Pour Rousseau : peu m’importe qu’il puisse être qualifié de ceci ou de cela, moi je comprends sociétés partielles comme les divisions de Machaviel, qu’elles soient profitables ou nuisibles, puisque Rousseau définit en amont la famille comme la première des sociétés partielles.
Je ne suis pas le seul à comprendre ainsi et je pense qu’il faut comprendre ainsi. Mais il est vrai que Rousseau ne définit pas trop le terme, donc c’est ambigu.
Pour la vertu : je t’ai rappelé que, pour Platon, la vertu était la rencontre de l’homme et de la providence. Or j’avais été plus loin, liant cette providence à la chance gauloise (ce qui tombe bien), puis à la grâce divine, dans le cadre chrétien. Pour recueillir la grâce, cela nécessite une certaine spiritualité, connaître Dieu, le prier, pour garder l’esprit en bon ordre (Dieu corrige notre esprit pendant la prière). Ainsi, la grâce divine maintient en nous l’esprit clair, ce qui nous met dans une dynamique vertueuse (elle nous évite de funestes cercles vicieux).
Pour le non-tyran :
Non, ce genre d’homme n’est pas rare. Tout le monde n’a pas un caractère tyrannique. Puisque tu as si peur des tyrans, tu pourrais essayer de comprendre ce qui relève du caractère tyrannique, pour être en mesure de les détecter (Celui qui fonctionne selon la jouissance dans la chair et non selon la grâce dans l’esprit ?).
Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais l’attrait de jouir.
(DSK, par exemple, c’est un tyran).
Pour l’institution :
L’institution politique a pour rôle de résoudre les problèmes politiques, pas les problèmes spirituels. Une cité avec une spiritualité (mentalité) pourrie, quelles que soient ses institutions, partira en quenouille.
L’institution politique doit être mise sur pied pour sa fin propre, qui est de résoudre efficacement les problèmes politiques. On ne lui demande rien d’autre.
Or tu proposes une institution qui a l’ambition de résoudre non seulement les problèmes politique, mais encore ses propres défaillances, par la surveillance de tous par tous.
Tu veux donc faire d’une pierre deux coups : une institution qui résoudrait à la fois les problème politique de la société et à la fois les problèmes spirituels des acteurs de l’institution. Mais ce faisant tu introduis une spiritualité malsaine dans l’institution. Par conséquent, non seulement tu rends l’institution inefficace à remplir sa fonction première (politique), mais en plus, tu ne parviens même pas à lui faire remplir sa fonction seconde (spirituelle).
D’autre part, en pratique, je te signale que le surveillant, pour agir, il a besoin de commander à une force pour rétablir la justice. Comme disait Mitterrand "Au conseil constitutionnel, ce n’est pas qu’ils soient soumis, c’est qu’ils sont obéissants". Tout repose donc in fine sur celui qui commande aux forces de l’état... Il faut bien que le juste soit couplé à la force...
Par conséquent, le système monarchique suit cette logique : c’est le monarque qui fait surveiller les divers acteurs de son institution pour vérifier qu’ils n’abusent pas de leur position ; il en commande l’exclusion en cas de manquement.
Les hommes assemblés en foule sont plus faciles à duper.
Je crois que tu devrais aller faire un tour dans les partis politiques pour voir comme cela se passe : les gens y font les beaux. Tu devrais aussi réfléchir aux concepts d’imitation, de bouc émissaire, de mode, de mondanité,...etc.
Je crois en fait que tu as une haine farouche de l’Homme.
Mais c’est que tu ne sais pas distinguer les caractères tyranniques des caractères non-tyranniques. D’où ta crainte de tous les hommes, sans distinction : il te manque les critères de jugement pour t’orienter parmi eux.