Ce que vous dites tous les 2 me fait penser à la réplique : "salauds de pauvre" dans la Traversée de Paris. Troué dans un article :
"Salauds de pauvres !"... comme si un pauvre était un salaud, sa pauvreté le plaçant normalement au-dessus de ce genre de considération. Un riche, oui ! un riche comme Jambier est un salaud. Mais un pauvre ?... Pourtant oui. Dans la bouche de Grandgil et sous la plume d’Aymé, le pauvre est un salaud. Un salaud qui crève de faim, qui maudit l’occupant mais se prépare à dénoncer le marché noir dont il regarde en salivant les denrées. Un salaud qui, dans l’angoisse, rêve de dépouiller Martin et Grandgil de leur butin de cochonnaille, les dénoncerait aux policiers pour mieux piller leurs valises.
"Salauds de pauvres !", l’une des phrases les plus énigmatiques du film et du cinéma français. La phrase qui illustre mieux que tout autre tentative l’ambivalence de l’être humain placé dans une situation où sa survie le fait basculer dans la sauvagerie. Bien sûr, au premier degré, cette réplique est choquante. Mais si on la voit comme l’explication de tout le film, elle est parfaite, vraie, limpide.