J’avais donc vu juste : vous êtes bien franc-maçon.
Ca me semblait logique, étant donné votre manière d’aborder les problèmes.
Pour moi, le travail sur soi, ça crée des noeuds dans la tête.
Dieu m’est externe, et j’aime réfléchir sur un objet, hors de moi, pas en moi-même.
En effet, agir sur moi-même m’écarterait de la simplicité.
Aucune substance simple ne peut opérer une force sur elle-même, sans se diviser, d’où un penchant schyzoïde (personnalité multiple) et les problèmes de syntaxe qui en découlent (double langage, l’un de l’être profond, l’autre de l’être acquis, lapsus).
Pour porter un jugement sur la franc-maçonnerie, il suffit de considérer son rite...
Donc il n’est pas nécessaire de faire partie de la franc-maçonnerie pour la juger.
D’ailleurs les francs-maçons se gênent-ils pour juger l’Eglise, bien qu’ils n’en fasse pas partie ?
En tout cas, pour clore cet aparté, je souhaite vous remercier pour votre transparence.
Pour revenir à notre sujet :
En science, pour une personne raisonnable, toute hypothèse est faite en vue d’être vérifiée.
Je dis, pour une personne raisonnable, car une hypothèse que l’on sait invérifiable, est inutile, par définition, d’un point de vue scientifique, puisque, dans ce cas elle ne sert pas à établir des vérités factuelles ni à réaliser des découvertes concrètes.
Une hypothèse que l’on sait invérifiable n’a d’utilité qu’à orienter les esprits disposés à y croire, et ce genre d’hypothèse a donc une utilité politique, mais pas scientifique, qui vise à orienter la spiritualité du public.
Quelqu’un qui fait de la science se doit donc toujours de s’interroger : mon hypothèse est-elle vérifiable ? Si oui, comment la vérifier ? Le moyen de cette vérification, la stratégie usée à cette fin, sera un dispositif expérimental.
D’ailleurs, les sciences humaines ou biologiques, n’opèrent pas autrement, et elles sont donc réellement des sciences. Cependant, dès que l’on s’écarte de la compréhension d’un être inerte, mais que l’on se penche sur un être vivant, il apparaît l’existence d’une activité interne à l’être évalué, qui réagit à la sollicitation que l’expérience lui fait subir.
Cependant qu’un être inerte réagit passivement, un être vivant réagit activement.
Par conséquent, toute science qui concerne la vie, se fait modulo l’état intérieur de l’être, généralement ou non connu ou imparfaitement connu, d’où l’aspect statistique qui en ressort. C’est encore plus visible dans les sciences de l’homme, puisque l’homme réagit selon son intelligence. Or l’état de cet intelligence n’est pas accessible.
Ainsi je démontre l’intelligence de l’homme : si l’homme n’avait pas d’intelligence, alors chaque expérimentation sur des groupes humains donnerait exactement le même résultat. Or, les résultats ne sont que statistiques. Donc l’homme a une intelligence. N’importe quelle expérience sur l’homme montrera cette aspect statistique. C’est vrai à 100% !
Aujourd’hui, ce sont les athées qui abusent de la crédulité d’autrui, car ils affirment "il n’y a pas de Dieu", ceci pourtant faute de preuves, tout en laissant croire que cette affirmation serait scientifique.
En revanche, une religion ne cache pas qu’elle est une religion et elle demande de croire, pour le christianisme "d’avoir et la foi et la raison". Donc le christianisme fait bel et bien la part de ce qui est de l’ordre de la foi et de ce qui est de l’ordre du raisonnement. En cela, il ne ment pas à ceux qui y souscrivent, contrairement à l’athéisme.
Abuser de la crédulité de quelqu’un, c’est chercher à ce qu’il croie en quelque chose, tout en présentant cette chose comme prouvée alors qu’elle ne l’est pas.
Mais présenter une foi à quelqu’un et lui dire "ceci est notre crédo, nous le tenons pour vrai, certes nous ne pouvons pas le prouver immédiatement, mais c’est une question de foi", ceci n’est pas abuser de la crédulité de la personne, puisqu’il sait qu’en y souscrivant, il sera instruit d’une foi, non d’une fausse vérité... Derrière il y a des précautions à l’usage qui en découlent.
Vous reprochez à Alexis Carrel d’être influencé par sa foi... Mais ne faites-vous pas exactement la même chose quand vous écrivez sur internet. Moi, il ne me dérange pas que les gens aient une foi quand ils la clament ouvertement. Je sais à quoi m’en tenir...
D’ailleurs chacun à ses croyances, il n’est pas crédible que certains n’en aient pas.
Prendre conscience de ses croyances est essentiel.
La définition exacte du miracle, c’est celle que vous avez dit : "un phénomène inexplicable scientifiquement". Tout fait de ce genre, je le met dans la catégorie des faits "causés par Dieu", c’est-à-dire emprunts de mystère.
Cette catégorie des faits "mystérieux" est éminemment importante à maintenir, y compris en science. Si certains mystères peuvent être résolus, cela donnera l’impression que Dieu "recule", mais pour que le goût de la recherche perdure, il faut maintenir cette impression de "mystère", c’est cela qui donne envie de le percer.
En effet, comme Dieu est conçu ayant fait un monde avec des lois stables et surtout avec beaucoup d’intelligence, percer le mystère de l’art divin oblige à se placer en une position de très grande humilité, car nous savons alors que nous nous confrontons au plus haut degré de l’intelligence.
Ainsi, vous voyez bien que l’idée de Dieu pousse à réfléchir le monde comme un art prodigieusement ingénieux et l’homme encore plus, et donc permet de penser une science bien au-delà des simples mécanismes sommaires qui nous sont donnés à envisager aujourd’hui (libéralisme ou socialisme en économie ; darwinisme en mythologie du vivant ; génétique en biologie ;..etc)