Sur les Romains, tu ne peux me donner que des cas particuliers, donc cela reste de l’ordre de l’accidentel et du contingent. Je suis sûr qu’il est possible de trouver des cas particuliers montrant le contraire.
Une liste d’anecdotes ne pourra jamais démontrer une vérité nécessaire.
C’est l’éternel des problèmes des interprétations historiques : en choisissant bien les exemples, il est possible de démontrer tout et son contraire...
C’est vraiment de la pseudo-démonstration.
En vérité, il n’y a pas de nécessité qu’en démocratie les citoyens se prononcent prioritairement en faveur du Bien Commun, du simple fait que chacun a sa propre définition du Bien Commun, laquelle est déjà à la base viciée par les considérations d’intérêt personnel...
Tu comprends bien que si chacun se référait toujours prioritairement au Bien Commun pour ses décisions, tu devrait également tenir qu’un Roi suffit. En effet, pourquoi celui-ci ne se réfèrerait-il pas toujours nécessairement au Bien Commun ?
Comment ce que tu tiens pour toujours faux pour un monarque, peux-tu le tenir pour toujours vrai et pour chaque citoyen en plus ? C’est irréaliste.
Dans une société civile, le principe de l’organisation des magistratures
peut être monarchique (un seul), et son contraire est la tyrannie,
Aristocratique (du grec aristos, vertu) , et son contraire est
l’oligarchie. Démocratique, et son contraire est la démagogie. Chacun de
ces contraires est une corruption.
En fait, tu veux obtenir la vertu par une sophistication technocratique du système de magistrature... Mais chaque système de magistrature est corruptible, donc ce n’est pas à ce niveau que cela se joue. Tu recherches des béquilles institutionnelles à des problèmes qui ne sont pas institutionnels mais moraux. Or ces problèmes moraux corrompront n’importe quelle institution. Donc autant opter pour le système le plus simple.
Pour Rousseau :
Il n’emploie l’expression "société partielle" que deuxs fois dans tout le contrat social, juste auparavant il parle de brigue ou d’association partielle. Plus tard il parle de petites sociétés. Je ne trouve nul trace de référence à Machiavel. Je ne vois donc pas ce qui permet de réduire "société partielle" à secte.
Un rapide tour sur google me montre que l’interprétation de "société partielle" n’est pas celle que tu dis :
ici, par exemple (rechercher société partielle), le terme "société partielle" est assimilé à classe, ordre, corporation et parti politique.
ici, par exemple (rechercher société partielle), le terme "société partielle" est assimilé à tous les collectifs auxquels il [le citoyen] appartient...
Mais le plus intéressant est la suite du texte qui tu n’as pas cité :
Que s’il y a des sociétés partielles, il en faut multiplier le nombre et
en prévenir l’inégalité, comme firent Solon, Numa, Servius...
(Soit dit en passant : C’est exactement le système économique d’ancien régime : le point sur lequel il a excellé)
Donc si tu maintiens que Rousseau entend par société partielle une secte, ça voudrait dire qu’il est pour la multiplication des sectes....
A mon avis, ça ne tient pas du tout comme interprétation.
Mon interprétation en terme d’université, c’est-à-dire en tant que communautés de destin, me semble plus indiquée et plus logique. Je ne suis d’ailleurs pas être le seul à la faire.
Mais je t’invite à donner des références complètes pour étayer ton affirmation
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Tu es déformé par le cynisme de Machiavel. Ce qui écrase les peuples, c’est le tyran, ce sont les oligarques, ce sont les démagogues (Rousseau est un fieffé démagogue : ne dit-il pas que la volonté du peuple est toujours bonne ?)
En vérité, c’est la corruption morale qui écrase les hommes
La forme de l’institution n’a pas de prise là-dessus.
Tu cherches une résolution mécanique à un problème spirituel.
C’est d’abord une question morale, donc, c’est d’une philosophie et d’une éducation contre la corruption morale dont nous avons besoin. Nous n’en prenons pas le chemin.
En fait, tu dis ça, mais :
- n’est-ce pas Louis XVI qui a introduit la démocratie (cahiers de doléances) ?
- n’est-ce pas Louis XVI qui a refusé de donner l’ordre à ses troupes de tirer sur le peuple ?
- n’est-ce pas Louis XVI qui est allé à la guillotine sans broncher, tout en commandant, par son testament, à ses propres enfants de ne pas haïr le peuple, mais de l’aimer ?
Le comportement de Louis XVI est une réfutation point par point de Machiavel.
Ce que tu n’as pas encore compris, c’est que le Roi très chrétien croit en Dieu et aime Dieu. Il sait que Dieu est son supérieur. Il sait que sa vie éternelle dépend de la justice de son action et de l’amour qu’il donne à son peuple ici-bas...
Donc le Roi très chrétien n’est pas hors de contrôle, il est contrôlé par Dieu lui-même.
Je sais, c’est dur à comprendre pour un athée, mais ça marche...