1° Pourtant l’ histoire nous montre des peuples sages [lesquels ?], qui ont fait les choix qui s’ imposaient et conscient du bien commun . Car un peuple a des intérêts convergent et ces intérêt c’ est le bien commun .
->
Non, un peuple ça se fait (ethnogénèse) : par défaut, il n’y a pas de
peuple, il y a une foule d’intérêt divergents, une multitude de biens communautaires,
qui peuvent chacun être antagonistes entre eux. Au départ, en France, il y a des gaulois, des romains, des Francs, des wisigoth, des burgondes. Je ne vois pas par quel
miracle, les gens convergeraient. Le système actuel le montre bien : il y a à peu près autant d’opinions sur une chose que d’hommes. Les gens, par défaut, sur un sujet, sont toujours divisés. D’où justement le besoin de politique.
2° La république équivaut ainsi à un monarque indécis, capricieux,
changeant et schizophrène, car elle a pour Dieu, source de toute autorité, une
foule qui est ainsi.
2°a) Machiavel ne démontre rien, il affirme. Sa démonstration est un tour de passe-passe. Il dit :
"Car on voit que l’opinion générale réussit
merveilleusement dans ses pronostics ; de sorte qu’elle semble prévoir
par une vertu occulte le bien et le mal qui l’attendent"
Déjà, il s’appuie sur ce concept nébuleux d’opinion générale, alors qu’il est bien évident qu’une opinion est toujours personnelle - les sondages et autres discussion sur les forums internet montrent bien cette évidence. Ensuite, il recourt à une miraculeuse vertu occulte pour rendre la rendre infaillible.
Avec ce genre de raisonnement, on peut démontrer n’importe quoi. C’est du sophisme.
2° b) La monarchie est elle-même une institution, donc la comparaison que tu emploie est confuse. Le monarque, par définition, est quelqu’un qui détient le pouvoir d’arbitrer sans conteste toute divergence politique dans la société.
Le monarque vicieux (latin vitium), dépravé (latin pravus) et sinistre (latin sinister) est un tyran (du grec tyrannos -> celui qui usurpe le pouvoir).
Le monarque vertueux (latin virtus), juste et bon (latin rectus) est un roi (latin rex).
Par définition, un pouvoir injuste est un pouvoir tyrannique, un pouvoir juste est un pouvoir royal, ceci quelle que soit l’institution de ce pouvoir.
La République Romaine constante pendant 500 ans ? Des sénateurs élus à vie, des soulèvements de la plèbe réguliers, des guerres incessantes... Je n’ai pas envie de faire une thèse sur les 500 années de la République Romaine, mais résumer l’ensemble par "la République Romaine fut constante" me semble vraiment sommaire.
3° Sur la terre des hommes, la vertu ne se décrète pas, c’est une chose rare, un prince peut être vertueux et ses dix successeur vicieux, l’éducation n’ a aucun impact là dessus , c’ est une question de nature.
La vertu, c’est génétique ? Tu racontes vraiment n’importe quoi...
Quand Rousseau cite Platon "Un roi par nature est chose si rare", il ne veut pas dire que la vertu est une conséquence de la nature, car Platon dit exactement le contraire (dans "le Menon") : la vertu est une opinion vrai, en ce sens, elle n’est ni une science qu’on pourrait apprendre, ni une question d’hérédité. L’idée de la vertu chez Socrate est en effet au-delà de la science, il s’agit de la bonne étoile qui nous guide et nous fait toujours bien agir, même si nous n’avons pas toutes les connaissances. La vertu, chez Platon, est liée à une forme de chance.
Le mot chance vient de l’ancien français chéance, du verbe choir, d’où que l’expression en Français "ça tombe bien" est synonyme de bonne chance, et que l’expression "ça tombe mal" est synonyme de malchance. Le méchant, lui, il tombe toujours mal et c’est pour cela qu’il est méchant. Ainsi le tyran est-il méchant, car il tombe toujours mal à propos, il n’a pas de vertu.
Le vertueux est donc celui qui a une sorte de baraka. A l’ère chrétienne, cette chance, qui tombe du ciel, a été assimilée à la grâce divine, d’où toutes ces études chrétiennes sur les vertus et les vices, toute vertu venant de Dieu, tout vice venant des démons. Les vices et les vertus ont été soigneusement décrits et distingués, et il en ressort qu’ils sont des habitus, c’est-à-dire des habitudes, des choses que l’on obtient, puis que l’on traine comme des rites (le péché est un esclavage), c’est-à-dire des assuétudes, des addictions qui pousse à récidive ; Il est très difficile de départir de ses mauvaises habitudes, de ses travers, de ses perversions. Mais les vices ont leur remède, hélas un peu partiel, car il en ressort qu’ils découlent des désordres dans l’amour en soi : le père des vices étant l’orgueil, c’est-à-dire l’amour excessif de soi-même, son remède est de réordonnancer l’amour de soi vers Dieu, lequel est pur justice, pur bonté, pur vérité.
Il ressort du petit extrait de Rousseau que tu as cité qu’il méconnaît manifestement les avancées chrétiennes sur ces sujets, et le fait qu’il abonde en "si" dans sa réflexion montre que le résultat de sa réflexion ne peut être que tenu pour hypothétique.
Les jésuites ont toujours tenu qu’il était légitime de tuer un tyran, et c’est la raison pour laquelle ils furent plusieurs foi expulsés du royaume. De plus, on comprend mieux le subtil fonctionnement de la chrétienté, lorsque l’autorité spirituelle avait le pouvoir de découronner tel ou tel par l’excommunication pour s’assurer que chaque peuple avait bien un roi et non un tyran à sa tête. Que l’autorité spirituelle puisse juger qui est digne de la fonction de chef d’état est essentiel dans le fonctionnement de l’institution Royale.
Bref, la vertu n’est pas de nature et on ne peut pas forcer un homme à devenir vertueux s’il n’est pas. Quand quelqu’un est vertueux, ça se constate. Quand il est vicieux, ça se constate aussi. Le vice ça s’attrape comme une maladie, et il est très difficile d’y remédier car l’homme contaminé a construit son équilibre autour de la perpétuation de ce défaut.
Donc aucune institution n’est en mesure de forcer un homme à devenir vertueux. Une institution ne peut que constater s’il ne l’est pas et se doit alors de l’exclure de sa fonction.
4° Que l’on soit en démocratie ou en pseudo-démocratie ne change rien à mon raisonnement. D’autant plus que le concept de démocratie est un concept qui contient une contradiction expresse, qui fait qu’en lui-même il est un sophisme. A partir du moment où un peuple reconnaît un pouvoir sur lui-même, il lui faut des gouvernants. Quelle que soit la manière de désigner ces gouvernants parmi le peuple, il y aura toujours dichotomie entre les gouvernants et les gouvernés, puisque les gouvernants auront un pouvoir que les gouvernés n’auront pas.
Cette dichotomie fait qu’il n’y aura jamais de démocratie pure.
On ne peut donc rien fonder de sensé ni de réaliste par ce concept, si ce n’est se livrer à une sorte de chasse au Dahu.
Par conséquent, puisque la démocratie pure n’existe pas, ni le suffrage, ni le tirage au sort ne peuvent prétendre à fonder une démocratie pure. Mais cela n’enlève pas l’utilité d’un recours à ces modes de désignations dans l’exercice du pouvoir, là où ils sont pertinents.