Très cher Jean-Paul,
Cela fait quelques temps que je t’écoute et que je te lis. Je te tutoie par urgence devant la montée du chaos ambiant, et parce qu’il faut aller à l’essentiel.
Je suis déraciné malgré moi, comme tous les Français de souche. Avec cette particularité que j’ai reçu une plus grande dose de poison que toi, puisque né en 1975 (je n’ose imaginer combien les enfants d’aujourd’hui viennent au monde avec des chances diminuées). Né dans les Vosges, parti à Paris à l’âge de 17 ans...
Mais depuis quelques temps, grâce à toi, les souvenirs d’"avant" remontent à moi, et posent sur le monde une pellicule presque imperceptible mais bien réelle. Des mots aussi reviennent : honneur, fierté... et d’autres encore.
Je veux te dire que je suis entrain de vivre un réveil dont tu es le médium.
Mais comment combattre ? Où porter les coups ? Pire qu’un ennemi, nous avons devant nous le vide.
Même si la mort survenait demain, sous une forme ou une autre, je voudrais au moins te dire MERCI. Je n’aurais jamais imaginé dire ça du fond de mon nihilisme, mais ... CERTAINS COUPS MERITENT ENCORE D’ETRE JOUES.
Un déraciné.