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Commentaire de ffi

sur Alain Soral attaque Mélenchon, Nabe et Besancenot !


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ffi 2 novembre 2010 13:19

Soral a un défaut : il veut promouvoir l’égalité et la réconciliation mais en omettant la gentillesse des mots. C’est son coté ancien punk... Une gouaille, un rythme de phrasé définitif. Il y manque le mystère qui puisse donner envie aux citoyens de rechercher la vérité. Faire valser les étiquettes n’est jamais que l’art de la polémique.
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Soral reste de gauche : sa lecture du monde reste marxiste, mais avec des emprunts aux contestations historiques de droite, où la franc-maçonnerie tient lieu de structure organisant les intérêts de la classe dominante (oligarchie, bourgeoisie).
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Il y a cependant un paradoxe dans cette voie. Si on estime qu’effectivement la révolution bourgeoise des XVIIIème et XIXème siècle est le fruit d’une conspiration des réseaux francs-maçons (outils de la bourgeoisie), il faut alors s’interroger sur la société qui a été détruite.
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Cette société était complexe, déjà le fruit d’une histoire.
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A la fin de l’empire Romain, il y a eu un Europe un fort mouvement monastique (le monachisme). Celui-ci était fondé sur la règle de Saint-Benoît. Ces règles reposent sur 3 piliers : une activité spirituelle (lectio divinas), une activité lithurgique, une activité manuelle communautaire conçue à la fois comme moyen d’épanouissement du moine et de participation à la création divine (le travail : troisième pilier).
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Ce mouvement a effectué un travail (de bénédictin) considérable en Europe, en défrichant, assainissant les marais, puis invitant les populations laïc a venir cultiver les terre : le monachisme a fondé la société Européenne historique : une société fondé non pas sur les rapport de domination de l’antiquité, mais sur un travail en commun pour s’épanouir soi et pour servir Dieu (De fait, il n’y avait pas d’esclavage en Europe).
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Dès l’an 1000, les richesses générées par ce travail communautaire ont attiré des convoitises des gens en arme (cf mouvement de la paix de Dieu), d’où l’ascension de la féodalité que l’alliance avec la monarchie capétienne a permis de contrôler (d’où la France, fille aînée de l’église).
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L’oligarchie est revenue par la fenêtre avec le mouvement jésuite, adorateurs d’Aristote, oubliés pour de bonne raison par les pères de l’église du fait de ses conceptions philosophiques catégoriques et hiérarchiques. Deux phrases d’Aristote ont servit à persécuter les penseurs de la renaissance : "la nature à horreur du vide" (opposé à Pascal lors de son interprétation de l’expérience de Torricelli) et "le monde est sphérique, la terre est sphérique, et la terre est au centre du monde" (opposée à Galilée).
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A l’époque des lumières, cette société du travail communautaire pour Dieu, s’est fait emparer par la bourgeoisie, sous le prétexte de travailler pour l’homme en substituant à Dieu, comme principe d’union, celui de la nation (universel = uni + vers : pluralité d’être tournés dans la même direction, vers le même but).
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Mais, en fait, depuis le XIXème, les citoyens ont travaillé pour les bourgeois, d’où l’ascension des inégalités et l’essor du salariat, lesquels ont objectivement trouvé le moyen de se faire servir comme autant de Dieux en leur royaumes privés.
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Là-dessus arrive Marx, qui acte de cet état de fait et propose comme résolution un classisme (autrement dit un racisme social) des défavorisés envers les classes aisées afin de lutter pour un progrès des droits. Malheureusement, comme au racisme répond le racisme, et la bourgeoisie ayant infiniment plus de moyens d’organisation (ayant acquis la propriété légale des infrastructures de production), les prolétaires sont resté très inférieurs (la chose amusante étant que Marx est lui-même issu de la bourgeoisie).
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La théorie marxiste rompt donc avec l’universel, nécessaire pour une vie sociale apaisée. Elle est dans la lignée des idéologies de la lutte génératrice :

  • manichéisme, la lutte du bien contre le mal crée l’homme
  • libéralisme, la concurrence des agents économiques crée la richesse
  • marxisme, la lutte des classes sociales crée l’histoire
  • darwinisme, la lutte des espèces crée l’évolution
  • fascisme, l’homme nouveau est créé par l’harmonie dans la lutte.
Idéologies que je qualifie de philagonie (philo : amour + agôn : rassemblement des grecs pour les jeux, compétition dans ces jeux d’où agônia "lutte") ou bien de philopolémie (polemos = guerre en grec). Or je n’ai jamais trouvé une démonstration claire qu’une lutte sociale puisse engendrer du progrès de manière plus efficace que la paix.
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D’où le paradoxe intrinsèque à l’analyse Soralienne, qui veut concilier à la fois l’idéologie de la lutte marxiste (philagonie) et la contestation historique de droite de la révolution des lumières, enracinée dans le christianisme et basé sur l’universel (uni vers Dieu, en harmonie avec lui).
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Cela dit, je ne dis pas que Soral a tout faux, il a au moins le mérite d’exister.

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