https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/https://hormon-osteoporosezentrum.de/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/https://akperstg.ac.id/
zonawin777zonawin777
Commentaire de ffi sur Etienne Chouard : le tirage au sort comme possibilité de réelle démocratie - Agoravox TV

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV Mobile


Commentaire de ffi

sur Etienne Chouard : le tirage au sort comme possibilité de réelle démocratie


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

ffi 4 octobre 2012 05:22

Critique des assemblées qui ne pourrait être attribuée à la monarchie.
Sache que je me place dans le cadre des principes politiques traditionnels de la monarchie française, c’est à dire d’inspiration grecque (Platon, Aristote) et Chrétienne ("mon fardeau est léger, et mon joug est doux" ; "que celui qui commande soit comme celui qui obéit" ; "que le plus grand soit comme le plus petit"). Il y a autant de conceptions politiques que de monarques. La civilisation française a ses propres principes politiques.
 
Me voilà donc acculé comme un boxeur dans le coin.
Le but n’est pas tant de se convaincre, mais de bien tenir ferme son gouvernail pour dévoiler tous les replis de ce sujet.
 
A/ La peur d’être Roi. Moi-même, à cette idée d’être Roi, je serais effrayé, d’autant plus si on m’élevait depuis ma naissance à cette fin. J’aurais peur de ne pas être à la hauteur. Cependant, je crois qu’un bon chrétien ne peut jamais être un tyran, car il sait qu’il a Dieu au-dessus de lui.
 
C/ La nuance ochlocratie / démocratie.
L’honnêteté est la base de tout monde civilisé.
Sais-tu que dans les cantons suisses, toute assemblée commence par une prière collective à Dieu ? C’est comme si la transcendance divine elle-même était convoquée pour s’assurer que chacun soit bien sincère. Cela donne un petit coté solennel.
 
Dans la doctrine classique, tout ensemble de gens, comme le peuple par exemple, est une foule (de gens).
Si cette foule est organisée en vue d’une fin, cela s’appelle cela un corps.
Donc Foule + organisation vers un but = corps.
Ce n’est ni plus ni moins que le sens historique du mot université : une université est un ensemble de gens unis vers une même fin. Voir l’étymologie de ce mot.
 
Une entreprise est un corps, une armée est un corps, une assemblée est un corps, un parti est un corps, une association est un corps, un parlement est un corps, un syndicat est un corps, l’état est un corps...etc
 
Les corps sont des objets politiques ; 
 
Pour organiser la nation elle-même en un corps, il faut que la nation tout entière soit ordonnée en vue d’une fin unique et c’est cette fin que l’on appelle Bien Commun.
 
Or il y a dans la nation déjà beaucoup de corps, et ceux-ci ont des fins potentiellement divergentes. Il s’agit donc de coordonner tous les corps de la nation pour qu’ils participent au même bien commun. Par conséquent, ces corps partiels dans la nation seront désignés comme des corps intermédiaires et seront donc considérés comme des organes de celle-ci : ils auront une fonction pour la nation (Note : c’est sur ce point qu’intervient le libéralisme, car il prône la concurrence des corps intermédiaires au service de leur profit propre plutôt que leur coordination au service du Bien Commun).
 
Ces corps intermédiaires coordonnés en vue du Bien Commun constituent le fondement de la société organique pré-révolutionnaire. Il sont des objets politiques, c’est-à-dire des sujets de droits. La société d’ancien régime a deux niveaux de lois : les lois pour tous les individus (le décalogue : tu ne tueras point,...etc) qui sont des principes intemporels et les lois pour les corps intermédiaires, qui sont des privilèges temporels, visant à les coordonner en vue du Bien Commun.
 
D/ En démocratie, chacun à la vertu de penser au Bien Commun.
Je ne peux tenir ceci pour valide. Déjà tenir que chacun ait ce genre de vertu me semble douteux (sinon, à quoi bon la politique ?), mais encore il n’y a pas, en démocratie, de définition unanime du Bien Commun. Chacun proclame sa propre définition du Bien Commun et veut la faire accepter comme telle par les autres : ce n’est autre qu’un Bien Commun personnalisé...
 
Ton exemple d’entreprise, qui est un corps social, devrait déjà t’aiguiller sur le fait que les actionnaires recherchent d’abord leur intérêt propre en participant à définir celui de leur corps social. Le corps social de l’entreprise sera alors le reflet de l’intérêt personnel des actionnaires (et surtout des plus puissants). Comme ce corps est un corps intermédiaire, son but ne peut être tenu comme le Bien/But Commun de la Nation, mais comme un Bien/But propre à l’université des actionnaires.
 
De même, toute assemblée est un corps. En cela, elle ne peut que définir un Bien/But propre à elle-même. Pour preuve, considère le parlement (l’université des députés). Sur beaucoup de sujet, les débats sont vifs. Cependant, certains sujets vont faire l’unanimité, comme, par exemple, le régime spécial des retraites des députés, le remboursement des frais du mandat, la possibilité de cumuler les mandats et les retraites... Cela montre bien un esprit de corps. Cet esprit de corps se surajoute à la mission légitime de l’assemblée nationale et il est inévitable... C’est que l’université des députés est un corps et qu’elle agit donc comme un corps, en proclamant toujours des Buts du genre particulier (celui du corps) mais jamais de genre général (celui de tous).
 
Au sujet de l’extrait de Rousseau :
Donc de ce point de vue, je ne serais pas fondamentalement en désaccord avec le diagnostique posé dans l’extrait que tu cites de Rousseau. Cependant, sa solution qui consiste à croire qu’il soit possible d’abolir tous les corps intermédiaires est totalement irréaliste voire irrationnelle.
 
Autant interdire aux gens de s’associer !
Déjà c’est vouloir un état totalitaire.
De plus, les gens ont besoin de s’associer, que ce soit pour leur travail (entreprises), pour gérer des ressources (eau), les relation de voisinage (copropriété),...etc.
 
L’état est lui-même un corps, et même divisé en corps plus particuliers qui ont chacun, au sein de l’état, leurs intérêts propres (corps des enseignant, corps des inspecteurs de finance, université des maires de France...etc)
 
D’ailleurs, non seulement les gens ont besoin de s’associer, mais ils sont associés par nature puisqu’ils naissent en famille... Par conséquent, abolir tous corps intermédiaires est impossible, c’est une vue de l’esprit.
 
Il ne s’agit donc pas d’abolir les intérêts particuliers, pour y substituer un unique intérêt général, comme le prône Rousseau, car c’est impossible, mais il s’agit de coordonner tous les Buts particuliers vers un même Bien Commun.
 
Il est légitime pour les gens de défendre leurs intérêts propres, ce n’est pas sale. Les gens ont le droit d’exprimer leurs intérêts propres.
 
Rousseau devait être un piètre compositeur.
Il voudrait faire jouer tous les instruments une partition monocorde à l’unisson.
Mais une belle symphonie consiste à faire que chaque instrument joue sa propre partition, de telle manière que l’ensemble reste harmonieux. Même quelques improvisations, si elles sont bien senties, ne nuisent pas à la beauté de l’ensemble.
 
Que Rousseau cite Lycurque, un législateur spartiate, est incroyable. Rousseau se réclame de la tyrannie Spartiate, celle de l’asservissement par la séduction prôné par le bel Apollon, révélé par la pythie, l’Oracle de Delphe. Cette pensée de Rousseau est tyrannique. En effet, la négation de l’intérêt personnel du citoyen est l’attitude tyrannique par excellence. Cette tyrannie, ici de genre nationale-communiste, est la raison pour laquelle, dans le système actuel, chacun parle de manière impersonnelle, par l’emploi systématique du "on". C’est la socialisation de la pensée. Je comprends mieux la tyrannie de la terreur... Ca découlait de Rousseau. C’est effrayant.
 
La proposition du vote comme résolution pour dégager une volonté générale n’est pas bonne non plus à mon avis. D’une part, ce vote se fait encore sur des considérations d’intérêt personnel (suffit de voir les engagements quasi-unanimes des divers corps de métiers ou communautés envers certains partis). D’autre part, vouloir faire croire qu’il pourrait exister un unique intérêt général sans qu’il n’existât une diversité d’intérêts particuliers est faux. S’il existe un intérêt général, c’est justement qu’il existe des intérêts particuliers et l’intérêt général consiste précisément en leur coordination.
 
Si le vote est bien un dispositif permettant de dégager un But Commun par-dessus les Buts particuliers dans un corps électoral, il lui manque donc l’essentiel du dessein politique : le vote n’articule en rien les Buts particuliers au But Commun. Il ne fait qu’abolir les Buts particuliers, il les renie purement et simplement en proclamant : vous n’existez pas ! C’est la négation pure et simple de toute dignité chez l’homme...
 
Le monde est assez vaste pour que chacun puisse avoir ses intérêts propres (propriété et dignité). Ce qui compte, d’un point de vue politique, c’est que ces intérêts propres soient convenablement articulés entre eux, de manière à assurer la paix et la prospérité pour tous.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès