Observez bien cet homme : Il nous tourne le dos. En fait, il tourne le dos à Ségolène Royal. Une caméra le suit. Lui, il marche. Il fait comme si elle n’était pas là, la caméra. Il fait comme si, car il était prévu qu’il n’y en aurait pas de caméra. C’est Nicolas Sarkozy qui le lui avait promis. Sarkozy, l’homme qui ne trahit jamais. Pourtant, elle est là, la caméra. Dans cette ruelle, elle attendait l’homme, cet homme qui marche. Il marche alors qu’il voudrait fuir, cet homme. Ou alors, être invisible. Déjà sortir par une porte dérobée, ça n’est pas très glorieux. C’est encore pire quand on vous y surprend. Alors il fait comme si, mais sa démarche est malhabile. Il sent bien qu’il est piégé. Comment s’en sortir ? Peut-être se retourner ? Comme on retourne sa veste ?
Mais non ! Il se retourne encore, brusquement cette fois. On dirait qu’il veut en découdre. On dirait qu’il va frapper. Est-ce un mot, un nom ("Espèce d’Eric Besson, va ?") qui lui a déplu ? Il dit, la respiration difficile : "Je suis venu voir François Fillon pour une interview !" On dirait un petit garçon pris la main dans le sac qui cherche une excuse, une justification. La voix lui répond : "Pourquoi ne pas l’avoir rencontré ailleurs qu’au QG de Nicolas Sarkozy ?" Les bras lui en tombent de désespoir. Cette ruelle est désormais une impasse, la sienne. |
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