@ ceux qui vivent à Soweto
La cohérence entre Rabhi et San Giorgio, c’est que tous les deux parlent d’autonomie. Sauf que dans un cas tu as une cave bien remplie, un fusil d’assaut et tu te méfies de tout le monde tandis que dans l’autre tu vis au sein d’une communauté auto suffisante solidaire et amicale. Et des deux n’est pas le plus crédible celui que l’on croit, les projets de Rabhi et consorts sont plus avancés concrètement que ceux de San Giorgio qui n’a toujours pas réalisé sa BAD perso alors qu’il ne manque pas d’argent. Comme quoi au passage, on est moins efficace tout seul.
.
J’ai l’impression qu’on ne vit pas le même monde. A en lire certains j’ai l’impression qu’ils se font mettre un flingue sous la tempe tous les 3 jours et qu’ils zigzaguent entre les balles perdues quand ils sortent de chez eux !
Le Mexique c’est vraiment le dawa et l’idée c’est d’essayer de faire en sorte que ça ne soit pas pareil ici. On en est encore très loin et à moins d’être vraiment collectivement débiles on doit pouvoir y arriver. L’exemple de Cheran est instructif mais nous sommes à des années lumières de cette situation. Quelque part, ce que ces villageois ont fait et qui est tout à leur honneur, nous n’avons pas à le faire grâce au travail de nos pères et des pères de nos pères qui ont fait de la France un État de droit malgré ses immenses imperfections.
.
On est d’accord sur l’idée que le système actuel ne mène nulle part et on est conscient que ça doit bouger, que ça va bouger, dans les années à venir. Ok, qu’est-ce qu’on veut ? Dans la phrase que je citais il y a deux parties : il ne faut pas se laisser aveugler par son idéal et il ne faut pas non plus le perdre de vue.
Première étape donc essayer de voir et de comprendre la réalité. Pour faire vite la réalité c’est qu’il y a toute une série de problèmes économiques, écologiques, géopolitiques, culturels, spirituels, savamment corrélés auxquels le monde occidental ne peut trouver de solution qu’à travers un changement de paradigme. A l’intérieur de ce tableau il y a, y compris en France bien sûr, les hommes avec leur part de vice et de violence.
En revanche, dans notre pays, la guerre civile ethnique, confessionnelle ou même la guerre civile tout court, ça n’est pas la réalité. Les fantasmes et les peurs peuvent voiler la réalité tout autant que la quête utopiste ! Le chaos social et les pillards sans foi ni loi n’existent jusqu’à preuve du contraire que dans des récits prophétiques ou bien gardés à l’intérieur de cerveaux psychotiques.
.
Deuxième étape, ne pas perdre son idéal. Parce que c’est lui qui doit nous indiquer la direction. Sinon nous sommes condamnés à errer. Hugo a écrit "l’utopie d’aujourd’hui c’est la réalité de demain". Je crois que c’est vrai. Les hommes occidentaux ont rêvé de se noyer dans le confort et de crouler sous les biens matériels dans des métropoles verticales parcourues de véhicules motorisés, c’est chose faite ou presque, maintenant où souhaitons nous aller ?
Bien sûr un individu seul n’a qu’une influence infinitésimale sur la direction générale qui sera prise mais quand il a le choix, l’exercice de ce libre arbitre c’est sa grandeur et sa responsabilité. Opter pour les armes c’est se préparer à l’homicide, choisir la non violence c’est une autre option, les deux sont antagonistes. Les actions qui découlent de ces choix transforment le monde à notre échelle et nous pouvons difficilement faire plus. Par la suite si contagion il y a, elle passera plus par l’exemple que par l’argumentation, qu’il s’agisse de se préparer à la guerre sociale ou de s’investir dans des projets solidaires.