• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Nabil Hadjarab oublié par la France à Guantánamo

Nabil Hadjarab oublié par la France à Guantánamo

Nabil Hadjarab rêvait de revenir d’Algérie en France, le pays dans lequel il avait passé les années les plus heureuses de son enfance, et qu’il avait dû quitter pour des raisons familiales à l’âge de neuf ans. Mais son rêve s’est terminé en cauchemar : il est en fait incarcéré à Guantánamo depuis 2002.
Son oncle, citoyen français, lance aujourd’hui un appel au gouvernement : Dans une plaidoirie poignante il demande de « l’humanité aux Etats-Unis et de la gratitude à la France :"S’il vous plait, liberez Nabil et accueillez le en France"

Juin 2010
Pendant presque huit ans, Nabil a été soumis à toutes les formes de torture et de traitement inhumain : privation sensorielle, privation de sommeil, exposition à des températures extrêmes et à une isolation prolongée. Il a passé des années confiné dans une minuscule cellule d’acier, sans fenêtres, ne bénéficiant d’aucun accès à la lumière naturelle, d’aucun divertissement ni d’aucun soin. Aucune visite familiale ne lui a été autorisée.

Victime d’une erreur d’identification, Nabil a été lavé de tout soupçon par l’administration Bush depuis 2007. En vérité, il n’avait jamais même été formellement inculpé d’aucune charge. Nabil n’a jamais participé ou assisté à un camp d’entrainement, ni n’a eu de rapport d’aucune manière avec le terrorisme ; il a été vendu aux Américains en échange d’une simple prime, et transféré à la prison dirigée par les forces US, située à l’aéroport de Kandahar. Il a constamment rejeté les accusations portées contre lui : celles-ci étaient basées entièrement sur les interrogatoires et les confessions forcées d’autres prisonniers.

En dépit des souffrances qu’il a endurées, Nabil (aujourd’hui âgé de 30 ans) a eu un comportement exemplaire durant son incarcération à Guantánamo. Un garde de la prison l’a décrit à l’un de ses avocats comme étant “un artiste brillant, féru de football, et un jeune homme charmant”.

Cela fait maintenant trois ans qu’il espère être réinséré en France. Si Nabil détient la nationalité algérienne, la plupart des membres de sa famille proche vivent en France et ont la nationalité française. Nabil répète souvent qu’il ressent d’avantage d’affinités avec la France, d’un point de vue culturel, qu’avec le Maghreb. Nabil n’a aucun rapport véritable avec l’Algérie, ni n’y possède de structure de soutien. Il rêve de trouver un travail en France et souhaite devenir interprète ou traducteur, mettant ainsi à profit ses talents linguistiques. Il parle le français, l’anglais et l’arabe couramment. Nabil aimerait également se marier et avoir des enfants.

Jusqu’à aujourd’hui, le gouvernement français est pourtant resté silencieux devant les requêtes de sa famille et celles de ses avocats.
 
Dans une nouvelle lettre, son oncle explique : 
"Bien qu’il possède la nationalité algérienne, Nabil n’a aucune famille en Algérie qui soit en mesure de s’occuper de lui ou de le soutenir, tandis que je pourrais personnellement aller le voir tous les jours et l’aider, si seulement on lui donnait une chance. Je sais que Nabil est un garçon travailleur, comme son père, et qu’il rendra à la France ce qu’elle saura lui offrir (...). Ce que je vous demande aujourd’hui, Monsieur le Président, je sais que cela représente beaucoup. Toutefois, il me semble, à moi, que ce geste de la France en faveur de Nabil, serait normal. En effet, le père de Nabil a su, lors de son vivant, rendre de grands services à la France. Il a servi pendant 28 mois dans la guerre contre l’Algérie.
 
A l’époque, il était français, et n’a pas hésité à se battre contre ses propres frères Algériens, pour défendre les couleurs du drapeau du pays qu’il considérait comme le sien : le drapeau bleu, blanc, rouge. Des années après la guerre, Saïd avait encore du mal à en parler. Il a vu ses amis mourir devant lui, il a failli lui-même perdre la vie dans des embuscades. On pouvait l’appeler jour et nuit. Il n’a jamais dit non. Comme moi, il était gaulliste et a même servi la garde du Général de Gaulle lors de son passage en Algérie. Sa contribution a été honorable. Saïd n’a jamais rien demandé pour lui.
 
Comme moi, il a travaillé dur toute sa vie, loin de son fils qu’il ne pouvait pas élever. Je sais bien qu’aujourd’hui, s’il était encore là, il vous demanderait ce que je vous demande moi-même aujourd’hui, en son nom."

Pour l’oncle de Nabil, le Général de Gaulle n’aurait pas hésité : « Il aurait dit « oui » tout de suite » et aurait accueilli Nabil en France.

Les avocats du cabinet Reprieve lancent un appel au gouvernement français. Ils lui proposent d’envoyer immédiatement une délégation à Guantánamo afin de faire la rencontre de Nabil et d’étudier sérieusement la possibilité de sa réinsertion en France.
 
Une pétition a été mise en place ici





Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Reprieve


Voir ses articles


Publicité





Palmarès