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Accueil du site > Actualités > International > Syrie : SitRep 76 avec Ayssar Midani (4 mars 2020)

Syrie : SitRep 76 avec Ayssar Midani (4 mars 2020)

Voici le 76ème SitRep d’Ayssar Midani sur la Syrie. Au programme :
– La montée des violences en Palestine et en Israël
– L’avancée de l’armée syrienne et notamment la libération de 500 villes et villages autour d’Idleb
– L’agression militaire turque et ses conséquences géopolitiques
– Le retour des réfugiés (notamment du Liban et de Jordanie)

Pour soutenir le Cercle des Volontaires :
https://fr.tipeee.com/cercle-des-volontaires

Tags : Israël Russie Syrie Turquie




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5 réactions à cet article    


  • 1 vote
    maQiavel maQiavel 7 mars 12:36

    Bon, la réunion au sommet a eu lieu entre Moscou et Ankara et finalement Poutine a complètement tordu le bras à Erdogan.

    Et pourtant, la stratégie d’Erdogan n’était pas stupide : pour arriver en position de force à ces négociations, il a tout fait pour obtenir l’aide militaire américaine pour contester la suprématie aérienne russe dans l’espace aérien syrien et le soutien diplomatique des européens pour accentuer la pression sur la Russie, quitte à faire un chantage aux réfugiés. Malheureusement pour lui, ça n’a pas vraiment fonctionné. Erdogan a voulu convier Emmanuel Macron et Angela Merkel pour faire de cette réunion bipartite une rencontre à quatre sur la Syrie mais Poutine a refusé. Erdogan a voulu que le sommet se déroule à Ankara plutôt qu’à Moscou mais Poutine a aussi décliné, il ne voulait pas se retrouver face à des emmerdeurs de chefs occidentaux comme invités surprise. Donc c’était finalement un mano à mano et Erdogan n’avait aucun atout dans sa manche, pour le dire autrement il était à poil face à Poutine.

    Et comme prévu, les négociations ont été un désastre pour Erdogan, Poutine l’a éparpillé façon puzzle. Dire qu’il n’y a même pas un mois, Erdogan se frappait la poitrine comme un dos argenté et exigeait le retrait des troupes syriennes tout en hurlant des ultimatums. Eh ben non, Poutine, entre deux coupes de champagne, lui a fait comprendre que le retrait de l’armée syrienne n’était pas envisageable. A un tel point que dans le document conjoint sur règlement en Syrie, le sort de l’autoroute M5 n’est pas mentionné. De fait, la Turquie accepte sa perte de l’axe routier et pour cause, ce renard de Poutine a fait déployer la police militaire russe à l’embranchement des deux autoroutes M4 et M5, pour parer à toute tentative turque de la reprendre. Genre « Tu veux récupérer la M5 ? Vient la chercher. T’as plus trop envie ? Bon, passons au point suivant alors. Un petit four ? Tiens, ils sont délicieux ceux-là ». smiley

    Mais pire, non seulement la résolution entérine les récents gains territoriaux de l’armée syrienne mais en plus Erdogan a dû céder du terrain sur la M4 smiley : il a été convenu de mettre en place un corridor de sécurit de six kilomètres de part et d’autre de l’autoroute M4 et de mener des patrouilles conjointes de l’armée turque et russe dans cette nouvelle zone tampon. Autrement dit, les rebelles qui contrôlent en grande partie cette zone devront l’évacuer et Ankara ne pourra plus se servir de ses postes d’observation comme points d’appuis à ses pions de la rébellion syrienne. J’imagine Poutine au calme « Bon, ça, c’est fait. T’inquiète, on se connait bien maintenant, je vais te sauver la face, je te laisse mettre dans la résolution que la Turquie ripostera de toutes ses forces à toute attaque du régime syrien. Au fait, si tu n’aimes pas les petits fours, tu devais essayer ce caviar mon petit Tayyip, celui là a été récolté tout fraichement pour toi de la mer caspienne ». smiley

    Sérieusement, je me disais bien qu’Erdogan serait en difficulté lors de ces négociations mais je n’imaginais pas que le résultat serait aussi catastrophique pour lui smiley , ça montre à quel point le rapport de force est en faveur de Poutine dans ce duo de marchands de tapis. Si Erdogan a tant cédé, c’est qu’il est conscient de la vulnérabilité de l’armée turque face au renforcement du dispositif militaire Russe, le scénario d’une confrontation militaire était bien trop risqué. Mais c’est loin d’être terminé, on sait déjà que tôt ou tard, ce cessez-le-feu sera rompu et que les opérations vont redémarrer. Erdogan devra mettre ce temps de cessation des hostilités à profit pour se rapprocher du bloc américano-occidental et revenir en position de force quand ça va redémarrer. Côté russe, l’heure n’est pas au triomphalisme, Erdogan n’est pas du genre à abandonner ses objectifs, quoi qu’on puisse penser de lui, c’est un véritable homme d’Etat, il sait reculer pour mieux sauter, les Russes doivent poursuivre leur politique qui consiste à tout faire pour éviter une confrontation directe avec la Turquie et à bâtir un semblant de relation de confiance ne serait-ce que sur le court terme pour se servir de la Turquie comme d’une épine dans le pied de l’OTAN ( sur le moyen et long terme c’est impossible, les ambitions des parties sont trop éloignées et inconciliables ).


    • 1 vote
      Guepe maçonne guepe 8 mars 00:53

      @maQiavel

      Je me demande vraiment comment doit etre perçu cet accord chez les rebelles et parmi la population turque, surtout après les déclarations grandiloquentes d’Erdogan contre Assad et les nombreux soldats morts turcs, lui qui promettait de revenir au frontières de mi décembre voir meme au delà.

      En plus, cette double patrouille sur la M4 va isoler les rebelles au sud de la M4 si jamais il y a une offensive future.

      Ca montre que la Turquie est encore plus terrifié à l’idée d’une confrontation de la Russie que la Russie elle meme.

      Il semble que depuis le retrait US, la guerre en syrie ne passionne plus les foules sur agoravox.


    • vote
      maQiavel maQiavel 8 mars 10:39

      @guepe

      Oui, jusque-là, malgré les branlées prises par les soldats turcs et leurs pions syriens, on pouvait spéculer à l’infini sur les rapports de force militaire entre la Turquie et la Russie mais là c’est clair, l’attitude d’Erdogan qui fait tout pour obtenir de l’aide occidentale et les résultats de négociations que ce rapport de force est incontestablement favorable à la Russie.

      Concernant la population turque, elle est de plus en plus divisée vis-à-vis de cette guerre, la classe dirigeante aussi d’ailleurs comme le montre la bagarre au parlement turc. Erdogan et ses collaborateurs vont péniblement essayer de faire croire aux turcs que les négociations étaient favorables à la Turquie puisqu’ils ont réussi à obtenir un cessez le feu.

      Concernant les rebelles, ils vont bien évidemment maudire Erdogan mais ce dernier n’en a cure, ils ont perdu le soutien des pétromonarchies du golfe et des puissances occidentales, ils n’ont plus que la Turquie sur laquelle se reposer et cette dernière abuse à fond de sa position de force en les manipulant comme des pions dans son jeu d’influence sur la politique syrienne et en leur ordonnant comme des chiens d’aller combattre au Rojava pour sécuriser la frontière turque ou d’aller combattre jusqu’en Libye. Les rebelles ne sont plus rien, ce ne sont plus que les toutous d’Erdogan. 

      Finalement, les seuls mecs encore solides dans le lot, ce sont les djihado-alqaidistes d’HTC, ces gens-là n’attendent rien de personne, ils acceptent l’aide d’Erdogan quand il faut mais lorsque la Turquie va à l’encontre de leurs intérêts, ils la combattent, ils se reposent principalement sur leur base sociale, et lorsqu’ils sont subjugué par la force de leurs ennemis, ils sont prêts à mourir vaillamment au combat. Du point de vue des opposants du régime, ce sont les seuls mecs crédibles qu’il reste. Selon les accords, la Turquie doit les désarmer, on verra bien si elle va le faire mais si elle essaie, les djihadises n’hésiteront pas un seul instant à faire la guerre aux soldats turcs et là, les Russes se frotteront les mains, c’est un peu ça le piège tendu par Poutine.


    • 1 vote
      maQiavel maQiavel 7 mars 13:28

      L’une des choses que j’ai bien aimé dans les déclarations officielles qui ont suivi la négociation, c’est la dignité des officiels russes. Plus haut, j’ai un peu grossi le trait en mettant en scène un Poutine humiliant Erdogan, ce n’est que de l’humour, dans les faits, en tous cas officiellement, la Russie a respecté la Turquie. Les Russes depuis le début de l’offensive de l’armée Syrienne à Idlib n’ont jamais été dans l’outrance, ils sont restés sobres, calmes et corrects dans leur déclaration vis-à-vis de la Turquie. Ce qui ne change rien au fait qu’ils se sont montrés intransigeants sur leur position et intraitable dans les négociations. C’est ça la dignité que requiert la position d’hommes d’Etat. Pendant ce temps, les officiels turcs sautaient comme des cabris en vociférant des menaces et en faisant des déclarations grandiloquentes comme le fameux « Ôtez-vous de notre chemin  » d’Erdogan. Tout ça pour ça.  smiley

      Il faudrait que ça serve aussi de leçon aux peuples dans le choix qu’ils font de leurs dirigeants, on n’a pas besoin de vociférer des outrances et de beugler comme des charretiers pour être fort, bien au contraire, faire le kéké donne simplement une impression de petite bite. Je pense notamment à ces franges de la population française qui ont soif d’outrances politiquement incorrect et qui confondent une communication vulgaire avec de la force, et c’est comme ça qu’elles choisissent des Marine Le Pen qui se font étriller dans les débats de second tour face à des Macron qui conservent leur calme. Et c’est aussi à cause de ce genre d’outrances que la cote d’un Mélenchon s’est écroulée après sa crise de colère.

      Un homme d’Etat doit savoir conserver une forme de verticalité, en politique intérieure comme extérieure. Les vociférations ne font que rabaisser.


      • 1 vote
        Hijack ... Hijack ... 7 mars 16:20

        Merci Ayssar Midani & le Cercle des Volontaires pour ces infos ...

        Pour la Palestine, comme d’hab quoi ... c’est sans espoir pour l’instant.

        Pour la Syrie, Ayssar confirme la réalité sur le terrains.
        .
        J’ai entendu hier, cet entretien chez RT France avec Pierre Lorrain (connaisseur et très avisé) écrivain, spécialiste de la Russie. Il fait un état des lieux des enjeux de la rencontre entre Poutine et Erdogan.



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