Monnet et de Gaulle ont une longue histoire ensemble. Date des déclarations ? Parce je trouve le point de vue de Solidarité & Progrès plus fouillé historiquement (comme toujours) :
http://www.solidariteetprogres.org/Franklin-Delano-Roosevelt-ou-comment-gagner-la-bataille-contre-Wall-Street_03372
Début du texte :
Rappel des enjeux sous Roosevelt pour que les USA ne bascule pas dans l’autoritarisme comme l’Europe (alors que tout les prédisposait). Rôle de Monnet sous Roosevelt et application des principes du New Deal en France. Opposition aux britanniques qui ne voulaient pas du marché commun du fer et du charbon qui allait renforcer les nations ! Bref Monnet est un européiste par l’industrie, donc par le haut (l’UE actuelle est financière, Monnet ne viendrait pas la défendre vu son parcours pour des plans in-dus-triel) !
Fin du texte :
« Cher M. Cheminade, quelle confusion des genres ! Vous mettez
dans le même sac deux choses qui sont incompatibles : d’une part le
fédéralisme européen de Jean Monnet, d’autre part l’attachement absolu du général de Gaulle et des gaullistes à la souveraineté nationale. C’est du confusionnisme, ça ne peut aller logiquement ensemble. »
Dans une logique formelle, celle des manuels scolaires et des prudences
partisanes, ces bureaucrates seraient dans le vrai. Cependant, à
certains moments déterminants de l’histoire, la réalité n’obéit pas à
une logique formelle. Le plus haut critère la définit : le contenu
physique, économique et humain.
C’est là la véritable leçon de Roosevelt et de Monnet.
Mettre le contenu d’abord : ainsi, défendre la cause de l’Etat-nation
ne consiste pas à multiplier les déclarations ronflantes de
« souverainisme », mais à rétablir la souveraineté financière des Etats
et à mener le combat contre le mondialisme anglo-américain, c’est-à-dire
contre la dictature du profit à court terme et de l’inégalité érigée en
fatalité. Cela ne peut être fait que par l’association d’Etats et de
citoyens dans des entreprises communes, à partir de principes partagés,
sur la base de grands projets mis en œuvre dans l’intérêt mutuel,
transformant l’économie, c’est-à-dire le mode d’intervention de l’homme
sur la nature, améliorant les conditions sociales et changeant la
manière de penser des peuples. Afin d’y parvenir, en mettant en commun
les ressources de chacun des participants, à la mesure des défis à
relever, des délégations de souveraineté en faveur d’une autorité
supérieure sont nécessaires, non pour étouffer ou écraser l’Etat-nation
dans des sables mouvants institutionnels, mais pour lui donner une
dimension supérieure. La justice sociale, le droit des gens, les
libertés publiques et l’économie physique, les fondements mêmes de
l’Etat-nation, doivent passer avant la raison d’Etat.
En ce sens, de Gaulle et Monnet
œuvrèrent, aux heures de vérité, dans la même direction historique,
Roosevelt, Adenauer et De Gasperi, tout comme un Blum ou un
Mendès-France, le firent également. Syncrétisme ? Tout au contraire,
définition d’hommes d’exception portés par l’ambition plus haute que
nous avons décrite.
Le cas des relations entre Monnet et de Gaulle est révélateur de ce que nous affirmons. A trois moments cruciaux, Monnet pesa de façon déterminante en faveur d’un de Gaulle dont pourtant il se méfiait. De Gaulle,
de son côté, bien que repoussant absolument le fédéralisme de
l’Inspirateur, avait pour sa compétence une estime qu’il mesurait
davantage à certains de ses barons. En mai-juin 1943, à Alger, Monnet, soutenu par Anthony Eden et Clement Attlee sauva littéralement de Gaulle face au complot que Churchill avait fomenté contre lui. Robert Murphy, le représentant de Roosevelt, affirme dans Un diplomate parmi les guerriers, que de Gaulle « ne serait allé si vite ni si loin sans l’aide d’un autre Français, Jean Monnet
... » Celui-ci, en effet, avait bien mesuré la faiblesseet le caractère
réactionnaire deGiraud, le candidat de ses amis américains. En 1945,
c’est à Jean Monnet que de Gaulle confie le poste clé de commissaire au Plan, décision qui marqua toute l’évolution de la France de l’après-guerre. En 1958, Monnet soutint le retourau pouvoir de De Gaulle,
en qui il voyait, dans le rapportde forces d’alors, le seul rempart
contre le fascisme, le seul homme capable de délivrer la France de son
obsession coloniale et de lui redonner sa dimension européenne. Dans Le
Monde, dès le début de la campagne référendaire, il appela ainsi à voter
oui au référendum du 9 septembre sur la nouvelle Constitution.