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Commentaire de ffi sur Etienne Chouard : le tirage au sort comme possibilité de réelle démocratie - Agoravox TV

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Commentaire de ffi

sur Etienne Chouard : le tirage au sort comme possibilité de réelle démocratie


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ffi 11 octobre 2012 19:06

Pour les assemblées de Rome et d’Athènes :
Chacune a finit par disparaître après une fuite en avant guerrière.
Je ne pense pas qu’elles puissent être déclarées vertueuses.
D’autant que la vertu est une caractéristique personnelle, mais pas sociale.
 
Je disais que, chez Platon, la vertu a un rapport avec la providence : c’est la rencontre d’un homme et de la providence divine.
 
Qui définit le bien commun ?
Si tu prends l’exemple de la langue parlée, ou de l’écriture, qui font partie du Bien Commun, soit tu t’exprimes de manière compréhensible pour tes congénères, soit non.
 
Ce n’est pas toi qui a défini par-toi-même le langage que tu emploies pour communiquer avec tes congénères. Si tu veux inventer ton propre langage, tu restera incompris. Tu peux le faire, mais il te faudra monter ta propre secte.
 
Ainsi en est-il du Bien Commun, ce n’est jamais toi-même qui le définit.
Le Bien Commun se reçoit, par héritage.
Il peut juste être amendé, mais avec beaucoup d’efforts, pour les générations postérieures.
 
Miracle démocratique / miracle monarchique :
Il s’agit du rapport à la providence.
Ton discours raconte une extrême inquiétude quant à un mal, celui d’être asservi par un méchant. C’est un manque d’espérance en la providence divine.
Pour te soulager de cette inquiétude maladive, tu tends à vouloir inventer des systèmes technocratiques très sophistiqués, pour te prémunir de ce mal.
Ta recherche d’institutions consiste à remédier à un mal-être intérieur, plutôt qu’à remédier à des problèmes politiques concrets.
 
Tu vois bien que Rousseau a aussi besoin de la providence (comme Smith d’ailleurs) pour nous assurer que son système fonctionne. Mais il n’en a pas vraiment conscience, car il pose qu’elle agit d’une certaine manière comme un postulat vrai pour l’éternité.
 
En fait, il se sert de la providence, mais l’insère dans un système tordu et compliqué, parce qu’il veut la forcer à être comme il veut, certainement par une inquiétude comme la tienne au sujet de ses théories (il se rassure comme il peut).
 
Tu ne prônes rien d’autre par tes institutions que de forcer la providence.
Mais ce faisant, en complexifiant à outrance les institutions, tu rajoutes un nombre incroyable de mains pour faire la même chose, et c’est cela qui permet les tripatouillages, l’ingénierie sociale du consentement.
 
Ton système idéologique de la surveillance de tous par tous est absurde, tu ne fais que réinventer le KGB, sans te demander si les surveillants ne peuvent pas être non plus pervertis. Tu tombes dans un truc du genre, puisque j’ai peur du tyran, alors faisons en sorte que chacun soit un petit tyran... Tu n’échappe pas à la tyrannie ainsi, tu l’appelles de tes voeux...
 
Tant qu’à s’en remettre à la providence, je préfère que ce soit dans un régime qui la connaît, et donc qui a la sagesse de se fonder sur des institutions simples et efficaces.
 
La sophistication n’amène pas à plus de vertu, mais à plus de sophismes, ce qui n’est pas bon.

Bref : Machiavel/Rousseau s’amusent à inquiéter leurs lecteurs, puis proposent leur solution (providentielle) pour soulager l’inquiétude qu’ils ont fait naître. C’est très classique comme rhétorique : c’est la méthode du pompier pyromane. On fait naître le feu de l’angoisse en toi, puis on te présente la perspective d’une douche providentielle pour éteindre l’incendie.
 
Pour la signification du passage Rousseau.

Machiavel évoque des "divisions qui ou bien nuisent à l’ensemble ou bien lui profitent".
 
Rousseau évoquent des "sociétés partielles qu’ils faudrait ou bien abolir, ou bien diviser au maximum"
 
Tu veux assimiler les sociétés partielles de Rousseau aux divisions toujours nuisibles de Machiavel
 
J’assimile les sociétés partielles de Rousseau aux divisions de Machiavel, dans leur généralité, autant celles qui sont profitables que celles qui sont nuisibles.
 
Je pense qu’il faut l’entendre comme cela car Rousseau définit auparavant la famille comme "première société".
 
C’est là que l’anxiété maladive de Rousseau apparaît clairement. Rien qu’à l’idée qu’une société partielle puisse être nuisible, potentiellement, voilà déjà qu’il panique et commence à préméditer d’abolir ou d’atomiser celles-ci... Mais il peut être bon d’avoir des corps intermédiaires puissants dans le pays. Seulement si l’on constate que, factuellement, certaines deviennent nuisibles, alors il faut les abolir puis les reformer autrement.
 
Préméditer par crainte d’une possibilité, c’est de la fausse politique, sans vertu.
La vraie politique, c’est agir par constat d’une réalité, dans l’instant.avec force et justice.
 
Moralement, Rousseau est une merde, un vrai trouillard.
Il suffit de lire ses confessions pour voir son coté nunuche et profondément niais.
Ce fut l’idiot utile parfait pour la coterie des encyclopédistes.


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