Bonsoir Ffi,
Je pense aussi que notre échange de
vues touche à sa fin, au risque sinon de se répéter, du moins en ce qui me concerne. Mais non
sans avoir répondu à votre dernier commentaire.
On ne peut comparer que ce qui est
comparable : par exemple, les symboles religieux, qui sont
imposés et univoques, ne sont pas comparables aux symboles
maçonniques, qui sont librement interprétables. Porter un jugement sur ce qui fait la
spécificité de la franc-maçonnerie adogmatique me semble
impossible aux « profanes » du fait du caractère
initiatique, intime, personnel et d’ailleurs incommunicable de
l’Initiation. (La majuscule indique que ce mot n’est pas utilisé
dans son sens « profane »).
Si les athées affirment qu’« il
n’y a pas de dieu », c’est d’abord par réaction au
prosélytisme religieux affirmant qu’il y en a un, malgré l’absence
persistante du moindre indice de son existence réelle. Pour ma part,
mais je l’ai déjà écrit, « Dieu » existe bel et bien,
mais seulement de manière subjective, imaginaire et donc illusoire.
Et encore, à condition d’avoir été mis précocement et sans
alternative dans la tête des croyants ... Cette absence concrète
d’un dieu étant un fait d’observation récurrent que rien ne
contredit, il ne me semble pas devoir être démontré scientifiquement.
D’autant moins qu’il est impossible de démontrer une inexistence, si
ce n’est en mathématiques (mais cela je pense l’avoir aussi déjà
dit).
La réaction athée est due aussi au
fait que les religions, en perte de vitesse depuis l’aspiration
croissante à l’autonomie de la conscience et le rejet de la
soumission religieuse, tentent (mais ne l’ai-je pas déjà dit
aussi ?) de reconfessionnaliser les consciences, de réinvestir
l’espace public, notamment médiatique, et de recléricaliser la
politique, notamment européenne.
Je pense que la foi, étant d’origine
affective, est inconciliable avec la raison ( à ne pas confondre
avec la "rationalisation a posteriori", souvent jésuitique, pour la
rendre intellectuellement acceptable. L’athéisme étant le fruit d’une
réflexion rationnelle, à la lumière du libre-examen et de la
science, il fait l’économie de ce genre de conciliation.
Depuis notamment FREUD pour qui « la
religion est une névrose obsessionnelle collective », depuis
« Psychologie religieuse » du chanoine Antoine VERGOTE
(cf mon blog), etc., je suis persuadé que le pape, les évêques,
les jésuites, etc ... , ne pouvant décemment pas se décrédibiliser et « cracher dans soupe »
puisque c’est leur gagne-pain, sont parfaitement conscients de
l’inexistence de toute divinité, mais ils spéculent sur la survie
de leur religion séculaire, au prétexte qu’elle apporte une
certaine « espérance », (quand ce ne sont pas des doutes),
et ils maintiennent ainsi leur mainmise sur la conscience du plus
grand nombre possible, avec la complicité du pouvoir politique. Il y
a donc à mes yeux abus de la crédulité, et même malhonnêteté
intellectuelle et morale de leur part. Relativement rares sont les
ecclésiastiques, comme le curé MESLIER, du temps de Louis XIV ou
Noël RIXHON, bruxellois de 78 ans, prêtre devenu athée, auteur de
« Dieu n’est pas », de « Conscience athée »,
etc., qui ont osé « virer leur cuti » !
Lorsque j’écris sur Internet, je suis
motivé par ma « foi » en l’Homme, c’est-à-dire ma
« confiance » en son aspiration à s’émanciper, à son
rythme, des certitudes religieuses qu’on lui a imposées. Mais il est exact qu’il n’est pas
évident de s’affranchir totalement de notre irrationalité
ancestrale et de toute forme de croyance : les superstitions
notamment en témoignent. Je pense qu’après plus de 50 ans d’athéisme, j’y suis parvenu. La confiance que je témoigne à un être
humain est aussi fonction de son éducation morale « humanisante »
et de l’absence d’endoctrinement et de fanatisme comparables à ceux
des nazis par exemple.
Il n’y a, à mon sens, aucun
« mystère » : seulement ce qui n’est pas encore
connu, même s’il ne le sera jamais totalement. Croire qu’un dieu
possède le « plus haut degré d’intelligence », par
l’humilité que cela implique, me paraît une projection
anthropomorphique irrationnelle et même une insulte à l’intelligence dont
l’évolution a pourvu le cerveau humain.
Mais ce ne sont là que mes propres
conceptions, dont je ne prétends qu’elles soient plus pertinentes
que d’autres.
Je suis heureux que cet échange de points de vue courtois et instructif en ce qui me concerne, ait pu avoir lieu . Je vous en remercie.
Cordialement,
Michel THYS