Merci à tous pour vos commentaires si intéressants et pertinents. Certains m’ont énormément fait rire. J’ai vu d’excellentes analyses.Malgré toute l’affection, l’estime, l’amitié et le respect que j’ai pour Piero San Giorgio, je suis à l’exact opposé des solutions qu’il envisage. Notre seule chance de salut est dans le détachement total, la renonciation du superflu, l’abandon de tout lest, c’est notre chance de survie, j’en suis persuadée : le renoncement inconditionnel et entier.
Bien sûr, cela sera infiniment difficile et personne n’y est préparé, peu survivront si l’effondrement décrit a lieu. Les seuls outils essentiels et nécessaires sont notre corps et notre esprit.
Ensuite, évidemment, pour vivre en harmonie avec ses principes, lorsque l’on veut changer le monde, il faut commencer par soi même.
Pour ce qui concerne les armes, je suis contre, comme tout ce qui est susceptible de diviser ou de blesser (comme la notion de propriété). En tout cas, j’ai une nette préférence pour les blanches (raisons ataviques, peut être ?). Et paradoxalement, c’est vrai, elles me suivent partout. Pas que je sois parano, mais je les trouve esthétiques et utiles d’un point de vue pratique dans la vie de tous les jours.
Il y a bien longtemps, j’ai du me servir de l’une d’entre elles contre quelqu’un...je le regrette encore. J’ai réagis par instinct de survie. Alors, qui sait, si je n’avais pas eu cette réaction, je ne serai peut être plus là pour le regretter....qui sait ?
Nous savons tous où nous a mené la méfiance et l’égoïsme...
Le fait d’être armé n’a jamais assuré la sécurité mais a toujours représenté une prise de risques supplémentaire. Parfois je me dis que je préfère mourir que de vivre avec un meurtre sur la conscience. Mais encore une fois, on ne sait jamais quelle réaction on aura et quelles en seront les conséquences. A partir de ce postulat, je privilégie l’abstinence. Encore une fois c’est un idéal. En tout cas je me refuse d’adopter une arme à feu. C’est viscéral : elles me dégoûtent.
Il faut mépriser le recours à la violence en toutes circonstances.
Il y a énormément de choses à faire avant l’effondrement, la crise, la guerre, la révolution, appelez ça comme vous voulez. Mais, contrairement à Piero, je pense que ce climat délétère pourra perdurer encore de nombreuses décennies tant nos contemporains sont habitués à courber l’échine...
Pensons déjà à "l’après", mais agissons dans le présent, et sans perdre notre temps et notre énergie à stocker ou à s’armer inutilement.
Je suis consciente que dans une révolution, le sang doit couler. Il est le prix de la liberté. On peut juste choisir de verser le sien au lieu de celui des autres.
La seule alternative envisageable et honorable est le retour au nomadisme. Mais je sais aussi que ce ne sera possible qu’après plusieurs générations. Ce n’est pas pour cela qu’il ne faut rien faire aujourd’hui, au contraire, il est urgent de prôner la décroissance.
La BAD n’est qu’une boîte supplémentaire, une caverne. Nous passons notre vie dans des boîtes : maison, bureau, transports...liste non exhaustive...à respirer de l’air en boîte, ingérer le contenu de boîtes...et pour finir dans une boîte...pas étonnant que nous soyons si dénaturés...