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Commentaire de ffi sur Etienne Chouard : le tirage au sort comme possibilité de réelle démocratie - Agoravox TV

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Commentaire de ffi

sur Etienne Chouard : le tirage au sort comme possibilité de réelle démocratie


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ffi 2 octobre 2012 18:32

L’Ecclésia n’est pas une personne, c’est une assemblée de personnes.
 
Tu t’obstines à confondre ce qui est de l’ordre du social avec ce qui est de l’ordre du personnel.
Par conséquent, en personnalisant les sociétés, tu socialises les personnes, tu dépersonnalises les gens.
 
Le roi ne peut pas confondre entre son intérêt propre et l’intérêt commun, car à sa place de roi, et il n’a que l’intérêt de rester roi, ce qui n’est rien de plus qu’il n’a déjà. Il ne fait que le travail qui est le sien.

En démocratie, comme tu l’exprimes abondamment, chacun devrait se mettre en situation d’exprimer ce qu’est l’intérêt commun. C’est une dépersonnalisation. D’où l’abondance de "on" impersonnel. Or c’est problématique :
 
1° Chaque personne a nécessairement sa propre opinion concernant l’intérêt commun.
Il s’ensuit que cette multiplicité de définitions de l’intérêt commun ne peut être l’intérêt commun, puisque l’intérêt commun devrait être unique pour être reconnu commun.
 
2° Chaque personne est interdite de proclamer son intérêt particulier, car ce serait faire un manquement à l’esprit de corps tel que tu l’entends nécessaire en démocratie. Il faut nécessairement prétendre parler au nom de tous et se proclamer représentant de la multitude.

Bref, chacun peut parler autant qu’il veut sur des sujets de politiques généraux, mais cet avis compte pour infiniment peu (du fait que toute décision est diluée à l’infinie), tandis que sur son propre sujet, pour ce qui le concerne expressément, le citoyen se voit interdit d’exprimer son propre intérêt par la contrainte de se couler dans le moule de l’idéologie démocratique.
 
Cela n’est rien d’autre qu’une tyrannie.
Le tyran, en effet, ne laisse jamais ses sujets exprimer leur intérêt particulier.
 
Le roi, en revanche, a pour but d’arbitrer entre les intérêts particuliers divergents : il doit donc laisser chacune des parties exprimer fidèlement et entièrement leurs intérêts particuliers, il doit encore s’assurer de la véracité de ces témoignages, avant de "trancher" pour un arrangement juste des prétentions réciproques entre les parties.
 
En démocratie, au contraire, tout le monde doit faire comme s’il s’exprimait du point de vue du peuple tout entier, et par conséquent tenir un discours généraliste, ce qui fait que les intérêts particuliers ne sont tout simplement jamais exprimés.
 
Pour contourner la chose, il faut donc être hypocrite.
Il s’agit de paraître parler au nom de tous, tout en pensant à soi-même.
Il s’agit de faire du lobying pour obtenir une loi, puis présenter cette loi comme au service de tous.
 
C’est cela, l’hypocrisie démocratique.
On fait semblant d’être ce que l’on est pas.
On fait semblant de ne pas être ce que l’on est.
 
Même si un Roi peut se tromper, sa décision est toujours une définition du Bien commun. C’est que le Roi n’en a pas une vision préconçue.
 
Il se saisit des divergences sociales qui sont sources de troubles, il fait s’exprimer les parties en présence, puis arbitre entre les parties, en définissant ainsi, sur le fait, ce qu’est le Bien commun, pour répartir les droits. Le Bien commun se décide ainsi de manière pragmatique, au gré des fluctuations sociales.
 
En démocratie, au contraire, chacun est poussé à avoir une définition à priori du Bien Commun, ceci en toute abstraction de la réalité, puis cette abstraction devrait s’imposer à tous.
 
On a suffisamment reproché à la royauté française d’avoir engendré une énorme quantité de dispositifs particuliers, pour chaque université de métiers en chaque lieu, pour tel particulier, sur telle fonction, pour ne pas percevoir que la politique royale est une pure pragmatique, décidée au cas par cas, engendrant une hallucinante diversité de situations.
 
La politique Démocratique fut à l’inverse, elle n’a su engendrer que l’uniformisation.
Moi je préfère la végétation luxuriante à la monoculture.
 
C’est que la démocratie cherche à déterminer à priori ce qu’est le Bien commun, ceci de manière abstraite,
Tandis que la Royauté cherche à déterminer à postériori ce qu’est le bien commun, ceci en pratique.


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