@Latigeur : après mes dépenses contraintes, il ne me reste rien à la fin du mois...
Le paradis sur terre n’existe pas, l’ancien régime n’était pas le paradis, mais le fait est que la France était le pays le plus peuplé et le prospère d’Europe de l’ouest, où la condition ouvrière était la plus protégée.
En gros, le salaire effectivement perçu à la fin de la journée par
l’ouvrier n’était que la moindre partie de sa rémunération, la partie la
plus importante lui étant fournie sous la forme de bienfaisances et
(surtout) de la location d’un toit (l’Église possédait à la fin du
XVIIème siècle presque 25% du parc locatif français, jusqu’à plus de 30%
à Paris) à un prix abordable et sans conditionnement aux ressources
(une veuve, par exemple, qui n’aurait pas pu payer son loyer après la
mort de son mari, n’était pas expulsée, de même pour un ouvrier qui ne
pouvait plus travailler après un accident). Les institutions charitables
de l’Église et même les caisses des corporations étaient principalement
alimentées par les plus riches, au travers notamment des testaments et
des dons (le rôle social des plus riches était totalement différent
d’aujourd’hui).
La monarchie a largement péché car elle a succombé à l’époque à la propagande libérale, qui se présentait déjà comme "la vérité économique".
La révolution n’a strictement rien changé à cette mode libérale. Au contraire, au nom de la "liberté du travail", les révolutionnaires ont légalisé la semaine de 10 jours (soit un jour de repos sur 10), faisant passer les congés de 100 à ... 50, le tout en saisissant les caisses de solidarités ouvrières et les institutions charitables de l’église, détruisant ainsi toute protection sociale effective. Ces biens saisis, tant aux associations ouvrières qu’à l’église, ont ensuite été revendues aux oligarchies marchandes, libérées des contraintes qui entravaient leur accumulation de capital, ouvrant ainsi la porte au capitalisme et à la généralisation du salariat qui se développa alors tout au long du XIXème siècle.
Nous sommes toujours dans cette mode du libre-échange. Tant que vous n’aurez pas compris que le protectionnisme (la défense commune des ouvriers pour garantir leurs moyens de subsistance) est l’optimal en matière social et économique, tandis que le libre-échange (la concurrence permettant l’accumulation sans limite entre quelques mains) est le problème, le pays ira de mal en pis.