Pour résumer, vous êtes bien dans un crédo, car vous n’avancez que des hypothèses.
Le christianisme n’est pas basé sur des symboles, mais sur une narration continue et linéaire.
Cette narration est librement interprétable. Cependant, l’église a reçu mission de la garder, et par conséquent est autorisée à dire : cette interprétation-ci est chrétienne, celle-là ne l’est pas.
Certains, j’imagine en manque de liberté ont besoin d’interpréter librement, mais ce n’est pas mon cas : Je n’ai pas envie d’interpréter librement les évangiles, car la libération ne découle pas de la liberté d’interpréter, mais de la pratique effective du rite et de la compréhension du message, qui me verse à regarder le monde extérieur.
Je ne goûte pas, en effet, les rites ésotériques, car ils me poussent à regarder en mon intérieur. C’est la voie de l’égocentrisme et la subjectivité : en recherchant la lumière à l’intérieur de soi, on n’obtient que l’illusion et l’hallucination, car l’on se coupe du monde réel.
Je préfère les rites exotériques, car ils me poussent à regarder à l’extérieur. C’est la voie de l’allocentrisme et de l’objectivité : en recherchant la lumière à l’extérieur de soi, on obtient la réalité et la lucidité.
Il est vrai que l’imaginaire peut sembler donner la liberté, car on peut tout imaginer, mais cette liberté est fausse, puisqu’elle repose sur l’enfermement en soi.
Donc tout le monde n’a pas nécessairement envie de se "libérer" à votre manière, par la recherche imaginaire et spéculative. D’autres, comme moi, désirent se "brancher" sur le monde réel, pour l’éprouver.
Donc vous vous bricolez votre petit crédo, à votre mesure, sortit du fin fond de votre imaginaire exercé à spéculer librement, et vous prêcher votre bonne parole.
Maintenant, il vous manque juste la démonstration factuelle pour en assurer autrui de la véracité. En l’absence de démonstration, vous devez, pour recruter, devenir le gourou de votre petite secte personnelle. Ce n’est pas tout le monde qui a envie de se lancer dans ce genre d’aventure...
Personnellement, ce n’est pas mon cas. Je préfère régler mes opinions sur une tradition bimillénaire, pour m’instruire d’une spiritualité efficace, plutôt que d’essayer d’en inventer une, afin d’avoir l’esprit clair pour faire face aux problèmes qui se posent à moi dans ma vie.
Je considère, par exemple, que la théorie des péchés capitaux, est une merveille de la spiritualité humaine, qui synthétise les conceptions de l’antiquité grecque à nos jours : la notion d’habitus, de cercle vicieux,...etc, tout autant de concepts pertinents que ma petite imagination esseulée n’aurait jamais pu inventer....
Elle est largement plus efficace que le Freudisme, que je trouve faux. Et elle est même plus efficace que la psychiatrie (du moins hors épisode aigus, pour la prévention).
Ma foi, le pape et les évêques sont là pour garantir la pérennité de la foi chrétienne.
C’est en effet leur mission.
Mais je ne vois aucune mainmise sur ma conscience : ce que donne à comprendre "la théorie des péchés capitaux" est pour moi une véritable libération, car elle me permet de progresser vers la simplicité, quand les lubies maçonnique du "travail sur soi" me portaient à de nombreux complexes qui engendraient certains maux (anorexie,...etc).
Disons que j’en ai eu marre de me regarder le nombril, et que je préfère regarder la mort en face.
Vous dites que Dieu n’existe que dans l’imaginaire. C’est certainement souvent le cas (et j’espère que vous pensez à lui de temps en temps). Mais vous ne pouvez pas exclure qu’il n’en fut pas toujours ainsi, auquel cas les témoignages de ses manifestations sont vrais. Or je ne vois pas de raison de douter des témoignages.
A vrai dire, cela s’apparente à un pari. C’est une question de foi.
Vous dîtes : Il n’y a, à mon sens, aucun
« mystère » : seulement ce qui n’est pas encore
connu, même s’il ne le sera jamais totalement.
Par définition, le mystère est inconnu : vous jouez sur les mots.
Vous dîtes : Croire qu’un dieu
possède le « plus haut degré d’intelligence », par
l’humilité que cela implique, me paraît une projection
anthropomorphique irrationnelle et même une insulte à l’intelligence dont
l’évolution a pourvu le cerveau humain.
Il me semble que vous prenez totalement de travers ce que j’ai écrit.
J’ai écrit que supposer l’auteur du monde tel un artiste sublimement ingénieux, produit l’effet de me mettre dans une certaine disposition d’esprit : c’est une question de spiritualité.
Je ne vois pas du tout le rapport avec ce que vous écrivez : "Croire qu’un dieu
possède le « plus haut degré d’intelligence », par
l’humilité que cela implique,"...
Je n’ai jamais affirmé que l’humilité était le moyen de la croyance en Dieu, j’ai dis que supposer Dieu d’une certaine manière était le moyen de l’humilité, nuance !
Vous inversez juste la cause et l’effet...
J’adore surtout votre fin... Vous terminez sur "Mais ce ne sont là que mes propres
conceptions, dont je ne prétends qu’elles soient plus pertinentes
que d’autres.", alors que toute votre expression montre exactement le contraire...
Personnellement, je pense que mes conceptions sont plus pertinentes que les vôtres.