Walid,
comment pourrais-tu espérer comprendre la parole de Dieu, s’il n’avait pas fondé une autorité capable d’en donner la signification ? Crois-tu que Dieu ait voulu parler aux hommes pour ne pas être compris ?
"Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirais mon église".
Sache que la fonction du Père a pour but de servir de remède à l’orgueil (le péché de Lucifer) : se repentir de ses fautes à un Père permet de parvenir à l’humilité.
L’Islam corrige-t-il, chez ses adeptes, le vice de l’orgueil ?
Encore une fois, le terme de catholique est issu des principes politiques français, tels que postérieurs aux guerres de religion, hérité des traductions d’Aristote (locution grecque cata holou = "pour tous", "en général"), traduit par Cicéron du terme latin universum (d’où la signification moderne de universel).
Antérieurement, et dans l’évangile, universum avait servi à traduire un autre terme grec : homothymadon, lequel signifie "de même passion", "de même sentiment", "avec concorde", c’est-à-dire quelque chose comme la compassion. D’où le sens premier du mot université, dans le sens "assemblée" (ex : université d’été), structure visant à établir la concorde par le verbe et les débats ou les conférence (latin cumferre : ce que l’on porte ensemble).
L’universel aristotélicien est donc un universalisme logique et abstrait, c’est-à-dire de l’intellect, et c’est cette notion de l’universel que l’on retrouve dans "la déclaration universelle des droits de l’homme" (qui est donc en fait la déclaration catholique des droits de l’homme). C’est un universel basé sur le plus petit commun dénominateur entre les hommes, ce qui fait que son application politique se réduit en pratique à la satisfaction des besoins vitaux humains.
L’universel chrétien est en revanche un universalisme concret, c’est-à-dire du coeur, et c’est cette notion que l’on retrouve dans la bible. Cet universel n’a pas nécessité de nier les divergences d’aspirations entre personnes ou communauté, il en prend acte, mais essaye de concilier les coeurs pour instaurer la paix.
Bref, l’universel aristotélicien décrète logiquement et tout le monde doit obéir au règlement (dispositif impérial = loi universelle).
L’universel chrétien constate les dissentiments et cherchera à les concilier en pratique (infinité de dispositifs particuliers).
Que les diverses églises chrétiennes se désignent catholiques, vient du fait qu’elles sont disponibles "pour tous", sans distinction (ce qui est l’exact sens de catholique). En effet, comment pourrait-on concilier les dissentiments en refusant de tendre la main à certains ?
Cela a d’ailleurs toujours été la fonction de l’Eglise : être conciliateur entre Cuba, les Etats-Unis, l’Iran, Israël, .. etc, aujourd’hui, comme elle le fut entre l’ensemble des nations européennes au moyen-âge ; travailler les coeurs durs des hommes, pour les attendrir, ce qui rend le monde vivable grâce à la douceur des moeurs engendrées.
En effet, de la paix entre les hommes et de leur convivialité, possible uniquement par le respect de la loi morale, découle la diminution des péchés, ce qui permet de sauver le maximum d’âmes.
Bref, je pointais la contradiction entre l’universel aristotélicien, idéologique et issu de la révolution française, qui s’escrime à nier toute différence pour rien n’avoir à gérer, et l’universel chrétien, qui prend en compte les divergences, pour les réconcilier.
Cette contradiction de point de vue découle logiquement du naturalisme, du matérialisme et du scientisme moderne, lesquels s’acharnent à nier ce qui ne se voit pas. Or, les aspirations, les croyances et les pensées profondes des gens ne se voient pas, mais elles existent bel et bien !