@Morphéus
1°) La propriété privée dont vous vous réclamez, elle a été décrétée par une loi.
Il suffit de regarder le comportement des enfants vis-à-vis des choses pour savoir que la propriété n’est pas décrétée par une loi : la volonté de posséder est vraiment instinctive.
Si la loi politique peut réguler les instincts, elle ne peut pas les abolir.
Même la pire des dictatures n’y parviendrait pas.
En effet, l’Être veut avoir, ne serait-ce que pour survivre.
C’est bien le trait de génie de la société de consommation que de promettre aux Êtres d’avoir.
2°) Une structure en réseau n’a pas de pouvoir central. [...] Chaque ville possède sa propre "gouvernance", sans
qu’il y ait besoin d’un gouvernement central.
Vous vous réclamez de l’horizontalité d’une gouvernance, face à la verticalité d’un gouvernement. Cependant, vos propositions reposent sur la verticalité du gouvernement.
En effet, vous dîtes :
- en décrétant la communauté des ressources...
- en évaluant l’ensemble des ressources...
- en évaluant les besoins de tous les habitants...
- en développant des villes sur une conception rationnelle...
Posez-vous la question de Qui a le pouvoir de faire ces décrets, ces évaluations, ces développements. Et bien, ce Qui, c’est le chef qui tient le gouvernail, donc le chef du gouvernement...
Si vous vous réclamez de l’horizontalité de la gouvernance, vous ne pouvez ni décréter, ni évaluer, ni développer : c’est le libéralisme à l’état pur (gouvernance Européenne, gouvernance mondiale). En vérité, c’est juste l’abolition des gouvernements nationaux. Derrière, ce seront les riches qui décideront de tout, vu qu’ils resteront les derniers détenteur de la puissance d’action. C’est une sorte de restauration de la féodalité.
Abolir le gouvernement, c’est abolir la puissance politique ; le remplacer par une gouvernance, c’est y substituer les puissances personnelles, liées à l’argent, au capital. Le processus est d’ailleurs déjà largement entamé.
Le projet vénus n’a donc rien de novateur.
Plus, il est intrinsèquement contradictoire.
En effet, il promeut des mesures que seul peut prendre un gouvernement.
Or, il promeut la gouvernance.
Donc il est illusoire.