    voici la carte de la Floride pour comparaison :



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