@ logan :
1. Je n’ai jamais dis que la contrainte sur le plan juridique créée par l’UE ne peut être remise en cause, en quelque sorte parce que « ce serait la loi ». Défendre cela est ridicule bien sûr. Pour moi la Constitution française est toujours au dessus du droit de l’UE, car la réalité c’est qu’un Etat-nation reste souverain et l’évidence c’est que cette construction n’a aucune profonde légitimité parmi les peuples. A noter cependant que pour la CJUE un Etat ne saurait invoquer sa constitution pour faire échec aux normes communautaires.
2. Je crois qu’il y a une confusion dans ton esprit. Tu pars du principe que sortir de l’UE c’est en quelque sorte entrer en autarcie. Il n’en est rien, sortir de l’UE c’est en soi refuser un certain nombre de traits fondamentaux de cette construction, pour être à nouveau indépendant chez soi et à l’international, créer des projets internationaux classiques, intergouvernementaux oui. Ça n’a rien à voir avec une organisation bureaucratique et productrice de normes dérivées du type de l’UE.
Aussi, il faut se mettre d’accord sur les mots, « Union Européenne » c’est l’organisation actuelle dans laquelle nous sommes. Tu me dis on « garde la volonté de construire une union européenne ». Qu’entends-tu par là ? Modifier cette UE là ? Si oui, à quel pourcentage ? Tu dis : « on pense sincèrement que cela ne peut provoquer que des négociations. ». Très bien mais ces négociations se font sur de l’existant. Donc à quel pourcentage veut tu modifier l’UE et quoi, précisément.
Moi je dis : je veux sortir de l’Union européenne, point barre. Puis avoir des relations classiques avec nos partenaires, comme on le fait avec tous les autres pays de cette planète, par le biais de conventions internationales, de partenariats économiques etc. Les entreprises ont des stratégies mondiales, pas européennes. De même la France doit suivre ses intérêts et construire des partenariats pragmatiques, pas seulement fonction du positionnement géographique des pays.
3. Sur la chaise vide. Tu dis : « ça a marché par le passé donc ça marchera aujourd’hui ». Cette affirmation est un sophisme à mon sens ! Quand De Gaulle avait initié la crise de la chaise vide, en 1963, c’était pour s’opposer à l’adhésion du Royaume Uni, mais pas seulement, notamment il s’opposait au passage du vote à la majorité. Et l’UE institutionnelle d’aujourd’hui n’est pas celle de 57, effectivement. La majorité des domaines, tout ce qui faisait parti de l’ancien « pilier » CE, est dans une logique majoritaire, la décision n’est pas prise à l’unanimité. Tu as de l’unanimité pour, de mémoire, renégocier les traités, ou dans tout ce qui est politique extérieure & co. Donc, la chaise vide, pour la plupart des cas, ça ne change pas grand-chose, car déjà la France si elle veut s’opposer à quelque chose, on peut se passer d’elle !
Maintenant il est toujours possible de créer une crise, étant donné que cette construction idéologique craque à interval de plus en plus régulier (exemple : les prêts à la Grèce & co.) il est toujours possible de faire pression. Mais à ce moment, encore, je te renvoie à mon point 2.
4. Au sujet de l’intergouvernemental. Pour moi, sur le papier ce n’est pas le cas, l’intergouvernemental c’est l’unanimité, or l’UE – qui se définit elle-même d’organisation sui generis, par opposition aux organisations internationales classiques qui elles sont intergouvernementales – intègre une haute dose de vote à la majorité. Et à partir du moment où un Etat peut se voir imposer une décision qu’il n’a pas souhaité, on n’est plus dans l’intergouvernemental mais dans le supranational. De plus, étant donné la place centrale de la Cour de justice de l’UE, qui interprète le droit de l’UE qui prime sur le droit national et qui est ainsi une sorte de co-législateur supra-étatique, le terme d’intergouvernemental n’est pas le bon. Je ne parle même pas de la place de la BCE.
5. Vous dites : « la différence entre sortir de l’UE et désobéir, c’est qu’on veut juste sortir des traités, c’est à dire en écrire de nouveaux ». OK, en écrire de nouveaux, avec qui ? pourquoi les autres seraient-ils d’accord sur votre vision ? Ces institutions créeront-elles du droit ? Y aura-t-il une cour de justice ? etc.
6. Si vous voulez. Bien sûr que l’on peut faire toutes sortes de propositions fondamentales, juste pour la forme, mais vous ne tenez pas compte d’une chose : les pays n’ont pas les mêmes intérêts et pas nécessairement les vues de la France. Les Allemands veulent de la stabilité des prix, ont horreur de l’inflation, ne sont pas très keynésiens, la structure de leur économie n’est pas la même, etc. Donc, ils n’auront pas les mêmes vues sur le rôle de la BCE, et étant donné que pour l’instant ce sont les plus influents, c’est eux qui font les règles, leur BCE c’est la bundesbank, et si ton projet c’est ce qu’ils appelleront du laxisme monétaire, ils se tireront du système eux-aussi.
Bon, pour le reste, je vois que vous croyez à « une autre Europe », ça ne sert pas à grand-chose de discuter beaucoup longuement, je n’ai pas la même vision des choses :
Que je regarde les institutions : elles ne me conviennent pas. Déjà l’idée que l’essentiel de notre droit provienne de là est dangereuse, les citoyens ont déjà du mal à suivre la politique nationale mais en plus il faudrait qu’ils suivent celle européenne. C’est grotesque. La commission ne me convient pas, l’importance de la CJUE non plus, qui n’a aucune légitimité démocratique. Quant à la paperasserie qui sort de cette bureaucratie je n’en veux pas.
Que je regarde les réalisations économiques. Sans commentaires.
Que je regarde les rapports de force politiques, je vois Bruxelles capitale mondiale des lobbys avant Washington, je vois les USA et leur influence sur le protectorat Europe.
Bref, où que je regarde je vois que tout ceci forme un tout qui n’est pas tourné vers les intérêts des peuples. Votre projet c’est de réformer l’URSS !
Et encore une fois, sortir de l’UE ne signifie pas se couper de nos voisins…
7. Sur les partis nous restons en désaccord.