Mon avis est que tu te laisse abuser par la perspective d’une possibilité.
L’Homme peut être bon, comme l’Homme peut être mauvais.
L’Homme peut être juste, comme l’Homme peut être injuste.
L’Homme peut être beau, comme l’Homme peut être laid.
Cela, c’est en potentiel, pour le genre humain tout entier.
Or, il faudra regarder en particulier pour chaque homme pour voir ce qu’il en est.
(C’est la distinction entre acte et puissance).
Il est sensé de chercher à baser l’organisation politique sur comment est l’Homme.
Mais ne prendre en compte que ses potentialités mauvaises, tout en ignorant sciemment ses potentialités bonnes est incorrect.
Plus encore, pour que la modélisation soit correcte et juste, car je ne veux pas considérer le bon comme le mauvais, ce qui serait injuste, il me faut la capacité de déterminer comment chaque homme réalise son potentiel en acte. Or, nous connaissons cela : c’est par un cercle vicieux que se réalise la dérive tyrannique, mais c’est par un cercle vertueux qu’on y échappe.
La théorie des vices a parfaitement décrypté cela, et elle est ce qu’il y a de plus élevé en matière de spiritualité humaine, elle est beaucoup plus efficace que la psychanalyse ou la psychiatrie.
Donc, moi ça m’intéresse beaucoup de connaître les dérives tyranniques dans l’histoire, car cela me permet de comprendre par quel biais elles se produisent et donc savoir comment y remédier. Il s’agit de mettre chacun dans un cercle vertueux. Les lois actuelles d’ailleurs ne méconnaissent pas totalement ceci avec la notion de conflit d’intérêt.
Ton remède est faux, comme je te le disais, car il repose sur une conception de l’homme injuste et dégradée, où tu traites à égalité les bons comme les mauvais, sans distinction. Tu modélise un système politique en lutte contre le démon tyrannique en l’homme - ceci, par crainte -, mais d’une manière très désordonnée.
Qui donc disait "toute ville ou toute maison divisée contre elle-même ne subsistera pas".
Ton modèle produit en la société une spiritualité antichrist, car elle se fonde sur la crainte du mauvais pour tenter d’améliorer la société par le recours à la défiance systématique, ce qui est contraire au Bien Commun. La spiritualité chrétienne, c’est de se fonder sur l’esprit-saint, c’est-à-dire l’amour de l’harmonie, du Beau, du Bien, du Vrai, faire pencher chacun à verser dans cette direction.
12.31) C’est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné
aux hommes ; mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné
aux hommes.
12.32) Et si quelqu’un dit une parole contre le fils de l’homme, il lui sera
pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit-Saint, il ne lui sera
point pardonné ni dans ce siècle, ni dans celui qui est à venir.
12.33) Ou faites l’arbre bon et son fruit bon ; ou faites l’arbre mauvais et son fruit mauvais, car au fruit on connaît l’arbre.
Mauvais esprit = arbre mauvais = fruit mauvais.
Bon esprit = arbre bon = fruit bon.
Par mauvais esprit, tu prônes de faire un arbre mauvais pour en tirer de bons fruits.
Hélas, cela ne marche pas comme cela.
Au contraire, il s’agit de promouvoir un bon esprit dans la société.
Sinon, il ne me pose pas de problème d’analyser l’histoire de la monarchie française et de considérer les erreurs qui sont à l’origine de son délitement, car c’est très riche d’enseignements.