Pour les Romains :
Rien n’y fera, tu ne peux prétendre démontrer une vérité nécessaire par une liste de cas particuliers... C’est du point de vue de la logique interdit. Tu auras beau épeler : ce Romain fut vertueux, ce Romain fut vertueux, ce Romain fut vertueux,..etc, jamais tu ne pourras en déduire : Tous les romains furent vertueux...
Pour la diversité des conceptions du Bien Commun :
Cela montre précisément l’impossibilité de ton modèle, car il ne peut y avoir qu’une seule définition du Bien Commun, sauf rupture du corps politique. Si chacun se prononce à partir de sa propre définition du Bien Commun, relative à lui-même, il se prononce en fait sur un Bien particulier... Au moins, avec le monarque, il n’y a pas ce genre d’ambigüité, il est seul à définir ce qu’est le Bien Commun...
Le pari de Rousseau, car c’est un pari puisqu’il pose ceci en postulat fondamental, c’est que la volonté générale est toujours droite, toujours infaillible et donc toujours conforme au Bien Commun... Il l’affirme, mais ne le démontre pas. C’est de ce miracle démocratique que Rousseau a besoin pour fonder toute sa thèse.
Cela dit, c’est similaire au miracle monarchique, lequel tient que la volonté du général (et non la volonté générale) est toujours conforme au Bien Commun...
Par conséquent, il y a toujours besoin d’un miracle à la base pour justifier telle forme de gouvernement (que tout se passe comme prévu...). En vérité, ce sont juste des postulats différents qui génèrent des organisations différentes. Il faut juger de ces organisations à leurs fruits.
Pourquoi en viens-je à préférer le monarchique ?
D’une part, il est plus simple, l’organisation est minimale.
L’on n’y perdrait rien : un Roi peut très bien organiser des élections ou des référendums.
D’autre part, si cela tourne mal, si le Roi devient un tyran, je n’ai à me méfier que d’un seul : du tyran : il me suffit de bien le flatter et je suis tranquille.
En revanche, pour reprendre ton vocable, si la démocratie tourne en ochlocratie, j’ai autant de tyrans potentiels que de foules antagonistes, et je dois donc me méfier de tout le monde...
A mon avis, la monarchie est beaucoup plus tranquille pour le petit peuple (sauf si évidemment le Roi organise une ochlocratie pour se maintenir au pouvoir)
Pour Rousseau :
Que Rousseau s’inspire de ce passage n’implique pas pour autant qu’il réserve le terme de sociétés partielles uniquement à des sectes qui voudraient prendre tout pouvoir politique... Il a coeur d’éviter ces dommages, mais il ne faut pas oublier qu’il est dans le contexte de tenter de s’assurer que la volonté générale ne soit pas polluée par les intérêts particuliers. Il propose d’ailleurs ensuite la division à l’extrême de ces sociétés partielles quand elles sont inévitables.
Je t’ai indiqué deux liens qui comprennent les choses à l’inverse de toi. Je crois que tu te trompes et que tu ne devrais pas te contenter de tes spéculations solitaires sur la nature de l’inspiration qu’a trouvée Rousseau par sa lecture de l’extrait de Machiavel.
Recherche "sociétés partielles Rousseau" sur internet pour avoir d’autres son de cloche.
D’ailleurs, si tu regardes sa définition de la famille en amont : c’est la première des sociétés, dit-il. Donc quand Rousseau parle des associations partielles qui se font au dépend de la grande (l’état), ou des sociétés partielles qui se font au dépend de la grande, il considère donc manifestement que toute famille est une société partielle, puisque la famille est la première des sociétés.
Nuance démocratie / ochlocratie :
Ce sont tout sauf des distinctions basées sur les faits : il n’y a pas moyen de savoir si la volonté générale est conforme au Bien Commun, ou si elle est le fruit de stratégies d’influences par certains intérêts particuliers, puisque, de toute façon, il n’y a pas dans ces régimes de définition préalable du Bien Commun : il lui est substitué un vague principe de consentement sociétal.