@micnet "j’ai peur de me reconnaître aussi un peu dans cet extrait nietzschéen à propos de la taquinerie"
Il ne s’agit pas d’un propos portant sur la taquinerie. La taquinerie ici a seulement valeur d’exemple. Le fond général du propos qu’édulcore la référence à ce bien minuscule sadisme qu’est la taquinerie, c’est celui-ci : je peux faire souffrir quelqu’un si cela me fait plaisir, en particulier en me procurant un sentiment de supériorité sur autrui. Vous remarquerez qu’aucune limite n’est ici donnée à cette règle générale.
Eh bien, je ne trouve pas qu’on puisse appeler ça une pensée lumineuse. Souhaiteriez-vous qu’une personne que vous aimez tombe d’une manière ou d’une autre entre les mains d’un individu qui ferait sienne cette pensée, qui adopterait cette manière de considérer les relations humaines ?
Ah mais sans doute suis-je humain, trop humain, de vous poser cette simple question.
Et alors il est bon d’en tenir compte et de ne pas oublier quand on lit la prose de cet auteur qu’il ne s’agit pas d’un maître de sagesse mais d’un artiste exalté. Cela n’empêche pas de l’apprécier sur le plan littéraire puisqu’il écrit avec une certaine virtuosité.
"Déjà je ne prends pas N. pour maître spirituel, ça c’est votre fantasme, fantasme juvénile d’ailleurs et qui en dit long sur vous"
Cessez donc ces vaines tentatives d’agression personnelles et essayez de rester dans le sujet qui n’a rien à voir avec vous ou moi. Si vous ne prenez pas N. pour un maître spirituel, c’est très bien et tant mieux pour vous. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde.
@micnet "Par ailleurs, est-ce qu’en dehors de ses écrits, on a pu reprocher à N un comportement pervers dans sa vie personnelle ?"
Quel rapport avec mon propos ? Aucun.
"je redis que vouloir psychiatriser quelqu’un ne me semble pas la meilleure méthode pour le critiquer et vous n’êtes pas sans savoir que c’était la spécialité de certains régimes..."
Oui, c’est ça, Nietzsche n’a jamais eu aucun problème mental et tout a été inventé par la "psychiatrie punitive", bien sûr, c’est tellement évident...
"C’est sûr que par rapport à Rudolf Steiner, dont la cohérence intellectuelle n’est plus à prouver et dont j’ai donné quelques échantillons."
Vous appelez "incohérence" ce qui vous surprend. Vous vous trompez de concept. C’est ce que disent aussi les gens qui ne comprennent rien à l’astrologie ou au panthéon indien : "c’est incohérent !". Non, c’est juste qu’ils n’y comprennent que dalle ! C’est incompréhensible pour eux, ce n’est pas incohérent en soi.
On peut reprocher à Steiner plusieurs choses mais certainement pas son manque de cohérence. A la limite, on pourrait même dire au contraire que l’anthroposophie est trop cohérente, dans le sens ou c’est un système néo-aristotélicien autosuffisant et potentiellement enfermant avec de multiples ramifications tentaculaires : économie, éducation, agriculture, théâtre, histoire, médecine, etc.
Du reste, nous ne faisons pas une bataille de héros intellectuels et vous pourriez trouver toutes sortes de défauts à un Steiner, un Evola, un Gurdjieff, un Aurobindo, etc. (après les avoir bien étudiés pendant quelques années quand même) que cela ne rendrait pas sa santé mentale au pauvre Friedrich. On peut apprécier Nietzsche pour ce qu’il fut véritablement : un poète érudit et un penseur tourmenté, avec ses belles qualités et les limites que lui ont imposées ses désordres neurologiques. C’est déjà bien suffisant. Pourquoi vouloir rajouter du fantasme à la réalité ? Pour en faire un personnage imaginaire ?