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par bubul01 (son site) vendredi 11 février 2011 - | 4 réactions
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Le Bunker des Graines de l’Apocalypse

Un bunker contenant des millions de graines des plantes cultivĂ©es partout dans le monde a Ă©tĂ© crĂ©e pour protĂ©ger la biodiversitĂ© de notre planète, mais certains sont sceptiques et pensent qu’il s’agit d’une nouvelle tentative des multinationales de s’approprier et de rĂ©fĂ©rencer les graines cultivĂ©es partout dans le monde.

 

Extrait de l’article : "Le Bunker de l’Apocalypse"

 

"Quel est la vraie raison de la construction de ce bunker ?

 

Certaines associations Ă©cologistes comme RĂ©seau Semences Paysannes sont sceptiques quant aux raisons de la crĂ©ation de ce bunker. En effet, les financeurs du projet font tous partie de lobbies de l’industrie des semences dont la politique actuelle n’est pas orientĂ©e vers plus de biodiversitĂ©, mais cherchent au contraire Ă  diminuer l’accès aux ressources gĂ©nĂ©tiques vivantes actuelles et contribuent Ă  leur anĂ©antissement. 

 

Ils imposent des lois qui remettent en cause les droits des paysans de conserver, utiliser, échanger et vendre les semences reproduites à la ferme. Après avoir pris gratuitement dans les champs les semences sélectionnées par les paysans, l’industrie semencière a marqué sa "propriété intellectuelle" protégée par des Certificats d’Obtentions Végétales ou des brevets.

 

Au nom du "libre marchĂ©", les lois interdisent peu Ă  peu aux paysans d’échanger leurs propres semences. Elles les obligent ainsi Ă  acheter celles de l’industrie, seules Ă  pouvoir ĂŞtre inscrites dans les catalogues officiels requis pour toute vente. Dans de nombreux pays, les paysans n’ont mĂŞme plus le droit de ressemer leur rĂ©colte !

 

Elles confortent l’abandon des politiques publiques destinées à financer les collections nationales de semences au nom de la liberté du commerce des services. Les collections qui ne sont pas simplement jetées à la poubelle sont concentrées dans d’immenses banques internationales où les semences ne sont inventoriées que par des numéros illisibles pour les paysans qui voudraient retrouver celles qui ont été prises dans leurs champs. Elles sont aussi réduites à des listes de gènes numérisées dans des ordinateurs destinés à préparer les manipulations génétiques assistées par marqueurs moléculaires.

 

Elles mobilisent des milliards de dollars pour financer les biotechnologies destinĂ©es Ă  marquer les semences avec des gènes brevetĂ©s, et Ă  les rendre stĂ©riles pour que les paysans ne puissent plus ressemer leur rĂ©colte. Le rĂŞve fou affichĂ© est de fabriquer la totalitĂ© des plantes de demain avec des gènes synthĂ©tiques : les nouveaux pirates espèrent ainsi n’avoir mĂŞme plus besoin de la clef du coffre du Bunker de l’Apocalypse, mais seulement de celle de l’ordinateur oĂą seront stockĂ©s la totalitĂ© des sĂ©quences gĂ©nĂ©tiques des graines qui y sont enfermĂ©es...

 

Elles généralisent la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM) par des stratégies commerciales agressives mettant en danger la diversité des semences fermières. Ces OGM brevetés sont aujourd’hui dispersés autour des dernières collections, dans les banques de semences et dans tous les centres d’origine et de diversification des plantes cultivées qu’ils contaminent les uns après les autres.

 

Guy Kastler, délégué général du Réseau Semences Paysannes
dĂ©nonce une nouvelle tentative d’appropriation du vivant par les multinationales :


"Une semence conservĂ©e dans une collection n’évolue plus alors que celle qui est cultivĂ©e s’adapte sans cesse Ă  son environnement. Pourquoi conserver une graine pendant 10 ou 15 ans, alors qu’on sait qu’elle ne pourra pas ĂŞtre replantĂ©e et qu’elle perdra de toute façon sa capacitĂ© germinatoire ? L’objectif derrière est sans doute davantage de "numĂ©riser les collections", de les sĂ©quencer gĂ©nĂ©tiquement dans le but de crĂ©er plus tard des plantes synthĂ©tiques. Ce qui faciliterait leur brevetage."

 

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Tags : Agro-alimentaire agriculture

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