lloyd henreid
7 septembre 2013 13:56
Curieuse vidéo que celle d’un "libertarien" mettant en exergue
l’ingérence étrangère et la technocratie comme solutions des problèmes
que nous devons affronter. Ce qui est suggéré là n’est autre qu’un
plongeon tout entier dans le bassin de soude qui est en train de nous
bouffer la jambe : soumettons-nous corps et âme à l’Europe des
technocrate et demain, c’est sûr, tout ira mieux !
Coluche disait, citant son "père" :
« Les technocrates, c’est des mecs on leur donnerait le Sahara, dans cinq ans faudrait qu’ils achètent du sable ailleurs. »
Je
pense que c’est précisément le problème et que ceux qui de fait nous
gouvernent, eurotrucs sous perfusion de cadeaux des lobbies, foutent
tout en l’air et n’agissent pas dans l’intérêt des peuples mais dans
celui, plus direct, de leurs très riches mécènes. Ceux qui financent
leurs campagnes électorales, leur train de vie. Ceux qui brassent des
milliards mais qu’on ne saurait soumettre à l’impôt proportionnellement à
leurs revenus de crainte qu’ils n’aillent s’installer ailleurs, où
l’herbe est plus verte, la main-d’œuvre "cheap", les normes peu
regardantes. Ceux qui à l’instar d’un monsieur Dassault
prônent le système D, comme Dassault, pour tout le monde sauf pour
eux-mêmes qu’il faut absolument sauver, aider, subventionner, de crainte
que leur incapacité à se débrouiller seuls ne cause faillite et chômage
pour leurs salariés.
C’est bien qu’un journaliste dise enfin
clairement qu’on va dans le mur, que la crise est grave, systémique, et
qu’elle nous imposera de faire des choix à la même échelle. Mais les
technocrates ne sont pas la solution : ils sont le cœur du problème. La
solution c’est le peuple et la gouvernance par des citoyens "normaux",
pas comme Hollande, des gens ordinaires et totalement désintéressés.
Comprenez : qui n’ont pas d’intérêts particuliers à défendre, de comptes
en Suisse, ou d’activités de lobbying. En fait ce que propose monsieur
de Closets dans cette vidéo, ce n’est ni plus ni moins que le même
système mais en plus direct : on court-circuite ouvertement le processus
politico-démocratique de sorte que les technocrates aux intérêts
supra-nationaux puissent gouverner à leur guise et élaborer eux-mêmes
les règles du jeu pour "gagner plus" — et tant pis pour ceux qui partent
avec les mauvaises cartes. Ou plutôt tant mieux : ce sera d’autant plus
simple pour ceux qui ont les bonnes, genre des services d’ordre privés
pour mater les velléités d’existence de ceux que leur avarice prive de
toit, de nourriture, et pour les maintenir dans cette maigreur dont
Shakespeare écrivait qu’elle particularise d’autant mieux l’abondance de
ceux qui en ont. Balzac lui écrivait que "derrière chaque grande
fortune se cache un crime", au choix : pesticides et OGM, guerre pour le
pillage des ressources, la vente d’armes pour détruire et de béton pour
tout reconstruire, médication-poison type Mediator, expérimentation et
massacre des animaux pour leur viande, leur fourrure, ou pour le
plaisir, spéculation sur les denrées alimentaires (dont céréales pour
nourrir les bêtes qu’on massacre), consommation de masse pour maintenir
la croissance et rejet des déchets y compris nucléaires, amiante, etc.
en Inde ou en Somalie, réchauffement climatique et déforestation,
destruction de notre environnement, la liste est longue !
J’ai
écouté très attentivement les discours et conférences de Ron Paul qui
est un vrai libertarien, j’en ai même traduit pour diffuser sa pensée.
Ceci pour dire que je ne suis pas un "coco" obtus et que si je n’adhère
pas à tout, je m’intéresse quand même. Il m’a l’air d’un type bien et je
pense qu’il croit à ce qu’il dit, mais un truc me chiffonne qu’il
rappelle lui-même dans un certain nombre de ses interventions : les
pères fondateurs de l’Amérique croyaient certes à la liberté comme
pilier de leur nation. Une valeur cardinale, l’État réduit à son plus
strict rôle de garant et protecteur de la Constitution, et les choses
ensuite se réguleront d’elles-mêmes. Mais il y avait un bémol et une
mise en garde : ce système, ce mode de gouvernance ne peut s’appliquer
qu’à condition d’avoir à sa base un peuple "vertueux", soucieux de faire
en sorte qu’en effet les choses se passent bien. Je pense que ces
conditions ne sont plus réunies : les technocrates en place sont animés
par l’avarice, guidés par une obsession capitaliste extrémiste, avec une
tentation politique néo-fasciste de main-mise sur le pouvoir via par
exemple la surveillance, les groupes de "sécurité" privés, le contrôle
de la production d’armes, les monopoles sur la santé, la bouffe,
l’énergie et bien sûr le contrôle de la monnaie, toutes ces choses étant
liées entre elles et entre les mains d’un petit cercle d’agents de plus
en plus restreint. L’affaire Occupy
par exemple montre bien ce "faisceau" d’éléments et notamment la
collusion public-privé à l’œuvre au pays de la liberté, càd de la
non-ingérence, où théoriquement les pouvoirs publics ne devraient avoir
aucun lien avec les intérêts particuliers des technocrates, banquiers,
grands industriels. Le problème qui devrait faire bondir tout
libertarien qui se respecte, et c’est le cas avec Ron Paul, tient à ce
que ces gens-là s’approprient le pouvoir politique ce que justement, le
libertarianisme tend à prévenir coûte que coûte. Parce que quand tous
les pouvoirs sont concentrés entre peu de mains, le résultat n’est autre
qu’une dictature ce qui implique la fin de toutes les libertés
individuelles.
La solution prônée par monsieur de Closets
consiste à en venir directement à ce stade, sans retour et sans passer
par la case "départ" — je pense pour ma part que c’est une mauvaise
idée. La solution qui à mon avis satisferait tout le monde, salariés
comme la plupart des "petits" patrons, c’est celle qui sert d’abord
l’intérêt général : un gouvernement par le peuple et pour le peuple. Le
tirage au sort me semble une bonne idée pour éviter justement les
conflits d’intérêts, mais je peux encore croire aussi à la
représentation du moment que l’élection se fait à armes égales càd à
finances et accès médiatique égaux pour que toutes les idées puissent
s’exprimer, et pas seulement celles des candidats des "gros riches".
Dans un cas comme dans l’autre, le point de départ serait l’accès de ce
peuple à une information complète, impartiale ou plutôt "objective", ou
pluri-subjective, avec une éducation qui lui permette d’analyser et de
comprendre pour lui-même cette information. Problème : l’école "éduque"
plutôt que d’enseigner, et la télé quand elle ne s’emploie pas à
débiliter le spectateur, s’occupe à "décrypter" l’actualité pour lui...
et quand on sait que les patrons des principaux médias sont encore et
toujours les mêmes technocrates, Dassault et Cie, je crois que la boucle est bouclée et que les choses sont claires.
Une dernière citation pour la route ?
«
Quand mon père est revenu bosser dans les usines de l’Ohio, quand il
est rentré de la Seconde guerre, il n’en restait que ruines et décombres
et il a dit : "ces types ont fait ce qu’Hitler n’a pas pu faire."
"Ces
usines ont construit les tanks et les bombes qui nous ont permis de
gagner la guerre. Nous avons envoyés nos fils en Corée et au Vietnam,
ils y sont morts et maintenant, nous nous demandons pourquoi."
"Depuis
la vallée de la Monongahela [industrie sidérurgique au 19ème siècle]
jusqu’aux gisements de fer de la Mesabi Range, jusqu’aux mines de
charbon des Appalaches, l’histoire reste toujours la même : 700 tonnes
de métal par jour et maintenant vous me dites que le monde a changé.
Maintenant que je vous ai rendu riche, assez riche pour oublier mon
nom... et Youngstown [centre sidérurgique aujourd’hui déserté]."
[...]
"Quand
je mourrai, je ne veux pas d’un coin de Paradis — je ne pourrais pas y
faire le travail comme il faut. Je prie pour que le Diable vienne et
m’emmène plutôt dans les fours rougeoyants des Enfers." » (Bruce Springsteen, Youngstown)
lloyd henreid
3 septembre 2013 13:46
Et le sino-martien ? Le problème c’est qu’on ne sait pas toujours ce que ces gens croient dire ou entendre. Parfois c’est embarrassant.
lloyd henreid
3 septembre 2013 11:11
Magad — quand on entend Malbrunot parler anglais, on comprend mieux pourquoi l’info est à ce point biaisée ! Et accessoirement : pourquoi les anglophones se foutent de nous. On envoie un type qui visiblement ne maîtrise pas la langue pour qu’ensuite il nous explique ce qu’il a compris. Le journalisme en France a de beaux jours devant lui >.<
lloyd henreid
3 septembre 2013 10:57
Qui menace qui ?
C’est un peu la question que je me pose en
lisant certains articles. Je n’ai pas encore regardé cette interview,
mais sais pour en avoir vu beaucoup d’autres que le président syrien est
un homme extrêmement calme, tempéré, clair dans ses propos, y compris
dans ces circonstances où la tension pour lui doit être maximale. Et
qu’a-t-il dit d’après les articles parus ce jour dans la grande presse ?
« Le peuple français n’est pas notre ennemi, mais (...) dans la mesure
où la politique de l’Etat français est hostile au peuple syrien, cet
Etat sera son ennemi ». « Il y a aura des répercussions, négatives bien
entendu, sur les intérêts de la France », a-t-il menacé. » (source)
Il
aurait aussi dit d’après d’autres sources que le peuple français est
trompé par ses dirigeants : c’est le cas avec l’assurance de preuves qui
ne viennent toujours pas, timides qu’elles sont, et le mensonge visant à
faire croire que les terroristes seraient dans le camp d’Assad et non
dans celui d’Abou Sakkar. Et corrélativement : qu’il faut donc aider les
rebelles "résistants" (comme si c’était le régime à l’offensive et non
l’inverse) pour sauver le peuple syrien dans la tourmente.
Bref —
je vais pas refaire le tour de l’illusionnisme en vigueur dans ce
conflit, la rhétorique double-pensante des va-t-en-guerre, mais salue le
discernement d’un horrible dictateur sanguinaire et impulsif (à les
entendre) qui contrairement à eux et à leurs frappes "ciblées", fait la
différence entre nous le peuple et nos dirigeants. La majorité des
Français comme celle des Américains est opposée à ce conflit dont on
nous prévient qu’il aura lieu de toute façon, juste le temps de
"produire" les preuves nécessaires. Et lorsque les sondages tous azimuts
disent "non", la télé ne dit pas que les gens sont "contre" : elle
explique que l’opinion n’est simplement "pas encore prête".
Ce n’est pas
Assad qui menace la France mais bien les dirigeants de cette dernière
qui, contre l’opinion du peuple, entendent le "punir" pour des actes
dont aucune preuve tangible ne l’accuse. Le président syrien ne fait que
réagir dûment à la menace de ces étrangers qui en effet n’ont pas le
droit de s’ingérer de la sorte dans les affaires de son pays ; et il le
fait avec une remarquable pondération compte tenu de ce que lui et son
peuple endurent en grande partie grâce à "nous" qui soutenons contre
toute logique les semblables d’Abou Sakkar.
Et pour finir : ce
que la tournure des événements met en lumière, c’est la tentation
dictatoriale de NOS dirigeants qui sur presque tous les sujets, mais
plus gravement encore à propos de cette guerre, agissent sans tenir
compte de l’opinion publique. Ou à l’encontre de celle-ci quand elle
s’exprime. Assad lui, explique que le peuple syrien a le droit de
renverser ses dirigeants ; mais qu’aucune puissance étrangère ne peut le
faire à sa place. Et de fait il organisa l’an dernier des législatives
que l’opposition comme lesdites puissances "boycottèrent", préférant
laisser pourrir le conflit armé et désigner eux-mêmes son successeur
plutôt que de laisser s’exprimer les urnes.
En fait ce qui
ressort enfin dans la lumière, c’est ce que les gens doivent absolument
comprendre : en politique, dans les médias, et sur tous les sujets, la
vérité est souvent dans le contraire de ce que l’on nous dit. Le sens
des mots est renversé : remettez-les à l’endroit et alors vous
comprendrez. Les gens sont peut-être en train de comprendre ça
(ironiquement : grâce au mépris de ces "élites" qui pensaient pouvoir
leur resservir la même m*rde indéfiniment) et si c’est le cas, c’est
très positif !
lloyd henreid
30 août 2013 14:56
BHL a raison sur une chose, ce qui est assez rare pour être souligné — les chefs d’États occidentaux n’auraient JAMAIS dû tenir de tels propos "martiaux" :
1) sans attendre les conclusions et l’accord de l’ONU, donc en violation des règles de la soi-disant "communauté internationale" ;
2) sans présenter de preuves tangibles et solides... l’affaire est trop grave pour que l’on croie sur parole des gens qui, a fortiori, sont des menteurs patentés pour ne pas pathologiques ;
3) sans demander l’avis de leurs peuples ni même des représentants de leurs peuples... la guerre est en principe soumise au vote du Congrès aux USA, quand même !
4) sans avoir le moindre projet politique autre que de "punir" la Syrie pour y assurer la paix et celle de la région voire du monde ;
5) sans avoir non plus la moindre idée de ce que pourraient être les conséquences d’une telle intervention à moyen-long terme.
Pour le reste : BHL fidèle à lui-même... et puisque l’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre, je propose qu’on l’envoie sur place avec son crayon le plus affûté, une bombe puante, trois cacahuètes, et beaucoup d’enthousiasme ! Je crois sincèrement que c’est ceci dont les Syriens ont le plus besoin.
lloyd henreid
27 août 2013 15:05
Je manque de mots pour exprimer le dégoût que m’inspire cet homme si
c’en est un. D’abord dans le ton, il y a cette manière d’appeler le
président syrien par son prénom, genre on est intimes, proches : « mon
p’tit Bachar », je vais te faire liquider comme ton pote Mouammar. La
dérision du ton rend l’horreur de la perspective ironique et encore plus
ignoble si possible. Un peu comme le loup qui se déguise en grand-mère
pour révéler petit à petit ses grandes dents, mais toujours avec ce ton
mielleux du malade sadique et psychopathe.
La légèreté se
poursuit avec l’assurance de certitudes qui ne peuvent qu’être fausses
en l’absence de preuves qu’on n’aurait pas manqué de fournir au public
si elles existaient. La mission de l’ONU n’est même pas terminée, et
RIEN ne prouve que c’est bien le régime qui fit usage de ce qui semble
être — bien que certains semblent en douter — des armes chimiques. On
nous parle d’ailleurs tout naturellement d’une intervention hors du
cadre de l’ONU, comme ça, léger, facile, alors que rien n’autorise ce
genre d’ingérence : et si la Chine décidait d’attaquer Israël, que
dirait-on ? Et puis, il y a ceci
que nous rappelle Europe 1 : elle a bon dos, l’indignation face à de
telles pratiques. Bien sûr que c’est immonde, et on ne se prive pas de
nous le montrer avec des photos de victimes innocentes, d’enfants même.
Mais on se garde bien de nous rappeler aussi ce que disait Mme Albright à propos des petits irakiens.
L’attitude
de M. Fabius me donne la gerbe, littéralement et pardon pour la
vulgarité. L’horreur est en place mais on sait très bien, aussi, qui lui
a permis de s’installer ; qui "fournit" les rebelles en matériel "non
létal" et les pilote depuis le début ; qui a "boycotté" les élections
législatives l’an dernier plutôt que de laisser s’exprimer le peuple
syrien ; qui persiste à vouloir déboulonner « Bachar » alors même que
plusieurs sources récentes concordent à dire que le peuple le soutient
majoritairement ; qui a déjà choisi son successeur, un brave Frère
Musulman d’origine syrienne ayant émigré aux USA et y vivant depuis
lors, sans demander à aucun instant l’avis du peuple syrien. Pour la
démocratie et les droits humains de Monster Madge.
L’horreur est
déjà là mais le pire reste à venir, et l’on sait très bien, aussi, qui
sont ces rebelles : des fanatiques religieux, les mêmes que ceux qu’on a
installés en Libye et qui se lancèrent dans une redoutable chasse aux
nègres après s’être auto-amnistiés pour les crimes commis au nom de leur
rébellion. Les mêmes dont la première déclaration publique affirma leur
volonté de restaurer la charia, interdisant — et c’est l’exemple
qu’eux-mêmes donnèrent — le divorce et autorisant de nouveau la
polygamie. Les mêmes qui, incapables de se fédérer, firent éclater ce
pays jadis fort et progressiste, en autant d’entités qu’il compte de
petits dictateurs tribaux, chacun faisant régner sa terreur à sa guise.
Et le peuple trinque : persécutions, lynchages, camps. Les Français
stupides croient que l’affaire est terminée : le dictateur est mort, le
peuple libéré. Pour les Libyens en revanche, elle ne fait que commencer.
Et
c’est la même chose qu’on nous ressert avec « Bachar », la même
perspective horrifiante à moyen terme... quand les rebelles auront pris
le pouvoir, on retrouvera sans doute les mêmes mécanismes d’éclatement
avec, en fond, le doux cri des minorités que l’on massacre. Et
l’Occident fera la même chose qu’en Libye : il laissera ces gens se
faire massacrer par des coupables qu’on identifiera cette fois-ci
clairement puisqu’il n’y aura plus alors de "régime" à incriminer, se
contentera d’évacuer ses ressortissants, ses diplomates, ses troupes et
de mettre tout ce petit monde à l’abri. Peut-être même qu’on fera du
commerce avec les rebelles : leur vendre des couteaux spécialement
conçus pour égorger les non-musulmans serait un excellent point de
départ pour créer du lien.
Ceci pour le peuple syrien, c’est
déjà lourd... mais ce sourire en coin de Fabius quand on sait quelles
sont les positions de la Russie, de la Chine, de l’Iran bien sûr et
d’autres autour de la zone, et qu’on mesure le risque d’embrasement
mondial, au propre, au figuré, le tout sur fond d’une crise économique
avec la perspective d’un effondrement global imminent, donc règlement de
"comptes" au propre comme (encore) au figuré, déstabilisation des
rapports diplomatiques liés au commerce, dettes insolvables etc. — le
spectre d’une ultime guerre mondiale est bien là. Toutes les conditions
semblent réunies et on en rajoute. Et Fabius content d’y aller, sûr de
lui, sourire en coin. Et « la France est une nation souveraine, madame »,
et vas-y que je pouffe de rire comme si c’était drôle, comme si c’était
vrai, comme si la France faisait le poids, qu’elle était unie, qu’elle
n’était pas proche d’éclater de l’intérieur.
Bref, j’arrête là
parce que c’est déjà bien trop long... mais ça me dégoûte, vraiment. Ce
type nous emmène droit dans le mur et il le fait avec une sûre
arrogance, sachant très bien ce qu’il en est, mentant plus vite même
qu’il ne respire, juste incroyable d’hypocrisie et de lâcheté. Et je le
dis d’autant plus librement que j’ai grandi dans une culture de "gauche"
à l’époque où cela semblait encore avoir un sens, et qu’on disait ce
type brillant dans mon entourage. P’tèt même qu’il deviendra président,
il a les compétences. Je ne ferai pas insulte à son intelligence dont je
ne doute pas d’ailleurs, mais aujourd’hui j’en suis à me dire qu’il
"brille" certes — mais plus à la manière d’une certaine étoile noire.
lloyd henreid
1er août 2013 17:32
Les entreprises se plaignent de ne plus y arriver et l’État leur donne des contrats aidés dont il prend en charge parfois jusqu’à 100% du coût voire au-delà (= payés pour embaucher) dans le cadre de certains de ces dispositifs. Résultat ? Les gentils entrepreneurs seuls à porter le monde sur leurs épaules (à les entendre) se plaignent que ça leur coûte encore des impôts. On devrait faire une taxe applicable à tous les gueux, mais pas aux "patrons", dans le but de financer la main-d’œuvre qui les enrichit. Ou bien faire payer ceux qui le souhaitent pour avoir le privilège de bosser pour eux et produire des biens ou services pour leur seule gloire (plus personne à terme ne devant pouvoir se les offrir). Je ne vois pas d’autre moyen pour qu’ils arrêtent enfin de se plaindre : donnons-leur tout et qu’on en finisse !
lloyd henreid
26 juillet 2013 15:18
Je plussoie aussi les précisions de Wesson :) apparemment sur les traces
de la belle Abby depuis longtemps. Quel hôtel en Espagne ? :p
Je comprends mieux le pourquoi avec Larry Flint.
C’est
bon de savoir que la "dissidence" médiatique dispose de moyens à la
hauteur de l’enjeu. Parce qu’il y a du boulot que c’en est désespérant
pour rétablir certaines vérités et les faire entendre.
C’est bon
aussi de voir que certains parmi les américains, et certains
"qualifiés", de plus en plus se réveillent et disent ce qu’ils pensent.
Bientôt le mariage de Martin et Snowden en vue de donner naissance à
l’antéchrist ?
lloyd henreid
25 juillet 2013 18:12
De rien :) tout le mérite en revient au talentueux doubleur ! Heureux que ça vous ait plu et une très belle journée à vous.
lloyd henreid
25 juillet 2013 15:40
En Russie ils ont donc une présentatrice sexy qui dit les choses telles qu’elles sont en avançant face caméra. Classe et affirmative.
Et en France, nous avons un Pujadas à mèche qui passe tout ça sous silence, le c** vissé dans son fauteuil. Inerte et servile.
POURQUOI ?!
lloyd henreid
25 juillet 2013 15:22
Pas encore vu la vidéo mais je me suis encore bien régalé avec les commentaires :)
J’ai
le sentiment que chacun porte un bout de vérité, et que cette vérité —
ironiquement — est dans l’union de vos contraires comme l’insinuait
(volontairement ?) Gollum parlant du Taoïsme. Gaspard dont les longs
posts sont aussi excellents que ses blagues prétend que les "symboles"
qu’on voit partout ne seraient pas nécessairement, consciemment et/ou
volontairement satanistes : je le rejoins sur cette idée que dans la
masse d’idiots utiles au "système" tous ne sont pas et/ou ne peuvent pas
être "initiés" et participer d’un projet dont ils seraient délibérément
acteurs. Il y a sans doute une part d’ignorance, de sensationnel, de
mimétisme et au final : de manipulation. Ceci vaut tant pour les
propagateurs de cette symbolique que pour ceux qui la dénoncent sans
discernement en prétendant que tous seraient adeptes voire gourous de
haut niveau d’un culte obscure ou lumineux — au choix — dont ils
seraient autant d’âmes conscientes et de têtes pensantes. Toutefois et
en gardant bien cette mesure dans un coin de ma tête, je partage cette
idée émise par Nigari que ce renversement du sens, des valeurs et des
repères dont nous sommes les témoins en ces temps troublés sont
préoccupants et ce qu’ils soient ou non le fait d’un projet de tous ou
seulement de quelques-uns. Il semble évident en tout cas et compte tenu
de l’effet de masse que tout cela participe d’une volonté. La question
est peut-être davantage de savoir si Lady Gaga fait partie de cette
volonté ou des effets induits par elle.
En tant qu’agnostique,
je m’étonne de ce que beaucoup de ceux qui critiquent les obsédés du
symbole "illuminati" le font en faisant souvent référence à la Bible ou à
d’autres mythologies. Peut-être ma connaissance en est-elle trop
limitée, mais j’ai le sentiment qu’elles font partie du problème. Le
Dieu que l’Ancien Testament nous présente comme miséricordieux fait par
exemple preuve d’assez peu de compassion, suffit de lire la Genèse pour
s’en apercevoir. Sa colère est terrible, son courroux éternel, et il
châtie non seulement le pécheur mais avec lui toutes les générations
qu’il engendre. Il n’aime pas que l’homme accède à la connaissance. Et
pour éviter qu’il n’y accède de nouveau, ou qu’il s’affranchisse de sa
condition de mortel — pour éviter en fait que l’homme ne devienne Dieu
ou que ceux qui sont en bas "au sol" ne s’élèvent —, il le contraint à
travailler chaque jour de sa vie. (Sauf le dimanche : "jour du Seigneur"
donc voué à la commémoration de Dieu et de "notre" offense.) C’est la
punition éternelle de ce Dieu-là pour avoir accédé malencontreusement à
la connaissance qu’Il se réservait.
Je trouve ce Dieu bizarre et
pour être très franc : j’ai le sentiment que cette mythologie
monothéiste pose les bases d’une condition de crainte, d’interdiction
d’accès à la connaissance, et de travail pour empêcher d’y revenir.
Comme autant de choses qui président à la manière dont nos élites nous
gouvernent encore aujourd’hui, càd par la crainte que les choses ne
s’enveniment si d’aventure il nous prenait l’envie de penser par
nous-mêmes, ce dont le travail — heureusement ! — nous empêche par
manque de temps pour méditer ou réfléchir. Je me demande parfois si la
grande "révélation" promise par le Nouveau Testament ne consisterait pas
à dire que tout ce qui nous a été présenté comme vrai depuis la Genèse
est faux et inversement. Que Dieu serait en fait cruel, pas
miséricordieux ; et que Satan peut-être à l’instar de Prométhée (l’un
portant la lumière et l’autre le feu) ne voulait après tout que le
meilleur pour nous autres, pauvres mortels. Que le Dieu dont on nous
prédit le règne après cette révélation serait en fait plus proche de
notre représentation du Mal que du Bien, induite — ironiquement — par
l’étude du Livre et des repères qu’il installe. Et surtout : que ni ce
Dieu ni Satan n’existent, mais qu’ils ont été des mythes fort utiles
pour nous asservir en jouant sur la crainte d’un "au-dessus" qui
n’existe pas. Ou s’il existe : sous une forme et un nom différents de
ceux que des hommes ont décidé de lui donner.
Mon sentiment en
gros et à ce jour, c’est que le Dieu unique introduit par la Bible n’est
pas celui qui viendra chasser le mensonge : Il est lui-même la première
pierre de ce mensonge. Une construction humaine posant les bases d’un
schéma social — au sens large — qui serait un peu le mode d’emploi des
outils de domination. Il est à noter aussi que l’individualisme résulte
en partie de cette influente mythologie, Dieu donnant à l’homme l’ordre
de "dominer" sur toutes les espèces de la terre, de l’air et des mers,
ainsi qu’accessoirement sur sa propre femme. (Figure pécheresse par
excellence aux yeux de Dieu ; aux miens : figure d’amour et de
tempérance.) Dire que l’individualisme serait un signe de la présence du
Diable parmi nous me semble donc en ce sens discutable : ce pourrait
être aussi bien et simplement le résultat de notre obéissance au
commandement de Dieu que de placer l’homme — en tant qu’espèce ou en
tant qu’individu — au centre de notre paradigme social et cosmique. Soit
dit sans intention d’offense et d’avance pardon pour ce que mon post
peut avoir d’inculte, d’HS ou de brouillon — j’ai juste l’impression que
les mensonges d’aujourd’hui sont un peu les vérités d’hier et
inversement.
lloyd henreid
22 juillet 2013 15:27
« Quelque chose qui était une religion et un élan se change en une
idéologie, et une idéologie totalitaire, et il faut avoir le courage de
dire que l’islam est devenu une idéologie totalitaire. »
C’était
également le cas du christianisme avec les croisades et autres
tentatives d’évangélisation forcée. Je concède que le pire de cet "élan"
appartient à l’histoire, c’est du passé, mais c’est aussi le cas du
judaïsme et de l’idéologie sioniste qui aujourd’hui s’exprime de façon
vigoureuse. Il faut aussi avoir le courage de le dire, et pas seulement
répéter ce dont "tout le monde parle" — pour reprendre le titre de
l’émission.
« Allah dit ceci : "Si tu crains que ta femme puisse
te désobéir, enferme-la dans sa chambre et frappe-la." Il faut le
savoir, c’est dans le Coran. »
Il faut savoir aussi que dans les textes judéo-chrétiens de l’Ancien Testament, il est écrit :
« Il [Dieu] dit à la femme : J’augmenterai la souffrance de tes
grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers
ton mari, mais il dominera sur toi. Il dit à l’homme : Puisque tu
as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet
duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point ! le sol sera
maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta
nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des
ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton
visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce
que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es
poussière, et tu retourneras dans la poussière. Adam donna à sa femme le nom d’Eve : car elle a été la mère de tous les vivants. » (Genèse 3.16 à 3.20, je souligne.)
On
peut pas dire que ce chapitre qui est l’un des premiers, donc un pilier
de la mythologie judéo-chrétienne, soit un modèle en matière de respect
de la femme. Ce que l’Ancien Testament s’empresse de nous dire, c’est
que la femme est une pécheresse et qu’à moins de la surveiller de près,
et de la dominer, son mari l’homme court à sa perte. Aussi Dieu lui
ordonne-t-il de la "cadrer" et cette domination s’exerce jusqu’au nom
qu’Adam lui-même (= l’homme) choisit pour Eve (= "sa" femme) comme s’il
venait de s’offrir un chien et qu’il l’appelait Croquette "parce qu’il
aime bien manger" — j’extrapole un peu mais vous voyez l’idée.
Je
ne nie pas l’existence d’une certaine forme d’intégrisme dans l’islam,
et salue d’ailleurs les propos plus mesurés de l’auteur qui ensuite,
précise bien que la plupart des citoyens issus de l’immigration n’en ont
cure : ils veulent juste vivre tranquillement et "en paix" dans le
respect des lois de la République. C’est également vrai pour certaines
de mes amies algériennes qui se sentent étouffées par l’obligation de ne
pas manger ni boire en cette période de ramadan. Je regrette juste
comme toujours le côté partisan et finalement peu courageux d’E&D
qui reste dans l’enfoncement de portes ouvertes (= "tout le monde en
parle" DÉJÀ !!) en omettant soigneusement de relater ces nuances et en
poussant jusqu’à une certaine forme de mystification :
« Hasard ou coïncidence qu’il se soit donné la mort en plein ramadan, personne ne le saura jamais. »
Personne
ne le saura jamais mais je le dis quand même, et avec courage : ce sont
peut-être les musulmans [sans distinction] qui ont en quelque sorte
assassiné monsieur Léger. Ou comment réduire l’intelligence à la bêtise,
la profondeur au superficiel, l’honnêteté à la récupération partisane,
le tragique au sensationnel, la dignité à l’indécence.
Pour n’être pas étranger aux idées suicidaires, je compatis et souhaite qu’il ait trouvé le repos.
lloyd henreid
17 juillet 2013 19:35
Pas encore vu la vidéo mais rien que l’auteur et les premiers commentaires... et puis surtout l’intro : une demi-heure pour "tout comprendre" dont "toute l’histoire de la région", ouais, sûrement. On imagine bien qu’en trente minutes des millénaires seront parfaitement résumés. Intégralement bien sûr. Et surtout "sans parti pris", je fais confiance à Enquête & Débats pour ça.
lloyd henreid
14 juillet 2013 19:36
1) Je n’ai pas peur, c’est juste désagréable :)
2) Il y aura TOUJOURS des rapports de force et des obligations, ne serait-ce parce qu’il faut manger pour vivre. Ce monde n’est pas tendre, on n’y est jamais vraiment libre. Le revenu de base permettrait d’instaurer le principe que chacun a le droit de vivre et de faire protéger ce principe par l’État càd par une autorité "élue" donc idéalement révocable. Il faut bien sûr compléter ceci par un travail sur la "vraie" démocratie à mener en parallèle.
3) Merci d’avoir précisé votre définition.
4) Le revenu de base permettrait à ceux qui veulent faire vivre la culture, pour reprendre l’exemple, de s’affranchir justement du système médiatique au sens large : maisons de disque, d’édition etc. — en leur donnant la possibilité de se "vendre" directement sans crainte de se retrouver sans rien du tout en cas d’échec. S’ils ont du succès et parviennent à vendre des livres, des disques ou des strings Hello Kitty ® leur revenu de base sera augmenté en fonction de leurs bénéfices. S’ils n’y arrivent pas, ils pourront au moins "tenter le coup" sans crainte de se planter et de vivre à la rue. Ceci permettrait justement aux artistes de travailler en toute liberté sans contrainte de devoir se plier aux exigences des faiseurs d’une "mode" devenue débilitante et ne faisant certainement pas honneur à l’art. Ce serait un moyen de libérer des créations qui n’entrant pas dans le moule, pour l’heure, parviennent difficilement à s’exprimer.
5) Là-dessus, je vous rejoins (encore) totalement. La question du tirage au sort pour une "vraie" démocratie peut sembler étrange de prime abord, mais je vous recommande les entretiens d’Étienne Chouard à ce sujet. Je trouvais ça risible jusqu’à ce que je l’entende... et non : je ne travaille pas pour faire sa pub ^^ au cas où vous vous poseriez la question.
Merci pour vos réponses et @ bientôt peut-être !
lloyd henreid
14 juillet 2013 19:11
Re-bonjour micnet :) et ceci sera probablement ma dernière intervention. J’écris trop et trop long et ça me fait bobo ma tête !
« Donc quand je lis que cette Europe est de tendance libérale : je me marre !! »
Ça
me fait aussi marrer... ou pleurer, ça dépend. Surtout quand les gens
marchent à fond dans la combine. Je préfère le terme de "néo-libéral"
car la concurrence n’est ni libre, ni non-faussée. Je pense que le
système est analogue au fascisme — la violence en moins... pour
l’instant — dans la mesure où l’État fait le jeu des corporations au
lieu de jouer son rôle de régulateur. Il en résulte un "faisceau" de
pouvoirs économiques, politiques et médiatiques sans plus aucun
contre-pouvoir réel et efficace, qui aboutit au deuxième point sur
lequel je vous réponds.
« Savez-vous que M. Thatcher a toujours été opposée à
cette union européenne qui a été mise en place et qu’elle a été une des
seules, sinon LA seule parmi les chefs d’état d’alors à s’opposer de
front à Jacques Delors ? Savez-vous qu’elle a toujours plaidé pour une
Europe des états-nations indépendants ? »
Je
laisse le cours d’histoire de côté, mais simplement : je faisais
allusion à Maggie — paix à son âme — pour illustrer cette idée,
prégnante aujourd’hui, qu’il n’y aurait aucune alternative au système en
place. L’acronyme TINA
nous vient bel et bien de Mme Thatcher et résume tout à fait cet état
d’esprit. Je vous renvoie au post d’Éric qui me demande si je préfère
perdre les transports, la police, l’armée, ou bien la santé ? Il part du
principe qu’on n’a pas d’autre choix que celui de perdre quelque chose,
fort bien, c’est un point de vue. Mais je ne le partage pas.
« De nouveau, avez-vous lu le lien de l’article ci-dessus ? Il est notamment fait mention d’une dette de 26 milliards en
2003. Certes cela fait 10 ans maintenant mais est-on sûr que c’est
mieux aujourd’hui ? Pensez-vous sérieusement qu’une entreprise privée
accusant une dette pareille serait viable ? »
Je
répondrais que non, après tout dépend des soutiens dont elle bénéficie,
de ses perspectives en termes de recettes etc. — et je ne suis pas non
plus trader hein, je précise :) donc je n’ai pas réponse à tout mais
essaie simplement d’exercer mon esprit critique et ma logique.
Simplement et pour en revenir à votre propos : vous partez une fois de
plus de l’idée selon laquelle "parce que la SNCF est endettée, la seule
solution" consisterait à privatiser. Il n’y a pas d’autre choix, on en
revient toujours au même. De mon point de vue l’on pourrait aussi
renflouer les caisses de la SNCF — comme celles de l’État — si nous en
avions les moyens. Et je pense que nous aurions davantage de moyens si
au lieu de nous laisser constamment piller par des fortunes privées
(pardon mais encore une fois : les milliardaires sont assez rarement
fonctionnaires !) auxquelles on redemande ensuite de nous prêter des
sous avec des intérêts donc de la dette et ainsi de suite — on disait
"stop" et fin de l’orgie capitaliste. C’est schématique, OK — c’est de
l’idéologie aussi. Mon point est simplement de vous dire, et ce, dans le
respect de votre opinion, que celle-ci relève d’un choix et que
d’autres sont possibles ou à tout le moins envisageables. Certains n’ont
plus d’argent parce que d’autres en ont trop, et je ne pense pas qu’on
résolve le problème en leur donnant le peu qu’il nous reste càd notre
patrimoine.
« ---> Entre idéologues, on devrait s’entendre
(je plaisante). Plus sérieusement, comprenez-moi bien : lorsque je dis
qu’une privatisation OBLIGERAIT le nouvel actionnaire à plus de
précautions, j’espère que vous avez bien compris que cette obligation ne
vient pas d’une quelconque ’vertu’ dudit actionnaire mais bien du fait
qu’il n’aurait pas d’autres choix, sous peine d’en subir de lourdes
conséquences financières ! [...] Et donc lorsque je dis
qu’une entreprise privée serait obligée de tout mettre en oeuvre pour
que ce service fonctionne, pensez-vous sérieusement que je fasse de
l’idéologie ? Moi j’ai l’impression d’avoir une approche plutôt
pragmatique mais sans doute ai-je tort... »
Il y a
toujours une part d’idéologie dès lors qu’on "choisit" une solution
plutôt qu’une autre. Je ne vous en tiens donc pas rigueur et
inversement, j’espère que vous non plus. Plus jeune, ado en particulier,
j’étais idéologue : sensibilité de "gauche" jusqu’à ce que je me rende
compte que ça ne veut plus rien dire. Puis j’ai été contre le
"libéralisme" jusqu’à ce qu’en débattant ainsi que nous le faisons, je
réalise — magie de la contradiction ! — que le système en place n’a de
libéral que le nom et le sacro-saint principe de liberté de s’enrichir
démesurément au fond du fond. La liberté s’arrête pour vous et moi dès
lors que nous nous penchons pour cueillir une fleur dont le brevet est
détenu par Monsanto, si vous voyez ce que je veux dire. Mon analyse sur
ce fil se veut pragmatique, il y a sans doute une part d’idéologie mais
vraiment et très sincèrement, je ne défends aucun parti ni rien de ce
genre. Je suis juste convaincu par le cheminement logique que je vous
livre, que privatiser ne fera que nous emmener dans le mur encore plus
vite. Non par le jeu de la libre concurrence mais par celui du fruit
pourri qui gâte le panier. Je crois sans idéologie aucune que l’État,
pragmatiquement doit jouer un rôle de contre-pouvoir et réguler un
minimum l’économie. Je ne sais plus quel économiste, pourtant pas de
gauche, disait qu’au fond c’est un peu comme un match de boxe : un
combat mais sur un ring avec des règles et un arbitre qui veille au
respect de ces règles. Il définissait le système en place partant de là
en disant : on a supprimé le ring (= mondialisation), les règles (= jeu
de la soi-disant concurrence "libre et non faussée"), l’arbitre (=
l’État qui renonce à son rôle), et ça devient une rixe ou quelque chose
de ce genre. C’est une analyse très pragmatique à laquelle je souscris
et elle fait partie des éléments qui guident mon "choix" sur un plan
plus idéologique. Sachant aussi que je crois surtout à l’équilibre entre
pouvoirs et contre-pouvoirs : si l’État avait a contrario "trop" de
pouvoirs et qu’il écrasait l’économie par exemple, je plaiderais pour un
peu plus de libéralisme. En l’occurrence ce que je constate chaque
jour, c’est des réformes "courageuses" qui vont TOUJOURS dans le sens de
libérer — encore un peu plus — l’économie, d’alléger les charges
sociales, de repousser l’âge de départ à la retraite et d’autre part :
des articles expliquant qu’il y a eu plus de milliardaires cette année
et que les ventes de voitures neuves ont chuté sauf haut-de-gamme et 4x4
de ville. La paupérisation est un danger et le social, une composante
aussi
de l’équilibre précaire. Si "vous" continuez dans l’extrême libéral en
négligeant la base du social càd le nombre, les masses, les 99,9999% —
alors je vous garantis que la lutte des classes deviendra à terme telle
que le police et l’armée n’y pourront plus rien faire. Ordo ab chaos,
c’est en tout cas ma conviction.
Un grand merci pour vos réponses, votre patience, et votre ouverture d’esprit.
Bien cordialement.
lloyd henreid
14 juillet 2013 17:56
« Ils
sacrifient une partie de leur salaire ? Là je débarque, pouvez-vous
préciser ceci ? En quoi sacrifient-ils une partie de leur salaire ?
C’est une vraie question, pas de sous-entendus ironiques, quelque chose
doit m’échapper. »
Je vous renvoie à la définition du mot "grève",
sans sous-entendus ironiques mais simplement : les gens semblent
oublier parfois... souvent... de plus en plus... que les heures non
travaillées ne sont en principe pas payées. C’est le droit et il
s’applique semble-t-il aussi aux "nantis" de la SNCF : voir ici ou encore là pour des sources primaires (pardon pour le trait d’ironie qui ne vous vise pas). Cet article
du Monde nous le confirme aussi : les cheminots, comme tout le monde,
renoncent au paiement des heures qui ne sont pas travaillées. Faire grève
leur coûte donc une partie de leur salaire comme tout le monde ce qui
est d’ailleurs parfaitement normal.
« Je suis en partie d’accord avec ce que vous avez ajouté. Je conçois tout
à fait qu’il faille à la base des moyens de faire entendre à sa
hiérarchie que quelque chose déconne, qu’il y a dysfonctionnement et
qu’il lui faut quelque peu changer de cap avant un drame, mais pensez-vous
que la grève soit le seul moyen possible ? Pensez-vous que ce besoin
doit se payer de désagréments réguliers pour les usagers ? »
Je
pense qu’à partir du moment où les décideurs sont complètement
déconnectés du terrain, et ignorent les réclamations tant des clients
que de leurs employés, seul ce bras de fer à qui cèdera le premier
permet de faire évoluer les choses. C’est l’essence-même du droit de
grève que de faire comprendre à l’employeur que sans employés, pas de
production et que sans production, pas de pognon ! De même qu’un citoyen
lambda est plus facilement convaincu par une prune que par un panneau
lui demandant de limiter sa vitesse, un patron peut ignorer ce qu’on lui
dit mais réagit quand on commence à taper au portefeuille. C’est
malheureux mais ce bras de fer est nécessaire pour équilibrer le rapport
employeur-employés. Les syndicats jouent — certes mal en ce moment — un
rôle de contre-pouvoir efficace dans cette optique.
« Par ailleurs, pour ce qui est des dysfonctionnements, je ne suis pas
d’accord pour n’en rejeter la faute que sur la hiérarchie. En tant
qu’usager, moi, c’est toutes les semaines que je vois des manquements
individuels à la base qui, mis bout à bout, dégénèrent en désordre
généralisé. |...] Je veux tout simplement dire par là que le
dysfonctionnement global est forcément jalonné d’erreurs à tous les
niveaux. Dans le privé, ça arrive aussi, bien évidemment, mais d’une
part c’est un motif de licenciement, d’autre part, ce n’est pas fait
avec l’argent du contribuable. »
Je ne nierai pas qu’il y
a des parasites et j’en connais... ’y en a même qui squattent des
postes, que personne ne supporte et qui privent des gens sérieux qu’on
aimerait garder de ces mêmes postes. Et je peux vous dire que j’en ai vu
aussi, des "collègues" — car oui, honte à moi, j’ai bossé un peu dans
le public ! — qui se plaignaient à leur hiérarchie de se taper cinq fois
leur dose de taf’ parce qu’il faut prendre aussi celle de ceux qui ne
branlent rien. On en revient à ce que je vous expliquais : la hiérarchie
trouvant plus commode de ne rien dire (du moment que certains sont
assez cons pour bosser le double, où est le problème ?), vient un moment
où ceux qui "font le boulot" n’ont d’autre choix que de faire grève
pour forcer ladite hiérarchie à faire le sien. La majorité des
fonctionnaires que j’ai rencontrés étaient des gens dans l’ensemble
sérieux et qui passent leur temps à jouer aux chaises musicales en
faisant le saut d’un poste à l’autre constamment. Parce que d’une part
il y a des parasites, certes — dans le privé aussi d’ailleurs —, et
d’autre part parce qu’il y a de moins en moins de moyens. Dans la mesure
où c’est la hiérarchie qui décide, c’est à elle de faire le nécessaire
pour 1) faire le ménage et 2) veiller à ce que l’affaire tourne
correctement. Malheureusement, elle le fait rarement.
« --- Pour finir...
Peut-on affirmer que les cheminots soient, à
l’heure actuelle, les plus mal lotis ? Comment expliquer les armées de
jeunes, avec ou sans diplômes, désireux de rejoindre leurs rangs ?
Autre chose :
Imaginez qu’il faille bientôt délester l’État d’une charge énorme.
Choisiriez-vous les transports... ou la police ?
Les transports... ou l’armée ?
Les transports... ou l’éducation ?
Les transports... ou la santé ? »
Je
ne choisis pas entre le pire et le moins pire, pas quand ce choix est à
la fois forcé et illégitime. Pendant que des nations entières souffrent
du chômage et bradent tous les biens publics acquis au fil des siècles,
certains, très peu nombreux, cumulent des milliards dont ils n’ont
objectivement pas besoin pour vivre. J’ai rien contre le fait que
certains gagnent plus, c’est normal aussi de valoriser le travail. Mais
je pense comme Chouard que ces gens-là sont "malades" et qu’on n’a pas à
les laisser nous piller de la sorte. Mon choix se porterait sur un État
jouant son rôle de contre-pouvoir et assurant le minimum de
redistribution pour éviter qu’à force de tout vendre, nous n’ayons plus
rien et qu’un chaos à la syrienne s’installe. Et si ça fait de moi un
méchant rouge que de le dire, un idéologue ou que sais-je d’autre, tant
pis ! C’est juste ça ou l’effondrement dans le sang que chacune de "vos"
solutions ne peut que nous apporter. Je dis "vos" mais je devrais
plutôt dire "leurs" parce que le génie des oligarques en place,
justement, c’est de vous réduire à ces choix qui n’en sont pas vraiment.
En gros : tu préfères qu’on te la mette d’abord dans la bouche ou
ailleurs ? (Pardon pour la vulgarité.) Je vous donne mon idée, Éric :
vous choisirez l’une ou l’autre de ces options pour seulement quelque
temps plus tard choisir la suite. Ils prendront tout dans l’ordre que
vous déciderez.
« PS : Au sujet de votre exemple entre Free et Orange. À plusieurs
reprises vous avez mentionné le hold-up de Free par rapport à Orange. Je
peux vous garantir que le mec de Free est une véritable star dans
tous les milieux sociaux ! Ce néo-libéral a cassé les prix, foutu la
merde, lancé le principe des box et le tout-en-un... Qu’importe la
qualité aux usagers ? Peu leur chaut, ils butinent, changent chaque
année de prestataire. Le seul critère retenu : les prix tirés vers le
bas. Et ça, c’est dû à Free, sûrement pas à Orange dont les hotlines
laissent parfois également à désirer (je précise que je suis chez
Bouygues après avoir été Orange, puis Free, et que c’est aussi chaotique
que les autres. Et dans un mois, je passe à Numéricable). »
Je
suis chez Orange et je n’ai jamais eu de problème avec la hotline. En
revanche j’ai plusieurs connaissances qui récemment, sont passés chez
Free pour le fuir presque aussitôt. Ce ne sont que des exemples et ils
ne font pas la règle, mais ça ne change rien à la logique de mon
raisonnement. De plus il est encore très tôt pour juger de l’effet de
cette mise en concurrence, ça fait combien de temps que Free est sur le
marché ? Le problème tel que je le perçois — je me trompe peut-être —,
c’est que les conséquences ne sont pas visibles de suite. Pour l’instant
c’est bien, les prix tirés vers le bas, et puis ça tombe nickel vu que
les gens n’ont plus d’argent. Je pense que ça tiendra comme ça en mode
magique, en mode "on rase gratis", jusqu’à ce qu’on réalise — d’ici dix,
vingt ans ? — qu’on ne fait plus assez de recettes pour entretenir un
réseau qui aura vieilli. Un peu comme EDF et la "fée électricité",
devenue "fée-lation" (je suis d’humeur grivoise :p), qui après nous
avoir foutu partout des centrales "sûres" pour une énergie "pas chère",
nous explique maintenant que les prix doivent augmenter pour entretenir
les mêmes centrales devenues vétustes et — même s’ils ne l’admettent pas
— potentiellement dangereuses. Bah là on fait pareil avec la super 4...
5... 6G permettant de surfer si t’as les moyens de payer l’i-Phone, on
fait du mieux, du beau, plus puissant et moins cher, la surenchère du
cosmétique et pas besoin d’être un génie pour comprendre que quand le
prix baisse et que le service "visible" augmente, il y a toujours
d’autres trucs qu’on néglige à côté.
Mais je me trompe peut-être, l’ami — en fait je l’espère. On en reparlera dans vingt ans si vous voulez (à condition bien sûr qu’on survive à la guerre civile).
Bien cordialement.
lloyd henreid
14 juillet 2013 15:31
Erratum : peu de chances que j’en aie * pour tenter de l’investir.
lloyd henreid
14 juillet 2013 15:28
« Du coup, pour maintenir l’existence des ces travaux essentiels mais peu
valorisants, mais qui seraient mis en péril par la liberté acquise grâce
au revenu universel, cela vous contraint à imaginer... l’obligation.
Remarquez, on pourrait aussi employer des esclaves pour ce genre de tâche, ou encore des intouchables... »
Je
n’aime pas cette manière de feindre de ne pas comprendre... vous
détournez mes propos en me faisant passer pour un facho, c’est très
vexant. Je vous parlais de "prendre des tours" pour que justement, plus
personne ne soit contraint à faire partie d’une caste "intouchable" à la
française.
C’est vous-même qui émettiez cette objection que le
travail est nécessaire et que cette "obligation" d’accomplir certaines
tâches ferait obstacle à l’idée du revenu de base. Aussi vous
expliquais-je qu’il y a d’autres moyens que les castes pour faire en
sorte que ces tâches soient accomplies.
Prendre des tours nous
obligerait certes toujours à acquitter ces tâches puisqu’elles sont
nécessaires. Mais contrairement au système en place qui semble mieux
vous convenir, plus personne n’aurait à subir cette contrainte ni
l’humiliation qu’elle représente — chacun étant logé à la même enseigne —
jusqu’à la fin de ses jours.
Le RSA ne fonctionne pas parce
qu’il ne permet pas de vivre, tout simplement. Il ne permet donc pas non
plus de s’affranchir des contraintes que j’évoquais, ni ne favorise
l’initiative personnelle. Si j’ai pas assez de sous pour déjà me
nourrir, il y a peu de chances que j’en ai pour tenter de l’investir
dans un projet fut-il de nature artisanale.
Je note d’ailleurs
que vous en revenez sans cesse à l’artisanat comme si c’était le seul
type de travail (= manuel à visée matérielle) possible et respectable.
Le concept de base d’une société consiste à vivre ensemble dans le but
de partager les tâches pour plus de confort, c’est ce qui rend le
sacrifice d’une part de liberté individuelle tolérable. Nous n’avons
donc pas besoin d’un système où chacun serait artisan et produirait des
biens 100% matériels. Je trouve inquiétant et à la fois symptomatique du
monde moderne le fait que vous omettiez complètement, dans vos
arguments, les questions de culture qui elles aussi représentent un
travail utile. Culture et travail intellectuel, social, etc. plus
globalement.
Pour ce qui est du financement, je pense que vous
découvrez le revenu de base. Renseignez-vous sur le coût de l’actuel
système d’assurance chômage et du suivi qu’il implique, c’est colossal
et ça ne fait bien sûr qu’augmenter. Supprimer la composante "emploi" et
admettre que chacun a le droit de vivre, donc d’avoir un minimum de
ressources pour vivre, permettrait de supprimer tout ce dispositif
administratif lourd et extrêmement coûteux. Les économies réalisées dès
lors suffiraient à financer le plus gros du revenu de base et pour le
reste, il y a plein d’argent et de solutions à débattre. Si l’État n’a
pas les moyens, c’est aussi parce qu’il s’en laisse déposséder.
Pour
cette raison je vous rejoins sur l’idée que le libre échange est d’une
part un poison et d’autre part une imposture. Demandez à ceux que la
mondialisation a ruinés ce qu’ils pensent de la concurrence libre et non
faussée. L’État doit assumer son rôle de régulateur tout comme l’Europe
et plus globalement, les institutions supra-nationales. Le problème
c’est qu’en lieu et place du bien commun, elles opèrent un insoutenable
racket de tous les peuples. La conséquence est en effet l’interdiction
de travailler pour cause de chômage, lui-même lié au dumping, lui-même
lié à une certaine conception (faussée) du libéralisme que défendent les
oligarques dans leurs propres intérêts.
Cette interdiction est une
violation des droits de l’homme — comme je l’ai déjà dit — et le revenu
de base est une piste pour changer ça. C’est peut-être pas l’idéal,
j’en sais rien, j’essaie juste de vous donner les clés du concept. Je
n’attends pas de vous que vous soyez d’accord, vous êtes libre de vos
opinions mais de grâce, ne déformez pas mes propos.
Bien cordialement.
lloyd henreid
14 juillet 2013 14:43
Merci pour ces réponses intéressantes, Éric :) et je reviens brièvement sur micnet :
« ---> Il est bien évident qu’il ne s’agit pas
d’attendre d’avoir des morts pour se poser les bonnes questions. Or
justement, il me paraît évident qu’une privatisation de la SNCF, même en
situation monopolistique, obligerait le nouvel actionnaire à ENCORE
PLUS de précautions à mettre en place, d’autant que ce dernier serait
regardé ’à la loupe’ à cause de cette nouvelle situation. Par ailleurs,
même en situation de monopole, si un drame venait à survenir cela aurait
forcément un impact non négligeable sur la fréquentation du transport
ferroviaire, du moins sur le court terme (tout le monde n’étant pas
obligé de prendre ce type de transport) et du coup, la situation
financière s’en ressentirait d’autant plus que ce n’est pas l’état qui
viendrait au secours de ce nouvel actionnaire... »
C’est
vous cette fois qui faites de l’idéologie ! Il ne me paraît à moi pas
évident DU TOUT (pour les raisons que j’ai déjà expliquées) que cela
oblige à "encore plus de précautions" — et pour ce qui est de l’impact
financier, j’entends bien, mais comme disait Éric :
« lorsque la qualité des téléphones portables d’une certaine marque se
dégrade, les clients vont effectivement voir ailleurs, libre à cette
marque de redorer son image par la suite. Mais si cela concerne un train
sur des rails, la perte de qualité se fait directement ressentir par un
accident possible, d’où des morts, et nous sommes tous d’accord pour
dire qu’il n’est pas envisageable d’attendre l’advenue de ce genre de
choses comme pierre de touche de la qualité ! »
Je voudrais
aussi remarquer que dans la source unique, partisane, et dépourvue de
liens externes d’Enquêtes & Débats, le taux "formidablement faible"
d’accidents pour l’année 2007 — et seulement celle-ci, je vous le
rappelle — en Grande-Bretagne est attribuée, avec culot, à la mauvaise
gestion publique du réseau avant 1993 càd 14 ans plus tôt. C’est pas
vraiment le meilleur exemple pour me convaincre que des opérateurs
privés tendraient à assumer plus directement leurs fautes que ne le fait
actuellement la SNCF !
« Je veux dire par la que l’on ne peut pas éternellement excuser le
manque totale de qualité des services délivrés par la SNCF en nous
faisant miroiter l’enfer libéral anglo-saxon !!! Et si les moyens
financiers ne sont pas étrangers à la résolution d’un tel problème, il
me semble obscène, de nos jours, de demander ces moyens à l’État qui
croule chaque jour davantage ! »
Tout à fait ! Mais
le fait que la SNCF subisse des difficultés ne doit pas non plus nous
forcer à courir dans les bras de cet enfer anglo-saxon que Wesson nous
rappelait. Par ailleurs je pense que vous savez comme moi pourquoi
l’État "croule chaque jour davantage", bizarrement c’était pas le cas,
ou pas aussi gravement, avant que l’Europe ne se charge de libéraliser
tout ça (à commencer par les banques et leurs "intérêts" qui ne sont pas
les nôtres). C’est pas parce que les représentants de l’État baissent
constamment leur froc que c’est normal et que, comme disait Thatcher,
"il n’y a pas d’alternative" : l’alternative c’est aussi de dire "stop"
quand le privé se met en tête de toucher à ce que l’on considère comme
"service public", "bien commun", ou "intérêt général". Marrant comme
pendant que l’État ou plutôt "les" états se portent mal, les
milliardaires, eux, se portent bien et sont de plus en plus nombreux !
Et ce sont rarement des fonctionnaires qui "profitent du système" avec
leurs retraites à 1000€ par mois.
« Il faudrait choisir : soit la sécurité de l’emploi à vie, soit le droit de faire grève.
Or, on constate que les gens le plus souvent en grève sont précisément
ceux qui ne risquent pas de perdre leur emploi !!! Voilà une situation
paradoxale que les syndicats ne pointeront jamais du doigt. »
J’utilise
aussi les transports en commun et sais donc pour l’avoir vécu que c’est
très pénible. Cependant ne perdez pas de vue que comme l’explique
henocconeh (sans majuscule pour respecter le palindrome :p), la problème
tient à ce qu’une hiérarchie en partie corrompue laisse faire les
choses. Le cheminot qu’il bosse à bord des trains ou sur les voies ne
fait qu’obéir et n’a pas de pouvoir pour les faire changer, pire : c’est
lui qui est en première ligne pour prendre en pleine face la colère des
usagers en cas de retards d’un quart d’heure... aussi le droit de grève
me semble fondamental : c’est ce qui permet à ces employés (qui
sacrifient une partie de leur salaire, faut pas l’oublier quand même !) de 1)
montrer qu’eux non plus ne trouvent pas ça normal et 2) attirer
l’attention du public sur autre chose que le pauvre type qui fait de son
mieux sur le quai. La grève est d’abord un moyen de se désolidariser de
la hiérarchie quand celle-ci déconne et par ses mauvaises décisions, in
fine menace la pérennité de l’entreprise. Les gens déçus s’en prennent
au petit personnel, c’est la première étape pour faire bouger les
choses. Ensuite le personnel fait remonter à sa hiérarchie et utilise la
grève comme moyen de la faire plier et d’évoluer dans le bon sens. Il
faut aussi que le public prenne enfin conscience du fait que ces petits
employés n’y sont pour rien, et que ce sont les élus qui gèrent la SNCF
dans le cadre de débats parlementaires et d’enquêtes sénatoriales que
personne ou presque ne regarde. C’est aussi ça, l’appel des grévistes :
regardez ce qui se passe au-dessus et cessez de vous en prendre à nous !
C’est pas marrant pour eux de voir que faute d’effectifs, le service se
délie et qu’à cause de ça ils risquent de perdre leurs emplois.
« Tôt ou tard se fera sentir un vrai débat sur le commun, sur la remise en
question de l’individualisme, sur les valeurs communes, leur hiérarchie
et sur la place du tout-commercial. À suivre donc... »
C’est
tout à fait ça... mais dans un système libéral ou plutôt "néo-libéral"
où tous les coups sont permis, et où — comme disait Huxley notamment —
les gros ont tout loisir de manger les petits, il suffit d’un fruit
pourri pour gâter tout le panier. Au fond je n’en veux pas aux gens du
privé pour les pratiques de dumping etc. : suffit que l’un d’entre eux
fasse baisser ses tarifs de manière déloyale pour que tout ceux capables
d’en faire autant y soient aussi contraints, et accessoirement pour que
les plus "petits" (= ceux qui n’ont pas les moyens d’investir dans des
fabriques en Chine ou au Bangladesh) se retrouvent ruinés sur le
carreau. Toute idéologie mise à part, je crois sincèrement qu’un État
fort et sain a pour rôle et devoir de veiller à ce que la compétition (=
mise en concurrence) se fasse dans le respect d’un minimum de règles
pour éviter le marasme dans lequel on se trouve. Dans la mesure où il
renonce globalement à jouer ce rôle, je préfère qu’il garde une prise
directe sur les services importants en termes d’usage et de sécurité
plutôt que de laisser la SNCF (puis les hôpitaux... les routes... les
écoles...) aux mains d’opérateurs privés qui lui échapperont et qui,
livrés à une concurrence libre et surtout "sauvage", ne manqueront pas
tôt ou tard de prendre des risques. Il suffit qu’un opérateur fasse une
manœuvre à la Free (que l’État n’a pas recadré malgré les avertissement
d’Orange notamment) pour que les autres soient contraints d’aligner
leurs prix et donc de faire des sacrifices sur la qualité des lignes
(téléphoniques ou ferroviaires), du service client, du confort etc. —
suffit d’un fruit pourri et les autres suivront. Et s’ils ne le font pas,
le plus audacieux grossira et mangera les petits pour créer un nouveau
monopole qui cette fois sera privé donc exit à la fois la concurrence
auto-régulatrice et l’État qui ne pourra alors plus rien dire sous peine
d’être accusé d’entrave à la liberté d’entreprendre ou de ne pas aimer
les riches, etc. — on en revient toujours au même, en toute logique !
lloyd henreid
14 juillet 2013 13:32
@ ffi :
Le travail, c’est contribuer à faire quelque chose
d’utile pour soi-même ou pour la société ; disons que c’est l’acte de
produire quelque chose. L’emploi, c’est un travail contre rémunération
avec toutes les règles ou contraintes sociales, hiérarchiques, etc. que
cela implique dans le monde moderne ; c’est une conception du travail
basée sur ces contraintes sous peine d’exclusion sociale donc de mort
(virtuellement et à l’extrême dans la mesure où sans travail, pas de
revenus et sans revenus, pas de subsistance).
Le postulat de
base des apôtres du revenu universel, c’est en général ce constat qu’il
n’y a simplement plus assez de travail pour tout le monde. Entre la
crise, le fait qu’on soit dans ce que j’appelle (peut-être à tort) "fin
de cycle économique" (= contrairement à l’après-guerre où les besoins en
main-d’œuvre sont plus importants, aujourd’hui ils sont moindres),
l’industrialisation qui tend à remplacer l’homme par la machine, etc. —
tout cela nous donne du chômage qui grimpe sans cesse et prive
injustement (= contre leur gré) des humains d’emploi donc des moyens de
subsistance que ce rapport traditionnel au travail leur permettait.
L’idée
du revenu de base tel que je le comprends, c’est que dans la mesure où
l’emploi ne joue plus son rôle ni de moteur économique, ni surtout de
subsistance, nous avons besoin de mettre en place un nouveau système
pour à la fois relancer l’économie (consommation) et surtout, vu qu’on
est tous un peu frères quand même, faire en sorte que personne ne soit
contraint à la rue et à la faim (pour schématiser). C’est pas seulement
de l’altruisme mais ça participe aussi de ce constat que les gens ne
meurent pas dans le silence, surtout quand ils sont (et ils le
deviennent) nombreux : la lutte des classes s’intensifie et la colère
gronde. Les jeux ne suffisent plus à noyer l’absence de pain, et sauf à
pallier cette absence, ça va péter très fort et pour tout le monde.
Le
revenu de base se présente donc comme un moyen d’apaiser ces tensions
en assurant à chacun le minimum pour vivre, sans qu’il soit pour cela
nécessaire de mendier des "emplois" qui n’existent plus en quantité
suffisante pour tout le monde de toute façon. Il part aussi de l’idée
que supprimer l’emploi libèrerait au contraire le potentiel de "travail"
libre et volontaire des gens qui en sont privés, parce que l’oisiveté
justement n’est pas une inclination naturelle de l’homme dont l’instinct
est fondamentalement créateur. Pour exemple actuellement, le bénévolat
se développe notamment dans les tranches d’âge supérieures = retraités
qui souvent sont plus actifs qu’ils ne l’étaient en tant qu’employés.
Divers sondages ont aussi montré que la plupart des gens entendraient
plutôt soit garder leur emploi (pour ceux qui en ont), soit encore faire
autre chose, reprendre des études, etc. si le revenu de base était
implémenté. La proportion de gens qui expriment l’intention d’en
profiter pour ne plus rien faire serait minimale d’après les divers
sondages que j’ai vu passer.
Pour résumer sur un truc que vous
comprendrez, je pense : étant chômeur, je suis contraint de passer mon
temps à chercher du travail qu’on me refuse. L’absence de postes en
quantité suffisante me force à diversifier mes recherches vers des
domaines autres que le mien, alors que dans ces mêmes domaines, des
personnes qualifiées sont aussi et tout comme moi sur le carreau. S’il
m’était permis de survivre sans avoir à justifier de ces recherches (=
faire des lettres à la chaîne pour trace écrite, le plus souvent sans
que personne ne daigne y répondre), je pourrais mettre à profit les
compétences qui sont les miennes pour produire un vrai "travail" plus
utile socialement que ces recherches. Je pourrais même oser lancer ma
propre activité, libéré des contraintes et de la peur de faire faillite
en me ruinant complètement et pour toujours. En clair : un revenu de
base me libérerait de ces chaînes qui m’entravent et me contraignent à
de vaines recherches inutiles au profit d’un "travail" qui, sans être un
"emploi" à proprement parler, serait tout de même plus utile que ces
recherches.
Après l’on peut imaginer toutes sortes de
dispositifs pour que le travail socialement vital soit effectué. Par
l’incitation en donnant à ceux qui bossent un salaire supérieur au
revenu de base, ou pourquoi pas par l’obligation — si nécessaire — en
demandant aux gens de contribuer à telle ou telle tâche pour laquelle
nous manquerions de main-d’œuvre "spontanée" — bref on peut imaginer
plein de choses autres que l’emploi tel qu’on le conçoit depuis
l’après-guerre. Chouard exprime aussi cette idée que je trouve chouette
selon laquelle les tâches dites "ingrates" (qui en fait le sont surtout
par le jeu des contraintes : la caissière ou l’éboueur sont perçus comme
des échecs n’ayant pas eu d’autre choix, mais détestent-ils
nécessairement ce qu’ils font ? Il n’y a pas de sot métier mais de sots
observateurs...) pourraient être effectuées à tour de rôle si personne
n’en veut : je prends mon tour de ramassage d’ordures pendant six mois,
après ce sera à vous ou à quelqu’un d’autre de le faire. Le turnover
serait d’ailleurs d’autant plus simple à mettre en place que ce sont des
métiers, généralement, requérant un faible niveau de qualification.
C’est pour ça d’ailleurs qu’on "punit" les gens pas très scolaires en
les leur collant.
J’ai l’impression que mon message est assez
brouillon, mais je pense qu’il n’est ni "excessif" ni tout à fait naïf.
Partons juste du principe que ça ne fonctionne plus, qu’il faut autre
chose et imaginons la suite ! Le changement fait toujours peur mais il
est nécessaire. N’oubliez pas non plus que le seul moyen de maintenir
"ce" système obsolète (= l’emploi) en vie impliquerait de tout casser
pour reconstruire, et que les médias appartiennent pour la plupart soit à
des financiers, soit à des marchands de béton et/ou de canons. Je pense
qu’il serait bien pour une fois d’évoluer ("évolution" et non
"révolution" qui ne signifie jamais que "revenir au point de départ") et
d’éviter le bain de sang. Nous sommes au moment critique où il faut
choisir : changer ou recommencer, dans l’inédit ou dans la douleur.
J’espère que nous prendrons la première solution (mais je suis assez
pessimiste, sincèrement).
Bon courage et bonne chance à vous pour vos recherches.
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération
